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2yeux2oreilles - Page 154

  • Dans la peau d'un homme

    865497160.jpgJ'aime bien parler des choses quand ce n'est pas ou plus "à la mode". Comme WajDi, j'avais renoncé à m'essayer à ce drôle d'exercice proposé par Zoridae. Pas facile de se mettre dans la peau d'un homme sans aligner les clichés. Une conversation franchement hilarante, il y a 2 jours, avec mes collègues masculins, m'a soudain donné l'inspiration nécessaire.

    Merci donc à L. et surtout à JN, ma muse inspiratrice, bien malgré lui. 

    J’ouvre les yeux sur une toile beige, à quelques dizaines de centimètres de moi.

    « Tiens, je ne suis pas dans ma toile de tente … »

    Sensation d'étouffement. Le soleil qui cogne au-dessus de moi ravive les odeurs mélées de corps et celle, caractéristique, des toiles de tentes neuves. Qu’est ce qu’il fait chaud !

    Je tourne la tête à droite et dans mon champ de vision,  un préservatif usagé. Sur mon flanc gauche, une présence chaude. Je remue les jambes, et le contact de mon sexe contre le drap me confirme que je suis à poil. Lentement, je jette un coup d’œil sur la gauche. Une masse de cheveux bruns d’où émerge le profil d’une femme et une épaule, nue. Grand moment de solitude. Qui est-elle ? Je fouille ma mémoire à la recherche du déroulé de la nuit passée. Je me souviens de l’arrivée en boîte avec mon pote Stéph’, des nombreuses bières au bar, des jolies filles, toutes plus sexys – et chaudes - les unes que les autres, de la piste de danse, de corps frôlés et d’odeurs mêlées de parfum et d’aisselles nues. Mais comment je me suis retrouvé dans la toile de tente de cette inconnue, avec laquelle visiblement j’ai baisé, aucune idée. Et merde !

    La chaleur, une barre au front qui confirme que j’ai bien trop bu hier soir, je referme les yeux. Concentre-toi, Loïc, t’as quand même pas pu baiser une nana sans en avoir le moindre souvenir ???

    A ma gauche, elle a bougé. Elle se redresse, me découvrant au passage mais je me garde bien de signaler que je suis réveillé. J’entends le zip de la toile de tente, elle est sortie. Ouf ! Mon soulagement n’est que de courte durée. Quand j’étends les bras, je sens autre chose, sur la gauche. Coup de tête paniqué. Merde ! Une deuxième !! Brune aussi, dos tourné. Oh, putain ! Avec laquelle j’ai baisé ? Les 2 ???

    Dehors, des bruits de casseroles, de l’eau. Je suis tétanisé. La brune allongée à ma gauche remue quelques instants, puis se lève aussi. Bruits de discussion dehors, et rire étouffés aussi. Bon, mon coco, va falloir y aller … D’autant plus que j’ai une méchante envie de pisser.

    Je retrouve mon caleçon en boule dans un coin de la tente. J’enfile mon jean tant bien que mal et mon tee-shirt. Lorsque je mets le nez à l’air libre, manquant de me vautrer dans l’ouverture étroite, elles sont là, debout, toutes 2 à me guetter avec un sourire amusé. Putain, mais c’est quoi ces monstres ??? Chacune d’elle fait deux fois ma carrure … !!!

    Je sens des gouttes de sueur perler à mon front.

    « Tu veux un café ? » me demande l’une d’entre elles. Je balbutie un « Oui, merci » étranglé.

    « Vas-y assieds toi ». Je pose la pointe de mes fesses sur un siège pliant de couleur verte. Surtout, fermer sa gueule, attendre et observer. En dire le moins possible, y’aura bien un signe à un moment ou un autre qui me dira avec laquelle j’ai couché. Pendant que la brune au débardeur kaki remplit un mug de café brûlant, je les détaille. Comment j’ai pu finir avec ces meufs, elles sont pas du tout mon genre ! On dirait des videurs de boîte de nuit. Grandes, toutes en muscles, un dos en V, des épaules de nageuses est-allemandes. La vache ! La deuxième me tend un paquet de pains au lait. "Laquelle, bordel ????" Je dois avoir l’air con, mais con !...

