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2yeux2oreilles - Page 155

  • Liberté ou esclavage ?

    329322713.jpgLe téléphone portable, c’est un moyen de communication. Un bel outil de liberté. Sauf aux moments inopportuns où il devient un effroyable intrus. Je me souviens de mon grand-père qui pestait contre le téléphone, qu'il supportait difficilement. Heureusement qu'il est mort avant l'arrivée des portables, il se serait étranglé de fureur. Il avait pas la langue de bois, mon grand-père, et un jour il avait fulminé : "T'es en train de faire l'amour, en plein orgasme, et là, crac, le téléphone sonne ! Si en plus, l'autre te laisse un message sur le répondeur, c'est fini, tu remballes !"

    J'ai hérité de ce souci qu'il avait de préserver son espace. Je suis déjà accro à internet, ça suffit bien. J'ai 5 téléphones : 2 persos (1 fixe et 1 portable) et 3 pros (1 fixe, 1 portable et 1 DECT). Au boulot, je suis donc joignable à tout moment et très fréquemment sollicitée. Alors en dehors, oui, le téléphone m'agresse parfois. Mon téléphone n'est éteint que quand je dors ou prend l'avion, en dehors de ça, il est en mode normal quand je suis seule et disponible, et en mode silencieux quand je ne suis pas seule, ce qui est fréquent : au boulot, au resto, dans un train, au cinéma, au théâtre, avec des amis. Pour moi, ça s'appelle tout simplement du savoir-vivre. Je passe mes coups de fil aux temps morts de la journée, quand j'attend le bus par exemple, ou quand je marche dans la rue et je suis tellement consciente du caractère intrusif d’une sonnerie de téléphone que je commence systématiquement la conversation par « Je ne te dérange pas ? »

    Je connais des gens qui en sont tellement esclaves que je me demande s’ils n’y répondent pas même lorsqu’ils sont en train de faire l’amour. Je me souviens notamment d'un verre en terrasse avec une amie, pas vue depuis plusieurs mois, qui était partie dans une grande discussion existentielle avec son interlocuteur alors que nous venions à peine de nous asseoir. Après 10 minutes d'attente, je lui avais fait signe que je me cassais. Elle avait vite abrégé la conversation. Je ne supporte pas le téléphone au sacro-saint moment des repas et n'y répond jamais, sauf à mon coloc', au cas où. Je me suis engueulé plusieurs fois aussi avec mon frère ou ma soeur qui râlaient parce que je les réveillais à midi. "T'as qu'à éteindre ton téléphone si tu veux pas qu'on te dérange."

    A contrario, ma mère me reproche régulièrement de ne pas répondre quand elle appelle sur mon portable. J’ai beau lui expliquer que mon boss était dans mon bureau, ou que j'étais dans le tintamarre de la circulation parisienne / à la bibliothèque / sous la douche / à vélo / en train de déjeuner etc., elle se vexe. Je finis par lui dire que de toute façon, je ne suis pas esclave de mon téléphone, point.

    Il y a quelques mois, c'est mon boss qui me dit sur un ton de reproche : "Je t'ai appelée sur ton DECT, tu n'as pas répondu".

    "J'étais aux toilettes", lui ai-je répondu avec un sourire angélique. Désormais, quand je ne suis pas joignable, il attend sagement quelques minutes que je le rappelle.   

    Et vous, quel est votre rapport au téléphone portable ? Maître ou esclave ?

     

  • Yamas !

    Y’avait de la salade grecque à la cantine ce midi. Et du soleil sur le parvis. Mais pas de raki.

    Et dire qu’hier à la même heure, j’étais attablée à la taverne Erotokritos, bercée par le ressac des vagues turquoises à ma droite, à discuter cinéma avec 3 charmants hommes … Vous connaissez le rituel de l’apéro crétois ? Vous nappez votre assiette d’huile d’olive délicieusement fruitée, vous la salez et poivrez légèrement et vous en imbibez des bouts de pain au sésame. Ça, je vous le dis, c'est le bonheur à l'état pur !

    Ensuite, on a commandé des côtelettes d’agneau qu’on a dégustées avec les doigts, bien sûr, des tentacules de poulpe grillés au citron, et des salades grecques. Laurent et Karim, épuisés de s’être battus avec leur planche à voile toute la matinée, nous ont rejoints, ainsi qu’Anne-So et Arnaud.

