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2yeux2oreilles - Page 186

  • Des bidonvilles aux portes de Paris

    Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de lutte contre la misère. Encore une occasion pour notre président de faire un beau discours, les yeux humides, alors que la pauvreté touche de plus en plus de français. Je n’ai pas écrit "précarité", c’est volontaire, j’en ai ma claque des termes édulcorés.

    La chaîne W9 nous montrait avant-hier, dans l’émission "Enquête d'action", la vie cachée du périphérique. Cela fait plusieurs années maintenant que les franciliens ont vu apparaître, tout le long du périphérique, des tentes et abris sommaires. La première fois que j’ai vue une de ces tentes, plantée à 1 mètre des bagnoles sur un terrain en pente au bas de la bretelle d’accès de la porte d’Orléans, j’ai cru à un cas isolé. Comment peut-on vivre et dormir là, dans le béton, le bruit et la pollution générés par le passage de plus d’1 million de véhicules / jour ?

    La multiplication de ces campements sommaires a eu raison de  mon incrédulité. Plutôt que de s’attaquer aux sources du problème, une chasse aux clochards s’est mise en place. Peu importe qu’ils se multiplient, on ne veut pas les voir, c’est tout. Font chier, les pauvres ! Ah non, Fiso, maintenant on ne dit plus « pauvre » mais « personne à revenus modestes », c’est moins violent …  

    Chassés par la police qui organisent de grandes opérations de nettoyage des rues de Paris (les campements sauvages en bord de Seine en plein Paris-Plage, ça fait désordre sur les photos des touristes). Chassés des bancs publics chers à Brassens qui ont été remplacés par des assises métalliques sur lesquelles il est impossible de s’allonger (ni d’ailleurs, pour les amoureux, de se bécoter serrés l’un contre l’autre). 

    Plus encore que de voir la misère, je suis dégoûtée de m’y habituer. Ecoeurée et honteuse, je suis, de passer à côté d'hommes qui dorment à même le trottoir, comme des chiens.

    «Les associations tentent de les convaincre d'accepter les solutions d'hébergements proposées ou de se déplacer dans des endroits où les riverains sont moins gênés», tempère Mylène Stambouli, adjointe en charge de l'exclusion à l'Hôtel de Ville.

    Certains se sont déplacés « dans des endroits où les riverains seront moins gênés ». Ils ont choisi de vivre au milieu des rats et des bagnoles plutôt que de côtoyer notre humanité déshumanisée et affronter nos regards gênés, voire dégoûtés.

    Au milieu du bruit et de la crasse, les clochards ne gênent plus personne. Ils peuvent faire tout le bruit qu’ils veulent, celui-ci est couvert par les coups de klaxons des automobilistes excédés. Leurs odeurs corporelles se mélangent harmonieusement à la pollution automobile. Déjà muets, bientôt sourds avec 80 décibels dans les oreilles en permanence, lentement asphyxiés au dioxyde de carbone, leur espérance de vie déjà courte (43 ans) s’amenuise encore plus.

    La mairie de Paris estime que 600 à 800 personnes vivent au bord du périphérique. Plus d'un million de véhicules y transitent chaque jour. En regardant ce reportage, horrifiée, je reconnais la tente de la porte d’Orléans. Ses habitants sont interrogés, ils s’appellent Gilles et Marie et s’aiment depuis 5 ans. Marie traverse régulièrement le périphérique pour déposer des fleurs sur la tombe de Coluche, enterré à Montrouge. « Il nous manque » dit-elle, émue.

    En deuxième partie, un reportage sur «Le village de l'espoir », implanté à Ivry sur Seine. Un vieux rêve de Jacques Deroo, fondateur de l’association «Salauds de pauvres» qui a connu la rue et la prison. 30 mobil home, une transition entre la rue et le vrai logement. Tout s'est débloqué durant l"hiver 2006-2007, suite à l'opération Don Quichotte. Pour sortit de la crise du canal Saint-Martin et se débarrasser de cette nouvelle cour des miracles en plein Paris, l’Etat met à disposition un terrain à Ivry sur Seine, destiné à accueillir 30 mobil home. Un projet porté depuis 18 ans par Jacques Deroo. Face à l’inertie des pouvoirs publics, les citoyens s’organisent. La relève de Coluche est assurée.