    « Alors, bien dormi ? » J'acquiesce et essaie de me détendre. Je ne sais rien, même pas leur prénom ! Le stress, putain, de se retrouver nez à nez avec une (deux?) nanas avec laquelle on a couché, et se rendre compte qu'on ne sait absolument rien d'elle.

    "Tu habites où" demande l'une. "Au camping municipal". "De Biscarosse ?" "Heu, non, de Mimizan ... pourquoi on est où, là ?" "Ben à Bisca." "Ah, ok .." 

    Et merde ! Comment je vais rentrer ? 

    La brune au top kaki passe à côté de moi et me caresse le bras au passage. Bon, ça doit être elle. 

    Elle susurre "Et tu fais quoi dans la vie?"

    C'est ça ma cocotte, continue à causer, ça meuble.

    "Je bosse dans la grande distribution, et vous ?"

    "Nous, on est profs de karaté"

    Je manque m'étrangler en avalant mon café de travers. Le palpitant qui s'emballe. Une peur irraissonnée s'empare de moi.

    Pas question, désormais, de dire "Ecoutez les filles, je ne sais pas laquelle d'entre vous j'ai sauté cette nuit, j'étais bourré, je ne me rapelle de rien, c'était une erreur monumentale, vous êtes pas du tout mon genre, chuis désolé, on oublie tout, ok ?" Je m'imagine déjà, latté comme jamais par 2 nanas rendues hystériques par le fait que je me fasse la belle après une nuit d'amour.  

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    J'ai pas intérêt à déconner, faut la jouer fine. Les pensées défilent à toute vitesse dans ma tête. Je touille mon café, tentant de me remettre les idées en place. Comment je vais faire pour me tirer sans déclencher un drame ? Bon, d'abord pisser parce qu'avec le cerveau embrumé plus la trique matinale, j'arrive plus à réfléchir. Je me dirige vers les toilettes du camping d'un pas traînant. Je vais appeler Stéph' qu'il vienne me tirer de ce cauchemar. Pourvu qu'il réponde ce con, parce que j'ai pas l'intention de faire la causette pendant des heures avec 2 ceintures noires ! 
    Je reviens vers les filles. Visiblement, elles ne se rendent compte de rien et continuent à discuter. 
    "Heu, je dois appeler mon pote, vous savez où il y a une cabine téléphonique ?"
    "Oui, à l'entrée du camping, tu prends la première allée à gauche, là."
    "Ok, bon ben je reviens."
    "Tu voudras un autre café ?"
    "Ouais, super !"
    Je m'éloigne vers la liberté. Au téléphone, Stéphane est mort de rire et me charrie "Ben, mon salaud, t'avais la patate hier soir !"
    "Ramène ton cul et vite, j'ai pas envie de faire un remake de Kill Bill, je t'attend devant la mairie".
    Je raccroche, et file en hâte, sans me retourner.
    Quand je suis arrivé au camping et que j'ai raconté ma mésaventure aux copains, aussi frais que moi, ils m'ont charrié. Moi je riais jaune et tout le reste du séjour, cet été-là, j'ai flippé de recroiser mes profs de karaté. La moindre paire de cheveux bruns se promenant à moins de 50 mètres de moi me donnait des sueurs froides. 
    Pour rien au monde, je ne voudrais revivre l'angoisse de ce réveil dans une toile de tente inconnue. Quand j'y repense, j'ai encore honte de ma lâcheté. J'étais jeune. C'est peut-être ce matin-là que j'ai décidé de ne jamais plus m'enfuir au petit matin.
  • Festival de l'eau

    Enlève moi et voguons

    Sur les méandres du fleuve Amour,

    A fleur de Pô, tu traces mes contours

    Et m’amène à ébullition.

