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J'déconne ! - Page 3

  • L'Irlande au fond d'un verre

    Hier soir, j’ai ri de bon cœur à ma table du restaurant de l’hôtel Van der Valk. Je fus bien aise de n’avoir pas de voisins me dévisageant d’un air interrogateur. Pourtant, lorsqu’on rit, le nez plongé dans un livre, la nature de cette soudaine bonne humeur ne fait pas de doute, à moins d’être munie par ailleurs de boules de geisha ou autre joujou ré-jouissant, me direz-vous.

    Ce soir, dans un Thalys bondé, j’ai failli être gênée de pouffer à nouveau en continuant la lecture des mésaventures d’un Anglais en Irlande qui fantasme le complot de quelque membre de l’IRA qui lui aurait fourré « un oiseau dans le fion » (je cite).Dit comme ça, ce n’est pas drôle, mais moi j’ai d’abord gloussé, puis lâché un éclat de rire qui m’a surprise autant que mes voisins.

    N’osant lever les yeux, j’ai perçu dans mon champ de vision le mouvement de tête vers la droite d’un des hommes qui, me faisant face, tentait de déchiffrer le titre de l’ouvrage à l’origine de mon hilarité. Me sentant observée, les tentatives de me calmer provoquèrent l’effet inverse, et en quelques instants, je plongeais dans une crise de fou-rire quasi-hystérique. Tandis que j’écrasais mes larmes le plus discrètement possible et tentais de reprendre mon souffle, entre deux hoquets, j’ai regardé mon voisin d’en face, casque vissé sur les oreilles, qui me fixait, visage impassible, comme si j’étais folle.

    « Comment font-ils pour afficher une telle absence d'émotions ? » me suis-je alors demandé. Dans ce monde de plus en plus sinistre où tirer la gueule devient la norme, les gens joyeux passent pour de doux illuminés. Au moins un domaine dans lequel je suis une lumière.

    Pour ma part, je suis tellement perméable à ce qu’il se passe autour de moi que les larmes d’autrui en amènent vite à mes yeux et que de la même façon, je ne peux m’empêcher longtemps de partager une hilarité contagieuse.

    Dans le wagon cahotant, à l'approche de ma jungle urbaine, j’ai regretté un instant le sourire enjôleur de la petite fille brune de la gare de Verviers.   

  • Changé d'avis

    Mais rien ne prouve, sur cette effrayante vidéo, que c'était moi au volant !

  • La Sky Road de nuit avec "Changing your demeanour" en stéréo

    Retour du Kings restaurant, à Clifden.

    "Tu prends la haute ou la basse?" demande Boug'. Elle parle de la Sky Road. "La haute, c'est plus sûr, y'a une haie".

    Sur la Sky Road, c'est nuit noire. Mes pleins phares éclairent la route bordée de murets de pierres et de haies d'épineux. A gauche, le gouffre maritime.

    "Quand tu ne vois plus la haie, tu cries", je dis. Boug' se marre, pousse des petits cris apeurés quand on se prend une butte ou qu'elle voit la haie de trop près.

    Je change de chanson et met la n°5, "Changing your demeanour", une de mes préférées. "Ah ben, en plus, elle met la chanson où elle tape dans ses mains" s'écrie Boug', hilare.

    Mais je ne tape pas dans mes mains, quand même. Enfin, juste deux fois, et vite (Boug' vient de contrôler ma note et elle insinue que je mens ! Moiiiiii ???)

    PS : Boug' m'informe qu'elle a filmé le retour. Une vidéo arrivera plus tard mais ne comptez pas sur moi pour en faire la pub (il paraît qu'elle a vu la haie intimement dans ses moindres détails, et même de nuit après un verre de vin blanc, c'est dire).

  • Un arrêt plus long que prévu à Dingle : la faute à Gerald !

    En quittant Brandon's creek, en direction de Dingle, nous embarquons deux jeunes filles auto-stoppeuses, une blonde, l'autre rousse. Je ne comprends pas leurs prénoms. Elles m'indiquent une boutique où acheter un adaptateur mais la porte est close.

    "Il va revenir dans peu de temps, me lance un homme debout devant le pub next door. Tu peux aller te boire une pinte en attendant". "Exactement, répondis-je. Ca tombe bien, c'est l'heure du déjeuner et je déjeune d'un verre de Guinness".

    Il désigne la porte du pub "Ben voilà une excellente idée. Entre ici".