    Le truc génial en Crète, c’est que le dessert et le raki sont systématiquement offerts en fin de repas, et avec le sourire s’il vous plaît. Les restaurateurs français feraient bien de suivre des cours de service client en Crète.

    Après avoir partagé nos avis sur les derniers films vus, le serveur a déposé devant nous 4 petits verres et un carafon de raki au miel. Quand les garçons ont quitté la table pour aller à la plage, j’ai rejoint l’autre tablée et du coup, j’ai eu droit à un autre dessert et un raki. Les serveurs s’en sont jeté un gorgeon avec nous et on a trinqué tous ensemble à coups de tonitruants Yamas. J'ai même réussi, comme eux, à poser mon verre de raki sur le dos de l'index et du majeur joints et à boire sans en renverser une goutte.

    Et là, j'ai un petit coup de blues, tout à coup.

    Taverna Erotokritos (en face du bar Sirocco)

    Almyrida Apokoronou, Crète. (Tél : 28250 31211 & 32586)

  • Fiso en mode "ciga, ciga"

    Atterrissage à 2h à Roissy. Une amie de Stéphane est venue le chercher (sympa la copine) et me dépose chez moi à 3h00. Dans la voiture, elle demande où je travaille et dit « Ah, mais tu dois connaître ma cousine, C.D. ? ». « Oui, oui, bien sûr que je la connais ». Je n’ai pas jugé utile de préciser que sa cousine, c’est la quiche qui un matin, dans le parking de la boîte, avait attaché son antivol sur mon vélo, au lieu du sien. Elle est connue pour être un peu tête en l’air.

    7h30, ce matin, mon portable me croasse dans les oreilles. Je croise mon coloc’ qui a l’air aussi frais que moi, ça tombe bien, j’ai pas l’énergie de parler. « Alors en quelques mots ? » demande-t-il. Ouais mais pas plus, alors….

    Je ne trouve plus mon badge d’accès, tant pis, je sors et dans la rue, y’a un truc qui cloche. Moi, jambes et orteils nus en mini-jupe et sandales, top en crépon … les autres en couleurs sombres, chaussures d’hiver, vestes et même encore quelques écharpes. Je détonne un peu dans ma tenue estivale. Fiso est déjà passée à l’été. Je marche nonchalamment - en fait, je sens un peu dans les mollets les 51 kms de VTT en montagne d’avant-hier - attrape au vol des chouquettes pour mes hôtesses, un croissant pour ma quinqua et un pain au lait pour moi.

    Aujourd’hui, ça va être « ciga,ciga », comme on dit en Crète. Mon boss est prévenu. "C'est calme", qu'il a dit.

    *ciga : doucement
  • Elafonici - jour 6


    [A quelques jours de m'envoler pour l'Andalousie, je finis ma série sur le voyage en Crète, il y a 2 mois)

    Aujourd'hui, journée libre pour tout le monde. Nous, on a loué deux bagnoles, direction Elatouflaba Elafonici (prononcer Elafounici) dans le sud-ouest. D’autres sont partis à Granvoussa et on convient de tous se retrouver pour le déjeuner dans une taverne que nous ont recommandé les monos, à Sfinari. Je prend le volant et embarque mon crew avec moi, Stéphane, Laurent et Karim. Dans l’autre voiture, Aurélie, Patricia, Anne et Constance. Les premiers kilomètres, j’ai le pied un peu lourd, faut dire que je suis pas vraiment habituée à la conduite en montagne. On s’engage sur la seule nationale du pays. La conduite est similaire à l’Irlande, c'est-à-dire que la bande d’arrêt d’urgence sert à se rabattre pour laisser les voitures nous doubler. Laurent tente en vain de capter une radio intéressante et s’endort. Pause café grec dans une taverne, quelques pauses photos pour que Stéphane mitraille et nous arrivons à Elafonici sur les coups de midi. Nous garons les voitures, traversons une lagune et posons les serviettes dans les dunes. Pas un coin d'ombre, ça va cogner sévère. Karim file dans l'eau direct. Moi je reste un peu au soleil puis vais nager longtemps dans l'eau limpide. A quelques mètres, Laurent qui a oublié qu'il avait un tuba plonge et boit la tasse, ce qui fait que je la bois aussi, de rire. L'eau est turquoise et totalement transparente. Quand je ressors, une heure plus tard, je m'endors sur le ventre. Au réveil, coup de soleil cuisant sur les mollets et derrière les genoux...

