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2yeux2oreilles - Page 153

  • Festival de l'eau (3)

    free music

    Sur le pont d’une ginguette, du côté de Nogent,

    Sous la lumière dorée d’un tableau de Cézanne,

    Jailliront des éclats de rire insolents

    Des lèvres trop fardées de beautés diaphanes.

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    Dans une robe moirée, je boirai du vin blanc,

    Un accordéon beige chantera le vieux Paris

    Et dans le parfum suave de grappes de lilas blanc,

    Nous poufferons gaiement, par l'alcool étourdis.

     

    Sous le soir vrombissant de doux coléoptères,

    Lorsque résonneront les accords de musette

    J’aurai une pensée pour celle que fut Colette,

    Née de père inconnu, grandie dans la misère.

    free music
    Souvent, elle racontait, sous le tilleul fleuri,

    L’uniforme allemand, les dernières maisons closes,

    Les lèvres tendres et roses de son premier amant,

    La couture dessinée sur la jambe, au crayon,

    Au Balajo rue de Lappe, la valse, la java bleue,

    Qu’elle dansait dans les bras de garçons ténébreux,

    Les petits matins blêmes en gare de Vierzon,

    Et les chagrins d’amour qui durent toute une vie.

    (J'espère que ma célébration poétique de l'eau ne vous saoûle pas, ce serait un comble ...)

  • Coup de gueule n° 3 (parce que jamais 2 sans 3)

    Je vous ai senti alarmés par le billet précédent. Je vous offre, en guise de remontant, un peu de légèreté et de futilité toute féminine, parce que ça fait sourire les hommes.

    Coup de gueule agacé, donc, contre les sociétés de cosmétique qui sortent chaque mois ou presque un nouvel allongeur de cils, repulpeur de lèvres ou embellisseur de teint, toujours plus miraculeux, ensorcelant, envoûtant, cher que le précédent, ainsi relégué au rayon « vieux de plus de 2 mois donc introuvables ».

    Du coup, lorsqu’on a enfin déniché LE mascara ou LE rouge à lèvres qui nous convient, on se retrouve quelques mois plus tardà fouiller frénétiquement le rayon des fards, poudres et paillettes, sans pouvoir remettre la main sur le produit de nos rêves. Le packaging, le nom et les teintes ont changé.

    Pas plus tard qu’hier soir, j’ai perdu 10 bonnes minutes dans le rayon maquillage d’une grande enseigne, à la recherche du discret, sensuel et délicatement parfumé « Charming toffee » de la gamme Glam Shine (parce que je le vaux bien).

    Le bâton crémeux a été remplacé par un flacon et pinceau baveux, genre Tipp-Ex de luxe. Plus de « charming toffee » mais des nuances qui promettent de me transformer en « siren », « drama queen » ou seductress (mes fesses !).

    Heureusement, une charmante vendeuse, prêtant une oreille pleine de compassion à mon désarroi, me réconforta d’un « Vous allez m’adorer, Madame » et plongeant une main délicate dans les sachets estampillés « retour au représentant » de ses tiroirs secrets, en extirpa 2 tubes de mon rouge préféré. Merci à elle ! 

     

  • Ras le casque !

    311060449.jpgCoup de gueule n°1 (par ordre chronologique) :

    Contre le sombre connard frustré du slip (et encore, j’épargne à vos chastes oreilles les termes dont je l’ai abreuvé, dignes de Bonnemine, la femme du poissonnier dans Astérix…) qui, sans doute excédé d’être bloqué dans les embouteillages et me voyant apparaître dans son rétroviseur gauche, a eu la lumineuse idée d’ouvrir sa portière alors que j’arrivais à sa hauteur.

    Il pleuvait, les pavés étaient glissants, j’étais en descente et me laissais glisser, insouciante, toute au bonheur d’arriver au terme de mes 6 kms de pédalage quotidien.

    Toutes les conditions étaient réunies pour faire faire un beau vol plané à la petite Fiso. Monsieur n’a dû trouver que ce genre d’amusement pour éveiller le semblant d’asticot recroquevillé dans son caleçon défraîchi. Seulement, la petite Fiso croise tous les jours des connards dans son genre et elle a appris à toujours laisser une distance de sécurité entre son vélo et les portières. Sa méchanceté gratuite m’a juste rempli de tristesse pour la fin de la soirée. Je n’y peux rien, je n’arrive pas à m’y faire …

    Coup de gueule n° 2

    Décidément, je ne sais pas ce qu’ils avaient tous en début de semaine…

    Le coup de gueule n° 2 est contre un autre connard qui roulait dans sa fourgonnette dans la file de gauche, à côté de moi et entreprit d’engueuler copieusement un autre cycliste me précédant. Celui-ci tapant la fuite, notre homme s’en prit à moi et me désigna avec irritation la bande sur le trottoir, à tort appelée piste cyclable, que je boycotte pour les raisons déjà évoquées ici. Comme j’ai quelques qualités pédagogiques, tout en roulant à sa hauteur, je lui expliquai pourquoi je m’étais résolue à  pédaler sur la chaussée, dans la pollution et les bagnoles. Très vindicatif, ce gentleman m’abreuva d’un « Tu veux que je m’arrête ? ». Ce à quoi, ma grande gueule légendaire ne put s’empêcher de répondre par un défi assorti de menaces avant que nous nous abreuvions d’insultes du plus bel effet et que je le plante, éructant et vitupérant, dans les bouchons. 

