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2yeux2oreilles - Page 217

  • De l'amour

    Mon ami, mon frère. Ce soir, tu m'as appris un mot nouveau. L'amour "agapè".

    Tu m'as expliqué que l'amour agapè, c'était l'amour absolu, à l'opposé de l'amour éros : c'est l'amour parental, l'amour filial, l'amour fraternel. Que l'amour éros est temporaire et source de souffrances car lié au désir et l'amour agapè, infini et absolu car don de soi irréfléchi. Notre amitié dure depuis de nombreuses années et si parfois, je n'ai pas prononcé les mots que tu attendais, si j'ai eu du mal à accepter cette tendresse indéfectible que tu me témoignes depuis toujours, sache qu'aujourd'hui je sais à quel point ton amitié m'est vitale.

    Tu m'a dit ce soir que depuis le jour ou nous nous sommes rencontrés, à l'aube de nos vies d'homme et de femme, tu m'aimes d'un amour agapè, que je suis dans tes tripes et que quand je suis mal, tu es mal. Il y a un peu plus d'un an, à un moment où comme aujourd'hui, j'étais perdue, tu m'as appelé et tu m'as lu l'épître de Saint Paul aux Corinthiens, à moi, l'allergique aux églises et au mot religion.

    "L'amour c'est vouloir donner ce qu'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas". J'ai accepté ce don avec une immense gratitude et il m'a fait du bien. Que j'aime parler avec toi ! Ta spiritualité et ton humilité me portent. Promis, je vais apprendre à me laisser aller. Je n'ai plus peur d'être moi-même et d'accueillir ces marques d'affection dont j'ai tant besoin. 

  • L'oiseau-livres

    medium_enfants-03.2.jpgEn Côte d'Ivoire, l'avion présidentiel d'Houphouet Boigny transformé en bibliothèque pour enfants.

    Une autre façon de s'évader et de goûter à la liberté. 

    http://www.palaisdelaculture.ci/oiseaulivres.php?th=presentation

  • Ca ira mieux demain

    Grosse boule dans la gorge dimanche dernier à la sortie du magnifique et très émouvant "Ensemble c'est tout". Regret de ne pas avoir une grand-mère à câliner, dont j'aurais caressé les cheveux fins et embrassé avec délicatesse les joues satinées. Sensation de n'être pas au bon endroit, de ne pas vivre ce qui a un sens. Larmes qui coulent en silence sous les mots tendres d'Ima.

    Au travail, enfermée dans mon bureau. Colère résignée contre mon collaborateur qui s'évertue à se mettre tout le monde à dos. Tant pis pour lui. Découragement devant la mine sombre de mon nouveau boss qui perd déjà son enthousiasme. Il commence à comprendre que le bien-être des salariés ne fait pas partie des préoccupations de la boîte.

    Sur mon vélo, lundi, une camionnette tente de me renverser. Pour rire. Y'en a qui prennent du plaisir comme ils peuvent. Vendredi, la mort me frôle. Il n'a même pas freiné. En état de choc. Envie de frapper. Qu'aurais-je laissé derrière moi si la voiture m'avait fauchée ?   

    Fiso qui rit, Fiso qui pleure. Trop euphorique pour être honnête. Qui pleure de rire entre deux commentaires salaces quand Honey Bunny lui parle de son informaticien sexy. Qui saute à en perdre le souffle sur "Clap your hands say yeah" avec Lilybou. Qui a les yeux mouillés en lisant Rony, coeur noble et meurtri, qui invite à entrer dans sa grotte.

    "Say goodbye to the world you thought you lived in".

    Conseil à suivre. Bientôt.

     

  • Yema

    Ce soir, j'ai composé un n° que je connais par coeur bien que je ne l'aie pas appelé depuis des années. J'ai entendu la voix pleine de tendresse de Yema, puisque c'est comme ça que je l'appelle depuis toujours. 

    Toutes les mères sont nos mères. J'ai un respect et une tendresse profonde et indéfectible pour celles de mes amis. Ma Shik Shik et Yema, ce sont mes petites mères du 15ème arrondissement. Je me sens chez elles comme chez moi.

    Je voulais entendre la jolie voix de Yema, si pleine de douceur et d'élégance. Je voulais, comme une fille prend des nouvelles de sa mère malade, lui témoigner avec pudeur tout le respect et la tendresse que j'ai pour elle. Il y a des années, à la veille d'un jour important pour moi, c'est chez elle que j'ai voulu dormir. Je n'oublierai jamais ce matin-là, quand Yema me réveilla doucement et que je découvris sur la table des croissants chaud et un gros bol de café fumant. Il y a des moments de la vie où les mots sont superflus.

    Ce soir, lorsque Yema m'a dit que j'étais pour elle comme sa fille et qu'elle avait veillé sur moi, de loin, pendant toutes ces années, ses paroles pleines d'amour comme seule une mère peut en dire ont réchauffé ma solitude et je n'ai pas pu retenir mes larmes. 

  • Parait que ça porte chance

    Je vous avais épargné les galères rigolotes qui me sont arrivées récemment mais la dernière aujourd'hui me donne envie de vous faire rire des malheurs de Fiso. La série a commencé samedi dernier lorsqu'une heure avant de partir pour Avignon, j'enfile le pantalon noir que j'ai acheté récemment et que j'adore. Sentant un drôle de courant d'air à un endroit assez incongru de ma généreuse plastique, je me retourne et constate avec horreur que j'ai le fessier à l'air. Hé oui, un malheureux passage en machine a eu raison de la couture de mon futal. Pas le choix, je mets une robe et la première chose que je fais en arrivant à Avignon est de me ruer dans un magasin Leclerc pour acheter du fil et une aiguille. Ceux qui connaissent mes talents de couturière comprendront sans peine pourquoi j'ai passé le reste du week-end avec des pulls longs. Depuis, mon cordonnier a récupéré le boulot.

    Ma deuxième galère, c'était mercredi soir lorsque je me rendis chez la cousine d'Hervé, au demeurant charmante (normal, c'est une Sophie) pour y retrouver mon ami Hervé et son fiston que je n'ai pas vu depuis ... 3 ans ! Après une bonne tartiflette, je lie amitié avec le lapin nain, Caramel, qui est tout doux. Je le prend dans mes bras, le cale au chaud entre mes monts et merveilles et l'emmène au salon pour un câlin poussé devant le feu de cheminée. Tout à coup, je ressens une chaleur bienfaisante. Non, ce n'était pas le feu de cheminée mais Caramel qui s'était liquéfié à mon contact. Ca donnait à peu près ça ...

    medium_Caramel.jpg

    Ce midi, alors que je vais chercher un poulet rôti chez mon boucher hallal, j'entend un gros splash. Incrédule, je constate avec horreur qu'un de ces .... de pigeons parisiens au cul radioactif m'a lâché une immonde fiente vert fluo sur l'épaule. Il me semble que c'est Mère Mi qui parlait de ça il y a peu, merci Mère Mi, tu m'as porté la poisse. Par chance, mon épicier a du sopalin pour que j'essuie tout ça. Il est vraiment gentil mon épicier, il me dit avec un grand sourire que le pigeon m'a trouvé trop belle. Un ancien qui est dans la boutique m'assure que la chance est avec moi. Comme dit Estebandido, mon coloc, j'aurais pu lui répondre "je vais te chier dessus, on verra si t'as de la chance". Bon quart d'heure de rigolade avec Estebandido qui s'est fait éclabousser au passage. Je vous le dis, amis de province, les pigeons parisiens, c'est du moisi 10 ans d'âge !