    Vers 15h30, nous remontons en voiture et faisons une rapide halte au monastère, sans grand intérêt, d'autant plus qu'il est fermé. Il est 16h quand nous atteignons la taverne du bout de la jetée de Sfinari, chaudement recommandée par nos monos. Des visages connus sont déjà là, attablés.

    L'endroit a un parfum de Caraïbes. Une brise légère, des tables en bois entre ombre et soleil.

    Le patron, un beau et jeune garçon aux cheveux noirs et au sourire doux, nous propose un menu alléchant "spécial UCPA" aux environs de 14 euros par personne. De beaux bols de salades grecques, des tapenades vertes et noires succulentes que nous tartinons sur du pain grillé, arrosé d'huile d'olive et frotté à l'ail.

    Des poissons frais grillés (nous reconnaissons des rougets), une superbe seiche dodue et croustillante, farcie de tomates et fromage, qu'il pose avec une fierté mal dissimulée devant nous.

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    Le lieu est paradisiaque et paisible. Je m'endors sur la plage. Vers 19h, les filles veulent lever le camp mais il fait encore soleil et Laurent et moi convaincons Karim, Stéphane et Julien de profiter du soleil jusqu'au bout. Stéphane m'apprend que tous les produits que nous avons dégustés sont la production personnelle du patron, du miel au fromage, en passant par les légumes et le poisson pêché chaque jour. Et en effet, alors que nous discutons, je le vois accoster avec une guirlande de poissons au bout de son harpon. Nous prenons des photos et dans la langueur de cette après-midi au rythme idéal, discutons à bâtons rompus de l'absurdité de nos vies et de nos rêves d'ailleurs.

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    Au retour, Stéphane conduit, nous ratons la sortie et perdons un peu de temps. Le temps de remettre de l'essence (qui est moins chère que le gasoil, bizarrement), il est 22 heures quand nous pénétrons dans le village d'Almirida et garons la voiture devant l'agence.

  • En Crète avec l'UCPA - jour 3

    free music

    Ce matin, Dzé nous emmène en rando VTT. J'hérite du n° 14, un superbe vélo gris métallisé, très léger, au guidon en corne de vache. Nous grimpons jusqu'au village de Plaka, à 1 km d'Almirida et longeons la côte. Près d'une base militaire grecque, nous croisons un vieux berger et ses biquettes. Bénies soient les jolies biquettes crétoises qui donnent la délicieuse féta !  Dzé nous propose une pause au bord de la falaise, parsemée de buissons de thym odorant. Je frotte des brindilles pour en imprégner mes doigts. En bas, à gauche, le village d'Almirida et sa plage.

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    La baie de Souda, et au premier plan, des bouquets de thym.
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    Nous abandonnons les vélos au bord de la route et descendons à pied vers une crique déserte. L'eau est très fraîche mais Mickaelle, Laurent, Stéphane et moi nous lançons. Après un effet saisissant et quelques mouvements vifs pour se réchauffer, elle est bonne. Le temps de sécher et Dzé annonce alors que nous allons rejoindre "le village de Zorba". Je crois avoir mal compris et lui fait répéter. "Ben, oui, le village où a été tourné le film "Zorba le Grec" avec Anthony Quinn."

    Waouuuuh ! Un de mes films cultes !!!    

    J'étais émue, vraiment, de me retrouver là. Nous avons bu un verre sur la jolie place de Kokkino Chorio qui signifie "village rouge" et j'ai vu l'église devant laquelle a lieu la scène la plus dure du film, ou les villageois lapident la veuve.

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    Saviez-vous que la danse du sirtaki, qui devint un succès mondial, fut créee pour le film ? A l'époque ou j'ai découvert "Zorba le Grec", il y a près de 15 ans, j'avais acheté la bande originale du film, de Mikis Theodorakis, CD qui a disparu dans un cambriolage et que je n'ai jamais retrouvé. J'ai fait découvrir ce film récemment à mon coloc' et maintenant, c'est décidé, je l'achète !