    Nous les suivons à l'intérieur du pub sombre. "Ils sont très bons pour te ramener des clients", dis-je à la jeune propriétaire". Perchés sur des tabourets, au comptoir désert, les présentations sont faites : Gerald est le grand blond qui m'a apostrophée, et Enda (end of the world, end of whatever you want, plaisante-t-il) et Padraig, ses amis. Ils posent les questions habituelles, d'où nous venons, où nous allons.

    Après les poignées de main et les "Nice to meet you" d'usage, Gerald nous offre à boire et s'écrie en me voyant descendre mon verre de Guinness "Jaysus Christ ! That french girl can drink !!" Tout le monde se marre, même Boug' qui près quelques gorgées de cidre, fait des progrès fulgurants en anglais (et parlé avec un ptain d'accent ilrlandais, s'il vous plaît)

    Padraig nous prédit un temps superbe pour quelques jours : "Un de mes amis Américains a passé 10 jours ici, il n'a eu que 2 minutes de pluie, le temps d'aller de la maison au pub !" Gerald me prendpar l'épaule et entonne une cahnson irlandaise. Enda essaie de s'incruster dans notre bagnole (décidément, ça devient une habitude !) et répond à un de ses appels téléphoniques "Je te rappelle, je pars en France". Je sors une méga grosse connerie comme je sais si bien le faire et ils gloussent dans leur mousses.

    Bon, comme j'ai - un tout petit peu - honte, je vous la fais en V.O., ça limitera les dégâts : "We have our irish deserts everyday" "Well, I'll be your desert, Fiso" "Do you come with cream too ?" "Plenty ! Bags of cream !"

    Pas mal, hein ? Je ne sais pas comment je me démerde, j'en loupe pas une !

    Je refuse le deuxième verre de Guinness et après une photo souvenir, nous prenons la route en direction du Connor's pass (le col de Connor).

  • Chandeleur part II

    Ma collègue C. a assuré. Elle s’est fait des copains madrilènes sur un site de couchsurfing, avec lesquels elle s’est mis une petite murge en fin de semaine. « Ca te dit une Chandeleur dimanche soir ? » m’avait-elle demandé à mon arrivée le vendredi.

    Dimanche donc, après une courte sieste réparatrice, elle m’a accueillie en tenue légère (et charmante) dans sa chambre pour une séance rapide de manucure. Puis direction l’appartement de Augustin (avec un accent sur le premier U), un très jovial espagnol originaire des îles Canaries. C. connaît la recette de la pâte à crêpes par cœur, ce dont je suis bien incapable et nous nous mettons aux fourneaux, avec quelques gorgées de bière. Peu après arrive X, une Lituanienne. G., hébergé par Augustin., parle très bien français, il est sorti avec une bretonne. « Les bretonnes sont des cochonnes » chante C. Ah bon ? Je ne savais pas.

    Nos hôtes sont épatés par notre dextérité à faire sauter les crêpes. En duo, s'il vous plaît ! Hé, vous avez vu à quelle hauteur j'envoie ma crêpe ? Et une main dans la poche, s'il vous plaît, genre je fais ça tout les jours ...

    Madrid

    Voilà que notre Chandeleur se transforme en tapas de crêpes, puisque le maître des lieux extirpe une roulette à pizza d’un tiroir et entreprend de détailler chaque crêpe en lanières équitables. Ca, c’est une super bonne idée que je transposerai désormais. G. tente à plusieurs reprises de me piquer mon verre de bière, qui est pourtant moins plein que le sien, mais je le grille. « Tu es très forte », dit-il. J’ai bien envie de lui laisser croire que je suis super alerte mais je finis par lui avouer qu’en fait, je m’y retrouve parce que mon verre est rayé et le sien non. Augustin s’essaie à faire sauter les crêpes à son tour mais C. lui a fait une blague, involontairement : elle a fait caraméliser les crêpes directement dans la poêle, du coup les crêpes se collent et ne bougent pas d’un iota. Le vote désigne les crêpes au sucre et citron loin devant celles au caramel au beurre salé.

    Vers 23h30, dans le living room, X. s’enquiert de la possibilité de remplacer le lait par de la crème fraîche. Il semble prêt à ouvrir une crêperie des îles Canaries tandis que G. rêve de crêpes Suzette flambées au Grand-Marnier. Nous sautons dans un taxi pour quelques heures de sommeil avant de repartir, elle vers Barcelone et moi vers Saragosse.