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2yeux2oreilles - Page 188

  • Piscine Roger le Gall

    Lundi, voici la réponse que je reçus de Dyvyne, auquel j’envoyais un sms pour proposer de se retrouver à la piscine après le boulot : « Jo Baker est fermée pendant 1 mois et demi ».

    Oh ben non !!! Pas cool !

    Je partageai ma déception avec O., qui me répondit « Ben t’as qu’à venir à Roger le Gall ».

    Renseignements pris sur internet, Roger le Gall est une piscine olympique qui se trouve près de la porte Dorée. Certains soirs, on peut même y barboter à poil - enfin, pour ceux qui en ont - mais avec un bonnet sur la tête, par mesure d’hygiène. Cherchez l’erreur (bien vu la pub pour Boursorama à droite sur la page).

    Je pédale donc jusque là et surprise, les vestiaires sont calmes, spacieux et très propres. Je rejoins O. dans la ligne d’eau, il est arrivé bien avant moi et a presque fini sa séance. Ca fait des années que je n’ai pas nagé sur du 50 m et comme je le craignais, je m’essouffle sur les premières longueurs. Mais bientôt, ma respiration se régule et je constate que nager sur du 50 m est bien plus agréable que sur du 25. On a une impression de plus d’espace et ça casse moins le rythme. Les nageurs sont assez disciplinés (proportion intéressante de beaux gosses, par ailleurs).

    Il fait nuit quand je ressors de là. Je prends une piste cyclable très sympa à travers les arbres et rejoins les maréchaux. Je manque de rentrer dans le cul d’une bagnole de flics qui pile juste devant moi sur la voie de bus. Arrivée à la porte de Charenton, c’est que du bonheur ! Je me laisse filer sur la piste cyclable qui descend pratiquement jusqu’à la porte d’Ivry, dessinée sur le trottoir désert. La température est étonnamment douce, on se croirait un soir d’été. Au loin les lumières des gratte-ciel scintillent et me donnent l’impression d’être sur un océan. Après les voies ferrées menant à la gare de Lyon, j’enjambe la Seine et distingue les péniches amarrées. Je n’ai même pas envie de rentrer mais mon coloc’ m’a promis un dîner succulent.

    Quelques minutes après avoir poussé la porte de l’appart, je m’attable devant un feuilleté au magret de canard et crottin de Chavignol accompagné d’une salade du jardin de Pap’s et d’un verre de Sancerre rosé bien frais.

    Vous ne trouvez pas que j'ai une vie particulièrement stressante ?

  • L'Equisetum

    Vu sur le blog de l’association de quartier d’Ivry Port sud, le restaurant l’Equisetum  renouvelle son menu chaque jour.

    Formule à 12 € (entrée + plat ou plat + dessert)

    Ouvert le midi uniquement du lundi au vendredi.

    L'Equisetum
    89 rue Victor Hugo à Ivry sur Seine

    Tél : 01.46.72.44.73

  • Trésors sucrés au KB

    175d27a4ee5444654f12e8ea44ff0677.jpgNon il ne s’agit pas de M. Jean dit le Délicieux, mais d’une pâtisserie orientale qui, aux dires d’Esperanza, est une des meilleures du sud de Paris. Samir fait le trajet du 15ème jusqu’au KB pour régaler sa dulcinée, c’est dire !

    L’adresse :

    Trésors sucrés 

    51 avenue de Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre (également une adresse à Pantin)

    C’est sur la route de la Comète !

  • Comment ?

    Un homme lit le journal et dit à son épouse :

    Savais-tu que les femmes utilisent 30.000 mots par jour et les hommes 15.000 ?

    Sa femme lui répond :

    C'est facile à expliquer, il faut toujours répéter deux fois la même chose aux hommes.

    L'homme se retourne vers elle et dit :

    Quoi ?

  • Picalilli

    Du plus loin que je me souvienne, le samedi midi, ma mère n’a jamais eu besoin de s’interroger sur le plat du jour. Si pour certains, « le lundi c’est ravioli », pour moi, jusqu’à ce que je vole de mes propres ailes, ce fut « le samedi, c’est steak frites ». Les frites, la chasse gardée de mon père, du choix des patates au produit fini, la marque de fabrique de ce gars du Ch’ Nord, en dehors de son physique de viking. Peu-être inconsciemment, un lien générationnel avec ses ancêtres flamands, des forains qui tenaient justement des baraques à frites. Aujourd’hui encore, quand j’ai la chance de déjeuner avec eux un samedi, et que mon père demande innocemment « Qu’est ce qu’on mange ? », ses moustaches frisent de plaisir en m’entendant répondre « Ben ! Steak frites bien sûr ! ». Pas question de manger autre chose quand je suis là.

    Il faut dire que les frites de mon père, c’est un repas de fête, pour moi. Des frites dorées, moelleuses et grossières, taillées au couteau et assez épaisses pour sentir tout le goût de la patate, cuites à la Végétaline et abondamment saupoudrées de sel. A chaque fois qu’il pose négligemment le plat en pyrex au centre de la table, tout en guettant ma réaction du coin de l'oeil, je redeviens la fille de mon père. La petite fille blonde qui, devant des frites "étrangères" refusait (et refuse encore souvent) poliment mais fermement toute infidélité par un « Merci, mais je mange que les frites de mon père ». Aujourd' hui encore, mon visage s’éclaire à chaque fois d’un sourire enfantin. J’ai compté. J’ai dû commencer à manger les frites de Pap's vers l’âge de 6 ans et chaque semaine jusqu’à 22 ans. Sans compter les vacances d'été où faute de friteuse, notre régime était chamboulé, ça fait que j’ai connu ce moment de grâce au moins 700 fois (16 années x 45 semaines). Et je ne m’en suis jamais lassée.  

    Il est cependant un ingrédient particulier qui fait du steak frites de mon père un plat à nul autre pareil. Un bocal jaune orangé qui, s’il venait à manquer sur la table –ce qui fut rare - lui gâchait presque le goût de ses frites. C'est le Picalilli. 

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    Si vous n’êtes pas chti'mi, belge, hollandais ou anglais, vous écarquillez sûrement les yeux en vous demandant ce qu'est le Picalilli. Laissez-vous guider par le descriptif de la maison mère, Heinz :

    « Picalilli Extra met en avant vos sens : la couleur pour les yeux, l'onctuosité et le croquant des légumes pour le toucher, la saveur pour le palais ... et même le petit bruit lors de l'ouverture du couvercle.»

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    Pour ma part, j'ignorais, jusqu'à samedi dernier, que ce condiment eût un quelconque lien avec la région d'origine de mon père. D'après mes recherches, il est surtout consommé ailleurs avec des viandes froides ou tartiné sur les tranches de pain qui composent un sandwich. Je pensais que le Picalilli était une fantaisie de mon père car je n'ai jamais vu personne d'autre que lui en manger avec ses frites. Je n'ai même pas le souvenir de l'avoir vu à la table de mes grands-parents paternels, ni de ses frères et soeurs. Mais samedi dernier, lorsque mon Pap's posa son plat de frites et le fameux bocal jaune sous le nez de ma copine S., moitié chti elle aussi, celle-ci s'écria "Oh du Picalilli, mon père en mange aussi avec ses frites!". Je réalisai alors que Pap's, en quittant son Nord natal, avait emporté dans ses bagages, à travers tous les pays dans lesquels il avait vécu, un petit bocal jaune comme le soleil qu'il a dans le coeur. 

    [crédit photos : Pap's qui a bien voulu immortaliser son bocal]