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2yeux2oreilles - Page 104

  • Pour vivre gays, vivons cachés

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    Ils habitent le Cameroun, le Yémen, la Malaisie ou la Jamaïque.

    Ils n'ont pas choisi de naître là, ils n'ont pas choisi d'être gay.

    Ils sont chrétiens, musulmans ou athées.

    Grâce aux sites de rencontres sur Internet, Philippe Castetbon a recueilli les témoignages et les photos d'hommes gay vivant dans 51 pays (de A comme Afghanistan à Z comme Zimbabwe) où l'homosexualité est interdite par la loi.

    Condamnés à l'exclusion, aux violences, à la fuite, quand ce n'est pas à la mort, ils racontent la peur, le mensonge et l'humiliation.

    Dans ces pays où leur sexualité est un crime, chacun a réalisé un autoportrait original en se mettant en scène, le visage caché, pour ne pas être reconnu ni puni.

    Une exposition sur la liberté d'être et d'aimer.


    Le livre "Les condamnés" publié par les Editions H&O sera en librairies à partir du 5 février 2010.


    TABLES RONDES :

    - « Etre lesbienne aujourd'hui, ce qu'ils et elles en pensent » - Jeudi 11 février 2010 à 19h - Salle des mariages, Mairie du 3e - Table ronde précédée d'un micro-trottoir sur l'homosexualité féminine. En présence de Stéphanie Arc, membre de SOS Homophobie et auteure, Béranger Huguet co-réalisateur du micro-trottoir et Soeur Salem des Soeurs de laPerpétuelle Indulgence.

    - « Etat des lieux de l'homophobie dans le monde : discrimination d'état et discrimination individuelle » Mercredi 24 février 2010 à 19h - Salle Odette Pilpoul, Mairie du 3e - En présence de Mathilde Chevalier et Nicolas Loeuille, membres de la commission LGBT d'Amnesty International, Patrick Awondo, sociologue,Thomas Fouquet-Lapar, Président de l'ARDHIS, Bartholomé Girard, Président de SOS Homophobie et Philippe Castetbon, journaliste.



    Exposition "Les condamnés. Dans mon pays, ma sexualité est un crime" du 28 Janvier au 25 Février 2010 - Vernissage le Jeudi 28 janvier 2010 à 18h30 - Péristyle de la Mairie du 3eme arrondissement - 2 rue Eugène Spuller M° République - 75003 Paris (Métro Temple, Arts et Métiers)

  • Je suis une coincée du cou

    Ca a commencé la semaine dernière, quand le lendemain d'un dîner carnassier chez les plus beaux yeux de la blogosphère féminine, j'ai reçu ce sms :

    « Alors les dépravées, pas trop mal aux cheveux ce matin ? Je vous embrasse »

    J'avais super mal aux cheveux, c'est vrai mais il a quand même réussi à me faire éclater de rire. En revanche, j'ai moins rigolé en sortant de la Comète, le lendemain soir.

    Le week-end dernier, je me suis vautrée comme une merde en tombant de mon lit (un futon posé au sol, oui, on ne rigole pas, au fond, je vous vois ...). J'ai mal rebondi, pour une fois, et après un bras droit en vrac pendant plusieurs jours, j'ai le cou complètement bloquée depuis 3 jours.

    Au boulot, j'ai dit que je m'étais fait capillotracter un peu violemment (spéciale dédicace à Deftones). Ils ont adoré l'expression.

    Depuis 3 jours que je suis clouée à ma chaise longue et collée à ma bouillotte, les mails et appels se succèdent. Majoritairement de blogueurs et blogueuses, est-il besoin de le préciser ...

    Ce mail très drôle ce soir, d'un blogueur qui a commenté une photo de moi sans me reconnaître : « Je te souhaite un bon weekend avec la possibilité d'un 90° de rotation de la tête ;) »

    Et il y a quelques minutes, un sms de mon pote le roi des pâtes à la sauce Monoprix :

    « Avec Igor, on a trouvé une solution contre le torticolis : faut sucer ma belle ! »

    (z'avez vu comme ils compatissent mes potes, ça me réchauffe le coeur, tiens ...)

    J'ai répondu : « T'es malade ? Tu veux que je me dévisse la tête pour de bon ? P 'tit con ! »

    (la raclée qu'il va se prendre, lui, lundi soir à Lyon ...)