    Sacré bonhomme que ce Jacques Deroo : "Quand il y a eu les inondations de la Somme, on a relogé les sinistrés. Moi je travaille avec des sinistrés de la vie." Pas facile pour lui de se battre pour des êtres qui ont perdu toute dignité : "Ils sont encore SDF dans leur tête. Ils arrivent pas encore à se regarder." Il invite 300 personnes à un déjeuner, 50 habitants d'Ivry ont fait le déplacement. Jacques peut être fier de son bilan. En un mois et demi, 12 locataires ont retrouvé du travail.

    Gilles, l’homme qui vivait dans la tente de la porte d’Orléans, est sur le plateau de W9 avec Jacques Deroo. C’est un homme transformé qui expose son projet d'ouvrir une épicerie. Dans le Village de l’Espoir mené par la poigne de fer du tendre Jacques Deroo, la cohabitation avec les riverains s'est améliorée et l'alcool est un peu moins présent. Rappelons que lors de sa campagne électorale, M. Sarkozy promettait zéro SDF en 2007. Sur son site, Jacques Deroo lance un appel à volontaires pour que, faute de changement, le 15 décembre, « 1000 véhicules se rendent sur Paris, à raison d’un SDF dans chacun d’eux.»

     

  • Poésie du ch'Nord

    Un mec à la tronche amochée, rencontre un copain à lui.

    -   Qu’o qui t’arrive à tyzote, te n’a eune gueule toute abimée !

    -   Ch’est m’femme qui m’avot mis eun coup d’gigot congelé dans m’geule …

    Ch’étot hier, m’femme elle étot lô en minijupe, et elle s’pinche dans l’congélateur pour prinde quequecosse.

    Alors myzote ch’sais pô c’qui m’ô pris, j’onno pô pu résister et vla ti pô que j’lô prise par derrière … Elle gueulot, elle gueulot comme une vaque, alors myzote j’continuô toudis eud plus belle.

    Et pis elle attrape eun gigot congelé et vlà ti pô que cteu folle dingue là, elle m’colle un coup sur m’gueule avec.

    -   Bah brun alors, elle aime pô l’sexe t’femme ?

    -    Si mais pô à Auchan …

    PS : On attend la version bretonne de Nicolas chez Leclerc …

  • Auto-défense des éléphants

    Saviez-vous que les éléphants sont en train de muter génétiquement pour se débarrasser de la principale cause de leur massacre par l’homme ?

    Comme Lhuna, j’ai depuis toujours une fascination et une tendresse pour les pachydermes. Enfant, j’avais été très émue par un livre qui évoquait le comportement des éléphants face à la mort (il faudra que je le retrouve dans les cartons que Mère Mi conserve religieusement). En attendant, je vous invite à en savoir plus sur cette découverte singulière et somme toute inquiétante, en lisant le passionnant billet de Lhuna.

     

  • Vin chaud aux épices

    En réponse à Eric, qui me demandait ce qu’il devait boire pour équilibrer son hyper yin, je me suis souvenue de ce breuvage revigorant que j’ai découvert en Irlande. Là-bas, on boit le « mulled wine » au moment de Noël. Je l’achetais tout prêt, en bouteilles chez Marks & Spencer. J’ai amélioré cette recette en m’inspirant d’autres trouvées sur le web anglophone. Pour éviter de boire du vin infusé aux pesticides, je vous conseille des pommes et oranges bio.

     

    Ca devrait te donner un sérieux coup de fouet, Eric !

     

    Préparation : 20 mn

    1 litre de vin rouge - 150g de sucre en poudre - 3 figues sèches - 6 amandes douces - 1 pomme - 1 orange - 10cl de rhum ou de cognac - 1 bâton de cannelle - 3 clous de girofle.

    Lavez les fruits. Coupez l'orange et la pomme en quartiers, sans les peler. Partagez les figues en deux. Mettez le sucre, les fruits, les amandes, la cannelle et les clous de girofle dans une casserole. Couvrez avec le vin et laissez mariner quelques heures (une nuit entière si possible). Faites réduire une dizaine de minutes sur feu vif (sans le faire bouillir). Retirez du feu; couvrez la casserole et laissez infuser 5 minutes. Ajoutez le rhum ou le cognac et servez brûlant dans des tasses, à travers une passoire.

  • Du Qi dans votre assiette !

    "Nous avons l’habitude, en France, de conseils diététiques où on comptabilise protides, lipides et glucides, où on recense vitamines et oligo-éléments bref où on passe notre nourriture au microscope pour des prescriptions parfois un peu tristes...