    L’eau à la bouche, tu me mets,

    Et l’écume au bord des lèvres.

    Sur mon corps brûlant de fièvre,

    Lèche le sel cristallisé.

    Tu voudras aborder, mouillé de ma salive, 

    Je noierai ton désir dans mes reflets troublants.

    Les perles de rosée, je cueillerai, lascive,

    Jusqu’à ce que ton plaisir jaillisse, comme un torrent.

    Pose tes mains sur ma chute de Rhin

    Remonte-moi lentement et à contre-courant

    Plante ton duc d’Albe dans mes sables mouvants,

    Ouvre les écluses et remplis moi, enfin.

  • Marthe

    A peine franchie la jolie porte en bois habillée de fer forgé, le salon-salle à manger. Sombre, confiné, jamais aéré. On n’ouvrait jamais la fenêtre, donnant sur la rue, par peur que les passants puissent jeter un coup d’œil à l’intérieur. Au mur, déco façon seventies : de grosses fleurs dans des tons orange et marron. Au centre de la pièce, occupant tout l’espace, une grande table en bois recouverte d’une toile cirée. Sur le buffet énorme, le casque de pompier et le portrait du grand-père.

    La cuisine, illuminée par une verrière.

    Au fond du couloir, les toilettes. On les devine sitôt passé la salle de bains, à cause de la fosse sceptique. Une curiosité, lorsque j’étais enfant, que cette drôle de trappe, sur le côté, qu’on actionne.

    Le jardin, abandonné et triste.

    De la cuisine, une porte qui mène aux étages. Un escalier escarpé, bas de plafond, qu’on emprunte avec prudence. Une première chambre, minuscule, monacale. Effigie de Sainte-Rita accrochée au mur et crucifix au-dessus du lit. Ces signes religieux, disséminés dans toute la maison, me foutaient la trouille.

    Au fond du couloir, LA chambre. Tout aussi sombre et sobre.

    Au 2ème étage, l’ancienne chambre de ma tante, claire, sous les toits. Son vieux tourne-disques y est encore, et même un 45 tours de Sheila qui chante les rois mages.

    Pendant les 6 mois où j’y ai vécu, à l’aube de l’adolescence, la maison a connu un véritable chambardement. Elle a résonné de ces mélodies d’une autre époque, que je chantais à tue-tête. Dans le jardin abandonné, j’ai entrepris le dressage d’Ophélie, la douce femelle caniche noire, qui pensait vieillir peinarde au bout de sa laisse.

    Pas facile d’hériter d’une gamine de 12 ans quand on a dépassé la soixantaine. Mamie Marthe a essuyé mes premiers actes de rébellion. C’est chez elle que j’ai commencé à me maquiller, profitant du fait qu’elle n’y voyait pas bien. Je fardais mes paupières de ses ombres vert pâle. Et c’est aussi sur le chemin de l’école que j’ai crapoté mes premières et uniques cigarettes, avec ma copine Annick.

    Mamie Marthe avait entrepris de me faire porter les vêtements de sa fille. Devant mon refus d’enfiler les gilets Phildar, elle avait confectionné une robe bleue à fleurs tout droit sortie de « La petite maison dans la prairie ». J’avais constaté qu’elle était plus autoritaire que je ne le pensais. Elle avait compris que j’étais la digne fille de mon père. Elle ne s’énervait jamais, mamie Marthe. Elle s’asseyait sur une chaise, dans un coin, et elle écrasait ses larmes.

    Le dimanche, elle calait mon bras sous le sien et on allait à la messe. Et ensuite, souvent, elle m’emmenait chez ses copines, ou dans une salle où avait lieu un thé dansant. Après avoir sacrifié au rituel de la bise sur les joues flasques de dizaines de vieux, je pouvais m’empiffrer de gâteaux à la crème, avant de valser contre les seins généreux de ma mamie et de ses copines endimanchées qui sentaient bon la poudre. C’est elle qui m’a appris à danser la valse. Elle était fière de présenter « la fille de Claude », celui que personne ne connaissait puisqu’il avait fui le Nord à 18 ans. Tout le monde s’extasiait sur mon calme et ma douceur. Elle savait bien, elle, que ma docilité n’était qu’apparente.  