    PS : Je préviens d’ores et déjà ceux de mes lecteurs/lectrices qui voudraient, mûs par une compréhensible inquiétude quand à mon délai de survie dans la jungle urbaine, me dissuader de circuler à vélo dans Paris et proche banlieue : c’est une démarche inutile. Cycliste de la première heure, bien avant que les Vélib' soient à la mode, je m'accroche à mon guidon, quoi qu'il arrive. J’espère juste que si un jour je devais me faire renverser, j’aurai le temps d’envoyer par sms le n° de la plaque fautive à un de mes proches.

  • Festival de l'eau (2)

    free music

    A bord d’une barje de bois gris, nous monterons.

    Contre ton torse large, je fredonnerai des gammes,

    Mon orteil dans le fleuve tracera un sillon,

    Le clapotis de l’eau bercera mon vague à l’âme.

    Sur une berge joyeuse, résonnant de flonflons,

    Nous rejoindrons en hâte une foule festive.

    Y’aura Oh ! et Zarxas, peut-être d’autres garçons,

    Sur un violon tzigane, je danserai, lascive,

    Et fermerai les yeux, pour retenir les larmes

    Car le chant des gitans, toujours, noie mes pupilles.

    [L’espace d’un instant, je me rêverai sauvage

    Au flanc d’un cheval blanc, galopant sur la plage.

    Dans la moiteur salée des marais camarguais,

    Au vent, comme un roseau, se dressera ma fierté. 

    Mais soudain acculée, le nez dans la poussière,

    Affaiblie par le sang jailli de mes artères

    La foule qui acclame, et demande ma mort,

    Qui jette contre moi la lance des picadors]

    Et l’archet du violon, témoin de mille drames,

    Dans mon cœur palpitant plantera sa banderille.

    Quand tu t’inquièteras de me sentir absente

    Mon sourire désarmant rétablira le charme

    Dans tes bras, je ferai semblant d’être insouciante,

    Et tes baisers ardents raviveront ma flamme.

    [Le festival de l'Oh!, le vrai, c'est le week-end prochain, 25 escales sur la Seine et la Marne, un carnaval de l'Oh! mêlant cirque, musique, danse et théâtre, des promenades commentées, des activités nautiques, expos, ateliers etc.]

    On vous embarque ?

  • En Crète avec l'UCPA - jour 4

    Réveil tardif. J'ai raté le p'tit déj dans la salle de l'hôtel, et le rendez-vous à 9h30 pour la sortie en kayak. Un autre garçon du groupe aussi, nous nous retrouvons à la terrasse de "Chez Françoise" pour un rapide café grec et yaourt au miel. Nous décidons de prendre un kayak et d'aller nous balader un peu dans la baie. Benji nous a parlé d'une grotte cachée à flanc de falaise. Nous pagayons le long des rochers, il fait un soleil magnifique. Un long moment, nous nous laissons dériver et quand nous rouvrons les yeux, le courant nous a ramené près de la plage. Nous attendons les autres au beach office.

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    Pas de place pour notre groupe de 30 chez Françoise, Dzé pédale jusqu'à l' Erorotokritos qui dresse une table pour notre groupe dans l'arrière-salle, avec vue sur la mer, toujours aussi turquoise. Je ne me mêle pas à mon "crew" pour une fois, et m'attable avec Paola, Mickaelle et les moniteurs. Fred commande un plat de grillades d'agneau et fait le con. Je mitraille la tablée.

    Cet après midi, sortie en trimaran avec Fred, Laurent, Stéphane, Aurélie et Patricia. Je me suis dit que ce serait l'occasion de pioncer un peu et récupérer de ma courte nuit, bercée par les vagues. Tu parles !

    Je n'ai jamais fait de trimaran. Vous avez de la chance, nous dit Fred, car le groupe de ce matin n'avait pas de vent. Il nous fait barrer et tenir le spi, à tour de rôle. Aurélie et Patricia, en bonnes bretonnes, assurent bien mieux que nous. C'est impressionnant de voir toutes ces voiles se dérouler et claquer au vent. Je filme Laurent et Stéphane en prise avec les voiles et fais piquer une crise de fou-rire à Laurent pour une histoire de mousqueton. Une sortie sympa, dommage en revanche, qu'on n'aie pas fait de pause baignade.

    Le soir, je rejoins Karim, Stéphane, et Laurent dans leur chambre pour un apéro aux olives, avant de prendre le bus pour aller dîner et passer la soirée à Chania, l'ancienne capitale. Aurélie et Patricia sont déjà là et ont sorti les olives. Le décolleté affriolant des deux cousines, leurs coiffures soignées, leur maquillage sophistiqué me laissent croire qu'elles ne sot pas insensibles aux charmes de mes copains... Je me fais la réflexion, soudain, que je voyage décidément trop léger. J'ai oublié ma panoplie de fille.

    Je pars toujours en vacances avec le strict minimum, que ce soit au niveau vestimentaire ou en terme d'accessoires. En fait, c'est surtout parce qu'attendre mes bagages, pendant des plombes, après l'atterrissage me gonfle et qu'ayant bossé en compagnie aérienne, j'ai entendu trop d'histoires de vacances gâchées pour cause de bagages perdus. Alors, je m'arrange pour que tout tienne dans un bagage à main. A moi la lessive en tube ! Et si je n'oublie jamais ma trousse d'urgence (Biafine, anti-moustiques, désinfectant, pansements et paracétamol), en revanche, je zappe le superflu (accessoires, ceintures, bijoux, trop faciles à perdre). Et pour le maquillage, c'est crayon noir, mascara et brillant à lèvres. Même pas de parfum, incompatible avec le soleil. Mon frère avait halluciné de me voir débarquer pour 3 semaines au Vénèz avec un bagage à main. Quand je vous disais que je suis la femme idéale ...