  • J'ai - encore - gardé ma culotte ...

    L'inconnu qui m'ouvre la porte a un regard brun et chaud et des bras étonnement velus.  Il correspond à l'idée que je m'étais faite de lui en entendant sa voix douce, au téléphone. Et de douceur, j'ai besoin, aujourd'hui.

    Il a demandé que je ne garde que ma culotte. Assise sur un fauteuil, dos à lui, il pose ses doigts chauds sur ma colonne vertébrale, qu'il suit, lentement. Il caresse mes épaules et palpe mes omoplates. Je sens son corps d'homme contre mon dos nu.

    Il me fait allonger et assis derrière moi, enserre ma tête entre ses mains. Avec précaution et une infinie douceur, il glisse ses pouces sous mes cheveux et exerce une pression à peine perceptible sur ma nuque. Je me laisse aller et ferme les yeux. J'entends son souffle au-dessus de moi, seule musique dans ce silence qui nous entoure.  Ses doigts chauds effleurent mes tempes, ma mâchoire. Je soupire de plaisir et après quelques instants, je commence même à somnoler. J'ai l'impression qu'il s'est endormi, lui aussi, en caressant mes cheveux.

    Après un temps infini, il se lève et se met face à moi. Caresse mes chevilles et demande l'origine des cicatrices. Je me fais la réflexion que peu d'hommes les ont remarquées, jusqu'ici. Il me demande de relever les genoux, glisse sa main sous mes fesses. Je ne vois pas son visage, j'ai gardé les yeux fermés. Il ne bouge pas.

    Il revient derrière moi et pose ses mains bien à plat sur mes épaules nues, le bout des doigts sur mes bras Je ne m'en rends pas compte tout de suite mais il exerce des pressions douces sur mes clavicules. Totalement en confiance, je me détends. Dans un appartement voisin, un bébé pleure. Les minutes s'égrènent mais au contact de ses mains bienfaisantes, je n'ai pas froid malgré ma nudité.

    Bien longtemps après, je me relève. Frustré par l'impossibilité de parcourir mon corps, il propose que nous nous revoyions prochainement. .

    Acquiesçant, je ne peux m'empêcher de lancer : » C'est la première fois que je vois un ostéopathe. J'avais peur que vous me fassiez craquer les os dans tous les sens, mais c'était très agréable ! »

  • The Gate

    C'est une maison baignée de lumière, dans laquelle je me sens comme chez moi, entre eux deux. L'été, on papote dans la piscine. L'hiver, on mate des DVD, allongés sur le canapé, jusqu'à ce que je regagne « ma chambre », à l'étage. Et en toute saison, c'est dans la cuisine qu'il officie. Je m'assieds devant le plan de travail et je discute avec lui, tandis qu'il jongle avec ses recettes de cuisine et virevolte entre le four et un frigo plein à craquer.

    La première fois que je suis venue, je l'avais entendu s'époumoner sur du Lalanne. J'avais trouvé ça charmant. Il est la générosité incarnée. Ses coups de sang me font rire, sa sensibilité à fleur de peau me touche, sa susceptibilité m'agace. J'aime la force tranquille de l'autre, son impassibilité, sa patience.  Je suis apaisée quand je franchis le pas de leur porte.

    C'est une maison toute en hauteur, dans laquelle je me sens comme chez moi, entre eux deux. L'été on mange dans le jardin, pendant des heures. L'hiver, on mate des DVD, allongés sur le canapé jusqu'à ce que je regagne « ma » chambre, au sous-sol. Je m'assieds à la grande table de bois tandis qu'il officie dans sa minuscule cuisine. Ils sont tous les deux mes amis alors je virevolte entre l'un et l'autre.

    La première fois que je suis venue, j'avais été troublée par sa main sur la mienne. Je n'étais pas habituée à des contacts sans ambiguité entre un homme et une femme. Sa tendresse me console, ses bras me réconfortent, son regard me magnifie. J'aime les éclats de colère de l'autre, sursauts de révolte contre l'indifférence, ses éclats de rire enfantins, puissants, quand je lui raconte des bêtises. Son côté fleur bleue m'étonne.  

    Jeudi matin, lorsque percluse de douleur, je montais les marches de bois, ma tasse était posée sur la table, le café était chaud et le beurre tendre à souhait. Un petit mot commençant  par « ma puce » m'attendait.