    J'aimais l'accompagner à la boucherie chevaline de la Justice, où je recevais invariablement une rondelle de saucisson de cheval. Me faire à manger était un casse-tête pour elle. Elle n’avait plus l’habitude, pourtant, je mangeais de tout. Elle était fière de son gratin dauphinois, que j’engloutissais. Le dimanche, parfois, elle me faisait du pain perdu saupoudré de vergeoise. Et aussi un plat au nom exotique, que mon père aime encore manger aujourd’hui. Des restes de pot au feu, carottes, pommes de terre, poireaux, grossièrement écrasés et réchauffés à la poêle: le ratafia.

    Parfois aussi, elle arrêtait la camionnette du boulanger dans la rue, et m’achetait une couque.

    Samedi, à la faveur d’une escapade dans le Ch’Nord, je suis retournée dans la ville de mon père, rue Kléber, à Lys Lez Lannoy. Une petite fille a rendu la balade moins triste. Je n’étais pas venue là depuis la mort de ma mamie, en 1991.

    La jolie porte en bois a été remplacée par un volet roulant, laid et quelconque.

    Je l’ai imaginée ouvrant la porte, Ophélie aboyant sur ses talons. Sa poitrine si imposante, ses yeux bleus derrière les lunettes cerclées d’or, les cheveux blonds et ondulés, si fins. Ses robes austères et fleuries de mémé. Je l’ai toujours connue vieille, ma Mamie.

    Elle m’aurait fait quatre bises, du bout des lèvres, avec son accent chti : « Te vas bien, ma poule ? »

    J’ai raconté un peu de son histoire aux amis qui m’accompagnaient. Pudeur extrême et résignation en faisaient une femme mystérieuse. Quels avaient été ses rêves et ses chagrins, je ne le saurai jamais. J’aimais ses exclamations si drôles, les « Misère ! » et les « Hé bé bé bé ! »

    Je ne crois pas qu’à l’exception des dix dernières années de sa vie, elle ait été une femme heureuse. Devenue veuve, elle avait chipé le compagnon de sa copine Gisèle, un colosse au nez gigantesque et violacé. Ancien tailleur pour dames, André avait relooké notre mamie et lui avait donné une nouvelle jeunesse. Robes bigarrées, maquillage, voyages, son regard bleu s’était fait malicieux.

    Le géant veillait tendrement sur sa demoiselle aux 60 printemps. Quand elle s’est éteinte, quelques jours avant Noël, sur son gros nez violacé, les larmes étaient intarissables.  

     

  • J'aime pas ma chambre

    Il y a quelques semaines, avant de m’envoler pour la Crète, j’ai soudain pris ma chambre en horreur. J’ai fait quelques allers-retours vers le local poubelles, avant d'écumer maintes boutiques de linge de maison pour dénicher une nouvelle housse de couette. Marre des couleurs pétantes, envie de douceur.

    La plupart des gens apportent un soin particulier à leur chambre, moi, c’est tout le contraire. Ca a toujours été un lieu strictement fonctionnel, destiné à y dormir. Et la votre, elle est comment ? J’aime les chambres de filles de mes copines, avec guirlandes lumineuses, coussins soyeux et bougies parfumées. Je les trouve marrantes. Ma chambre, à moi, pourrait être celle d’un homme, elle ne dit rien de moi. Elle est froide, blanche et encombrée d’objets que je n’aime pas tandis que mon salon est exotique, chaleureux et ensoleillé. Je me suis demandé, alors, pourquoi j’avais toujours négligé cette pièce de mon intérieur. Celle qui symbolise l'intimité. 

