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2yeux2oreilles - Page 223

  • New York, New York

    Mon premier voyage à New York remonte à septembre 1991. A l’époque, American Airlines offrait à chaque nouvel employé un billet « Welcome aboard » dont je profitai pour aller découvrir cette ville mythique.  

     

    Je passai cette semaine à Manhattan dans une chambre louée chez une dame très riche aux alentours de la 80ème rue Est. Le premier matin, je fus réveillée par les sirènes de véhicules d’urgence. Le nez dehors, j’eus l’impression d’être dans une série américaine. Tout me paraissait à la fois magique et familier. Les taxis jaunes roulant à toute allure dans les rues cabossées, les feux suspendus, les yuppies et business women en tailleur et baskets, les vendeurs de hot-dogs aux coins des rues, les phoneboxes, les longues limousines noires aux abords de la 5ème avenue, Central Park et ses joggers, Broadway, la 42ème rue … Le rythme trépidant de la ville m’exaltait. Je sortais le matin à 8h pour ne rentrer que le soir, fourbue après une journée passée à marcher. Les rares passants auxquels je demandais mon chemin étaient tous très serviables. Je me souviens de leur stupéfaction lorsque je leur demandais comment aller à pied à tel endroit « Mais c’est à 10 blocs ! » Je ne voulais pas perdre une miette de ce film dans lequel j’étais l’héroïne principale : Fiso à New York ! Chaque jour, je « petit-déjeunais » de bagels et pancakes tout en observant la faune new-yorkaise. Une de mes premières visites fut consacrée au Metropolitan museum où je connus ma première émotion devant une toile. C’était « Living interiors » de David Hockney ; l’affiche de ce tableau lumineux a trôné longtemps dans mon salon. Ma 2ème grande émotion fut la découverte du pont de Brooklyn. C’est devenu un rituel désormais, pas un voyage à Manhattan sans traverser le pont, pour le plaisir. J’aime la vue qu’on y a sur le vieux port de New York et sur toute la ville, surtout le soir tombant, lorsque la ville se pare de mille feux. Et puis, la ballade en ferry jusqu’à la statue de la Liberté. Je passai le reste de la semaine à flâner au gré des rues en chantonnant « Englishman in New York » de Sting. Fan de rap et funk, je passai beaucoup de temps à Tower Records sur Broadway et rentrai à Paris avec une trentaine de CD dont le premier de Mary J. Blige, alors inconnue en France. Qu’est ce que j’ai frimé auprès des copains avec ma collec’ de CD hip-hop ! Au cours de ce premier voyage, je contactai l’ami d’un ami parisien qui devait par la suite, devenir mon point de chute. Keddins, d’origine haïtienne, était ingénieur du son pour une boîte de prod’ indépendante. La 2ème fois, je passai donc mon séjour chez Keddins. Toujours invité à des soirées par ci par là, il me fit découvrir la nuit new-yorkaise que je trouvai par ailleurs assez décadente. Il m’entraîna ainsi au Limelignt, une église transformée en boîte, où je faisais figure de nonne à côté de filles délurées et à à peine couvertes de tops transparents. Un autre soir, il m’emmena dans une soirée ragga ; à l’époque j’écoutai beaucoup Shabba Ranks et ses ladies mais là, je passai la soirée les fesses collées au mur. Il faut dire que l’ambiance était bouillante, les « bro » très entrepreneurs et les « sistaz » pas farouches pour un sou. Elles chaloupaient, la main entre les jambes, et les couples qui « dansaient » me donnaient plutôt l’impression de mimer l’acte sexuel. Keddins me taquina en me disant que j’étais prude. Ca ne me fit pas décoller de mon mur. Il me fit découvrir d’autres endroits comme le Yaffa Café et les nombreux restaurants indiens d’East Village, la nourriture macrobiotique d’Angelica’s Kitchen, le Nell’s club et me présenta à quelques-uns de ses amis. L’année suivante, je partis avec un de mes meilleurs amis, Jeff. On s’est bien marré et on a fait plein de choses sympas. Survol de Manhattan en hélicoptère avant lequel mon Jeff, pas fier, est allé pisser 3 fois. Découverte de la cuisine éthiopienne au restaurant Abyssinia sur Grand Street. Panorama inoubliable du toit des regrettées Twin Towers. Soirée au Nell’s, une boîte hip-hop de Greenwich Village, sur la 14ème rue.  Jeff parlait alors un anglais moyen et tout à coup, je le vois en grande discussion avec un couple. Je me dis « Waow ! Il a fait des progrès fulgurants ». Une demi-heure plus tard, il revient vers moi en me disant « Hey, c’est cool, j’ai rencontré un couple de haïtiens vachement sympas, ils parlent français ».

