Sur le pont d’une ginguette, du côté de Nogent,
Sous la lumière dorée d’un tableau de Cézanne,
Jailliront des éclats de rire insolents
Des lèvres trop fardées de beautés diaphanes.

Dans une robe moirée, je boirai du vin blanc,
Un accordéon beige chantera le vieux Paris
Et dans le parfum suave de grappes de lilas blanc,
Nous poufferons gaiement, par l'alcool étourdis.
Sous le soir vrombissant de doux coléoptères,
Lorsque résonneront les accords de musette
J’aurai une pensée pour celle que fut Colette,
Née de père inconnu, grandie dans la misère.
Souvent, elle racontait, sous le tilleul fleuri,L’uniforme allemand, les dernières maisons closes,
Les lèvres tendres et roses de son premier amant,
La couture dessinée sur la jambe, au crayon,
Au Balajo rue de Lappe, la valse, la java bleue,
Qu’elle dansait dans les bras de garçons ténébreux,
Les petits matins blêmes en gare de Vierzon,
Et les chagrins d’amour qui durent toute une vie.
(J'espère que ma célébration poétique de l'eau ne vous saoûle pas, ce serait un comble ...)

Coup de gueule n°1 (par ordre chronologique) :