    Je me suis remémoré toutes les chambres que j’avais occupées, plus ou moins longtemps : 21 chambres en 36 ans ! C'est beaucoup, non ?

    Le constat de Myriam, lors de mon bilan de compétences il y a 3 ans, m’est revenu en mémoire « Votre vie est parsemée d’arrachements et de ruptures.» J’avais fondu en larmes, elle était restée à côté de moi, silencieuse. Son regard et son sourire bienveillants étaient comme l’épaule d’un ami. Moment difficile mais sans doute nécessaire, qui m’a permis de comprendre certaines choses et de faire un peu la paix avec mon passé.

    Aînée de 3, j’ai pratiquement toujours partagé ma chambre, d’abord avec mon frère, puis avec ma petite sœur. Quand j’ai vécu seule, ce fut en studio où la pièce unique faisait office de tout, salon, cuisine et chambre, et de rien, donc.

    En Irlande, les chambres étaient entièrement meublées - et très moches - (en bleu, ce qui est loin d’être ma couleur favorite). Elles auraient dû constituer un refuge pour m’isoler des autres, mais j’y passais finalement peu de temps. Je leur préférais la cuisine où ustensiles et livres de recettes parlaient de moi. Là-bas,pendant 6 ans, j’ai vraiment perdu le goût de décorer mon chez-moi, puisqu’il ne l’était pas.

    J'ai déjà prévenu JM que j'allais le réquisitionner bientôt pour peindre et percer les murs. Je vais me débarrasser, une bonne fois pour toutes, des traces du passé qui encombrent mon présent. Je suis prête à laisser s’exprimer le festival de mon intimité. A laisser voir qui je suis, au fond de moi. Enfin.

  • En mai, va à Paris Carnet !

    Mercredi soir, j’ai profité de mon rendez-vous mensuel avec JM pour l’emmener à Paris Carnet. Il n’est pas blogueur mais vu que je le bassine chaque mois avec mes histoires de blogs et qu’il connaît tous mes potes de blogs sans les avoir rencontrés, je savais que ça l’amuserait. Et il aime les gens.

    Nous sommes arrivés tôt. Parmi les visages familiers, attablés avec d’autres, seuls Chondre et Manou. Je me suis installée à l’écart avec JM, on a commandé des amuse-gueule en guettant les arrivées. Je vais saluer Chondre qui ne me reconnaît pas et bafouille qu'il est myope. C'est l'avantage des blogs, on sait déjà plein de choses sur les gens, des détails disséminés ici et là. La myopie de Chondre, je savais. Et puis, on ne s'est vus qu'une fois, en janvier dernier, et à peine parlés. D'ailleurs, au cours de la soirée, beaucoup me diront que j'ai beaucoup changé. Les cheveux plus longs, le bronzage, sans doute. Je chope Manou qui se dirige vers le bar et nous discutons un peu. Je fais la bise à Nichevo que je lis régulièrement. Un peu plus tard, une jeune femme franchit le seuil de l'Assassin. Elle scrute chaque visage d’un air gêné, comme quelqu’un qui vient dans une fête où il ne connaît personne ou presque, et cherche désespérément un visage ami. Je me penche vers Jean-Marc et lui dis : « Tiens, ça pourrait bien être la fille que je cherche, elle a écrit sur la liste des inscrits que c’était son premier Paris Carnet ». La jeune fille ressort bien vite du restaurant. Je la rattrape sur le trottoir et lui demande « Tu es blogueuse ? » « Oui » « C’est quoi ton pseudo ? » « Incompréhensions ». Bingo, c’est bien elle.