     

    Un soir, on a pris des places pour un spectacle mémorable et indescriptible du « Blue Man Group » sur Astor Place. En voici une idée :

    « Les trois célèbres hommes bleus occupent depuis quelques années ce théâtre off Broadway au coeur d' East Village. Leur décapant spectacle, désormais un classique, fait salle comble à chaque représentation. Rock, mime, vidéo, peinture... un happening multiple et envoûtant qui vous ballade tambours battant entre rire et émotion ... et sans même avoir à comprendre l'anglais... Un must! “

    L’année suivante, je me payai le luxe d’un week-end shopping avec des collègues. Puis autre visite avec ma petite sœur. Budget limité oblige, on a dormi dans un hôtel un peu miteux.

    La dernière fois que je suis allée à Manhattan, c’était avec mon ex en 2000. Il n’a pas eu, comme moi, le coup de foudre pour NY. Il paraît que New York, on aime ou on déteste, pas de demi-mesure. On a fait le tour de la ville, Times Square, Washington Square, visite du passionnant et émouvant musée d’Ellis Island, dîner dans un restaurant du Pier avec vue imprenable sur Brooklyn Bridge, salsa endiablée au S.O.B’s sur Varick Street. On dormait chez Keddins, toujours lui, qui habitait en coloc dans Tribeca avec un vieux saxophoniste de jazz qui connut son heure de gloire. Chaque matin, on prenait, chez Bubby’s un petit-déjeuner pantagruélique qui nous calait jusqu’au soir.

    New York me manque et j’ai vraiment hâte d’y retourner.
  • Sarkozy / Le Pen

    Nicolas Sarkozy était hier l'invité de "Chez F.O.G.".

    Un sourire angélique sur les lèvres, M. Sarkozy nous répétait, comme il le fait depuis quelques mois, qu'il avait changé. Un brin philosophe, il nous expliquait qu'écouter n'était pas entendre. Interrogé sur ses relations avec Johnny Hallyday, il revenait sur son enfance avec maman qui lui avait offert son premier concert. Un grand moment d'émotion.

    Surtout, il disait une chose étonnante : "Il n'y a plus de frontières. Chacun est libre de s'installer où ils le souhaite".

    Il parlait bien entendu des fortunes de ce pays, pas des immigrés.

    M. Sarkozy, vous avez donc omis une précision de taille. Il n'y a plus de frontières POUR LES OCCIDENTAUX et eux seuls sont libres de s'installer où ils le souhaitent.

    Ah oui, j'oubliais .... Certains dictateurs jouissent aussi de cette liberté de circulation, du moins tant qu'ils financent les campagnes de nos dinosaures politiques. Pinochet, Hussein, Mobutu furent au temps de leur gloire les invités d'honneur des réceptions qui se tenaient dans les beaux jardins de la Côte d'Azur. Visionnez "Mobutu, roi du Zaïre": un grand moment que ce pas de danse esquissé entre un Raymond Barre hilare et Papa Mobutu.

    Hier encore, l'émission "Madame, Monsieur, Bonsoir" se penchait sur l'électorat du Front National.

    M. de Saint-Affrique, ancien conseiller en communication de J-M. Le Pen, nous en apprenait de bien bonnes.

    D'abord, l'existence d'un deal entre Le Pen et les 2 principaux partis au pouvoir depuis plus de 25 ans : la garantie pour le FN de ne pas être inquiété contre un taux de 15 % maximum. Ensuite que JM Le Pen n'aurait jamais souhaité être président.Il se serait juste emparé d'un créneau non exploité et favorisé par la mauvaise situation économique du pays depuis les années 70.

    Enfin, qu'il serait bien moins raciste que nombre des ses partisans. Pour preuve, il s'est entouré de nombreux collaborateurs d'origine étrangère.

    Parlons-en des ses partisans. M. de Saint-Affrique soulignait que depuis de nombreuses années déjà, les élections en France étaient des "désélections", les Français votant pour la plupart "contre" et pas "pour". Ainsi, les 20 % de votants pour le Front National ne seraient que la conséquence d'un vote protestataire et la volonté de marquer le désaveu des partis au pouvoir.

    Ainsi, 60 % des électeurs du FN interrogés déclarent "ne pas souhaiter pas que JM Le Pen soit élu président de la République". Voilà qui devrait réconcilier les Français.

  • Tous des lâches ?