    La Médecine Traditionnelle Chinoise a une approche tout autre, sans doute complémentaire de la nôtre.

    Et que disent ces principes si différents ? Que les aliments, comme l’homme lui même, doivent être considérés dans leur globalité. Au lieu de « disséquer » leur composants, les médecins chinois les décrivent et les classifient en fonction de l’action qu’ils ont sur le corps.

    Pour chaque aliment, on prend en compte :

    -  sa saveur (doux, piquant, amer,...)

    -  sa couleur (vert, brun, rouge,... chaque couleur étant en rapport avec un organe et une saison)

    -   sa fraicheur (consommer l’aliment le plus tôt possible)

    -   le type de cuisson qu’on lui associe

    -   sa nature, au sens du yin et du yang.

    Cette dernière qualité est la plus nouvelle pour nous. Chacun a entendu parler du Yin et du Yang, les deux polarités opposées mais complémentaires. « Yin » désignait au départ le versant ombragé des montagnes, il désigne la matière par opposition à l’énergie, le froid par opposition au chaud, un mouvement descendant ou centripète, l’intériorité,... Son opposé , le Yang était l’adret des montagnards, le coté ensoleillé, a les qualités de chaleur, d’activité, d’extériorité, de mouvement centrifuge ou ascendant,...

    Les aliments qualifiés d’ "hyper-yang" produisent le plus de chaleur dans le corps... à nouveau indépendamment de leur température. Ce sont le piment, l’alcool, etc. Juste après viennent les aliments « yang », dits aussi « tièdes », réchauffant aussi mais dans une moindre mesure. C’est l’ail, le poireau ou la viande de mouton (à éviter par temps de canicule). Au centre de cette classification figure le « neutre » au sens yin-yang : pomme de terre, carottes, pois. Viennent ensuite les aliments « yin » ou « frais » : banane, concombre, thé, puis ce qui est « hyper-yin » ou froid : melon, pamplemousse, …

    En connaissant la qualité de chaque aliment, on évite de faire des erreurs : lorsqu’on a un refroidissement, éviter les aliments frais et surtout froids : concombre, banane et même le thé. Se rappeler que les habitants des pays chauds consomment facilement du thé, même chaud, par forte chaleur, car cette boisson a la propriété de rafraîchir l’organisme. A l’inverse, en cas de refroidissement, l’équivalent du « grog » chinois consiste à faire bouillir de fines tranches de gingembre (de nature chaude) pendant 10 minutes environ, y ajouter du sucre roux. Boire chaud, c’est encore plus efficace. On se rappellera d’éviter en revanche les produits laitiers en cas de coup de froid : le lait de vache est en effet de nature fraîche…

    La diététique chinoise, enfin et presque surtout, s’adapte à chaque personne. Car à chacun correspond un tempérament, toujours dans la classification Yin/Yang : vous êtes plutôt Yang si vous êtes plutôt extraverti, actif, de caractère affirmé. A l’inverse, le caractère Yin est plus introverti, plus émotif mais aussi plus sensible et intuitif. C’est par excellence celui des artistes. Pour savoir quel est le votre, faites le quizz."

    (Je suis Yin-Yang neutre, décidément, tout est une question d'équilibre chez moi ...)

    "Une personne de tempérament plutôt yang s’échauffera plus facilement, dans tous les sens du terme : tendance à la colère, mais aussi risque d’hypertension, possibles palpitations cardiaques, saignements de nez, …

    En cas de troubles de nature yang, les médecins chinois conseillent de privilégier les aliments de nature fraîche et froide, afin de rééquilibrer l’organisme. A contrario, à une personne de nature yin, on déconseillera les aliments de nature hyper yin, qui concourent à la stagnation de l’énergie (bananes, pamplemousse, myrtilles, mais aussi sel raffiné et même viande de cheval). Attention aux simplifications, tout ce qui est « yang » n’est pas forcément indiqué pour une nature « yin » : l’hyper-yang (ail, piment, gingembre, alcool fort)  est souvent déconseillé pour ces personnes car il risque de fatiguer l’organisme.

    La diététique taoïste est une matière complexe, faisant intervenir les caractéristiques tant des aliments, que la saison, le tempérament des personnes… Malgré ses allures d’alchimie mystérieuse, elle est emprunte d’une grande logique , souvent vérifiée, et on apprend grâce à elle à mieux se connaître et respecter sa propre nature pour goûter à tous les plaisirs de la table… avec modération bien sûr !"