    « Salut, moi c’est Fiso ! T’es toute seule ? Tu veux venir avec nous ? »

    Elle s’assied à notre table et nous faisons connaissance. Je lui fais remarquer que le nom de son blog, "Douce, soyeuse mais passionnée"pourrait faire penser à un blog de cul et elle confirme que parfois, ça l'est. Va falloir que je remonte dans les archives. Et ces quelques lignes devrait lui amener des visites d'un blogueur influent mais inconstant, Tonnegrande. Je suis ravie de mettre enfin un – beau - visage sur cet étrange pseudo, débarqué sur mon blog il y a environ un mois. Les rencontres de blogueurs ressemblent un peu à celles des sites de rencontres. "T'as quel âge, tu habites où, tu bosses où ?" et puis après on parle plus perso. Très perso, d'ailleurs, et après quelques minutes, la miss me pose une question qui me fait rire et sur laquelle je cogite depuis. Mes écrits semblent trahir des choses dont je n'ai pas moi-même conscience. Ça me trouble d'autant plus que JM acquiesce. Je parle de ma jolie luciole à Incompréhensions, je trouve qu'elles ont un peu la même sensibilité et l'encourage à aller faire un tour sur le blog de M.  

    Nous sommes rejoints par Goon, Manou, Bénédictequi est toujours aussi pêchue et mordante. Derrière nous, Fauvettes'est assise à la table de Nichevo et m'embrasse chaleureusement. La veinarde, elle part au Sénégal dans quelques jours avec son Corbillo qu'elle me présente. On se promet de se faire un hamam à son retour. T'as raison, Fauvette, le gommage ça enlève un peu de bronzage mais il dure plus longtemps. Enfin Oh!91 arrive, il me manquait pourtant on a passé la soirée ensemble la veille. Je peux enfin présenter l'un à l'autre mes deux amis très proches, depuis le temps que je parle de JM à Oh! et inversement. Oh!91 a toujours le sourire, malgré le rythme infernal au boulot. "J'ai une migraine épouvantable, qu'est que je peux boire ? " me demande-t-il. "De la bière", je réponds. Un jeune garçon entre et fait la bise à Oh!91 qui en reste comme deux ronds de flan. "Tu le connais, c'est qui ?" je lui demande. "Non, je ne le connais pas mais c'est bien ici, les garçons te font la bise, comme ça, d'entrée".

    Moi je passe la soirée entre mes deux hommes chéris, JM et Oh!91 se battent gentiment pour passer leurs bras autour de mes épaules. Manou me parle d'Afrique et aussi du festival de Romans. Moi, les statistiques, les classements et les prix littéraires, ça me fait marrer. Je ne vote jamais à ce genre de choses.

    Je guette Richard, que je retrouve sur le trottoir et qui me canarde avec son appareil photo. On va se refaire une chasse aux trésors, cette année mais faudra que je le prévienne que je ne veux pas le faire au pas de course. M'en fous d'arriver première, moi, j'ai envie de flâner dans Paris et de découvrir un arrondissement méconnu. Il me présente Gonzague et Macsym, je retrouve Dagrouik qui a bobo la tête, et Luc Mandret (voir les liens chez lui, j'ai la flemme). Je retrouve aussi Traouqui me demande "La Crète, c'était avec l'UCPA, non ?" Elle me confie qu'elle a séjourné à Alimirida il y a quelques années et que ce furent ses meilleurs vacances. Je le dirai à Dzé, ça lui fera plaisir, tiens. C'est drôle, parce que plein de blogueurs dont j'ignorais qu'ils me lisaient, me demandent comment était la Crète.

    L'Elephant nous rejoint, je ne l'avais pas revu depuis la soirée chez lui où j'avais rencontré Anydris et raté Lancelot(bouhouhou!). Toujours le sourire lui aussi, et la classe avec ses jolies lunettes, je raconte des bêtises et le fait rire. Vers 23h30, nous levons le camp. JM est absolument ravi de sa soirée, ça lui donne même envie d'ouvrir un blog, mais avec 3 enfants et demi (et oui, le 4ème a - 3 mois) et du boulot par-dessus la tête, c'est pas gagné. Je rentre chez moi, mon coloc' n'est pas là, parti faire un tour de manège dans des contrées chaudes et épicées, le coquin ...