    Vendredi soir, j'ai dormi chez une copine que son net-lover, rencontré 2 jours plus tôt, a eu la délicatesse de larguer par mail. Cette goujaterie, non réservée aux rencontres virtuelles, a généré une discussion sur les différences entre hommes et femmes face aux ruptures. La mienne remonte à un peu plus d'un mois et si j'appréhendais le moment fatal où je devrais lui signifier la fin de notre histoire, j'estimais assez mon "déjà-ex" pour lui expliquer les raisons de ma décision. Il me fait d'ailleurs la gueule depuis (comme les 2 précédents). Les hommes supportent mal de se faire larguer, semble-t-il. Ou alors ils préfèreraient que nous utilisions leurs méthodes ?

    Car il semble que la franchise qui caractérise généralement les hommes leur fasse cruellement défaut quand il s'agit de faire souffrir une femme.

    Plus jeune, j'ai souvent vécu ce désagrément d'être larguée sans un mot ou une explication. Aujourd'hui mes copines vivent la même chose, et l'arrivée des SMS et mails n'a fait que faciliter les choses pour ces indélicats. A mon époque (oh la la le coup de vieux !), mails et SMS n'existaient pas; le garçon me faisait donc la misère jusqu'à ce que je dise le mot de la fin à sa place, ou alors il faisait carrément le mort et ne répondais plus à mes appels.

    Pour ma part, en dehors de trouver cette attitude très humiliante, elle me prive de l'occasion de me remettre en question et d'éviter de reproduire certaines erreurs.

    Je ne tomberai pas dans le piège du "Tous des lâches" car j'essaie d'éviter les amalgames et je connais nombre d' hommes très courageux. Il m' a semblé trouver la raison de cette lâcheté en écoutant mes amis du sexe opposé. Plutôt que du mépris, ce serait la terreur de devoir affronter larmes, insultes et autres jérémiades typiquement féminines qui les fait disparaître sans un mot.

    Je pose donc la question aux hommes qui lisent ce blog : pourquoi avez-vous tant de mal à nous affronter lors d'une rupture ?

    Et même si vous vous défendez d'une telle attitude, je suis sûre qu'en cherchant bien, vous vous souviendrez d'un de ces moments où, un peu morveux, vous n'avez plus donné signe de vie.

    Partagez, SVP.

  • La Cité internationale universitaire

    Hier matin, en faisant mon footing dominical dans le parc de la Cité Internationale Universitaire, je me disais que cet endroit magique méritait bien un article sur mon blog.

    L'histoire de la Cité commence en 1920 lorsqu'un grand industriel français, Emile Deutsch de la Meurthe, souhaitant créer une oeuvre sociale durable, prend contact avec Paul Appell, recteur de l'Université de Paris.

    Préoccupé par les difficultés des étudiants en matière de logement, celui-ci lui suggère de fonder une cité universitaire. André Honnorat, ministre de l'Instruction publique, approuve le projet et consacrera pendant près de 30 ans toute son énergie à sa concrétisation. Il sollicite, en France comme à l'étranger, les banquiers, les industriels, les collectivités locales, les gouvernements afin de recueillir les fonds. Il multiplie voyages et conférences pour exposer l'idéal de la Cité internationale. Les futures élites du monde entier y apprendraient à vivre ensemble et, de retour dans leur pays, conserveraient des liens durables favorisant l'amitié entre les peuples.

    La Cité internationale a hébergé des étudiants célèbres ; Raymond Barre, Léopold Sédar Senghor, Jean-Paul Sartre ...

    Cette tour de Babel à échelle humaine représente mon idéal, celui d'un monde où les frontières n'existeraient plus, où chacun serait libre d'aller où bon lui semble, tout à la joie de découvrir l'autre.

    Le parc aux odeurs de mousse est bordé de maisons aux noms évocateurs d'aventure : maisons de l'Inde, du Liban, de l'Argentine.

    Ici, des promeneurs hispaniques, là des asiatiques en pleine séance d'arts martiaux, à l' Est les odeurs de grillades de la résidence portuguaise puis les fenêtres ouvertes de la maison du Mexique qui laissent s'échapper une musique endiablée. Mes sens voyagent et décuplent mes forces.

    Il se passe chaque jour plein de choses à la Cité Internatinale. Des projections de films (hier un film de Ken Loach), des repas (à la fin du mois, soirée indienne), des spectacles de danse, des pièces de théêtre, des expositions, des conférences. Malheureusement, la programmation disponible sur le site n'est pas à jour, le plus sûr est donc de consulter les affiches disséminées dans le parc.

  • Fiso en vrai !

    Et oui, comme Arno qui affiche sa tête de jeune romantique sur son blog, j'ai décidé de donner une idée de ce à quoi je ressemble EN VRAI (sachant que depuis j'ai les cheveux courts)

    Pour ceux qui me connaissent, c'est bien moi ?