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2yeux2oreilles - Page 218

  • Avignon

    Il y a exactement une semaine, je fermais la porte de mon appartement pour entamer un court voyage vers le sud, plus précisément à Avignon, ville dans laquelle je suis passée, alors adolescente. Au plaisir de jouir d'une météo plus clémente s'ajoutait celui de découvrir la ville en compagnie d'un provençal passionné, féru de culture et de bonne bouffe.

    Première surprise, la gare qui est réussie et très moderne. Dans la voiture, déjà, je découvre les remparts qui entourent la ville et le fameux pont amputé. Le temps de poser mon maigre bagage à l'hôtel, nous voilà en route vers le centre. Enfin, je peux siroter une mauresque, j'en ai rêvé, j'aime beaucoup le pastis. Le bar est empli d'accents chantants et de gens qui parlent fort, j'aime cette ambiance animée (ils ne sont pourtant que 3). C. m'entraîne dans un magnifique restaurant provençal très intimiste. Je m'y régale de canelloni à la brandade puis d'un risotto noir aux gambas. C. me fait goûter sa cassolette de tellines aux ravioles, je me lèche les doigts de gourmandise, ces coquillages minuscules ont une saveur d'une grande finesse. Quel plaisir de partager un repas avec quelqu'un qui est gourmand, je ne dirai jamais assez à quel point les chasseurs de calories me désolent.

    Le lendemain matin, petit déjeuner aux halles d'Avignon. Les gens se hèlent, se retrouvent en famille, avec les enfants et les anciens pour un café convivial. J'envie ce tissu amical et chaleureux. J'adore les marchés mais à Paris, cela prend des années pour gagner une telle convivialité. Je me dis que je pourrais vraiment vivre en province. Ca fait déjà plusieurs années que j'y pense, l'âge sans doute et surtout l'envie d'élever des enfants, si j'en ai un jour, plus près de la nature. Et puis, pendant des années, j'ai pensé qu'il était difficile de se faire accepter dans une région si on n'en est pas et encore plus si on vient de Paris, mais mes surprises ont été plutôt agréables dans ce domaine. Les nombreux voyages que j'ai faits m'ont toujours confortée dans l'idée que l'attitude de l'autre dépend avant tout de notre propre bienveillance.

    Dans la foule qui s'attroupe devant les étals colorés, je salive devant des miches moelleuses à la belle mie dense, des fromages odorants et ratatinés, des jattes remplies de préparations crémeuses et alléchantes : tapenade, brandade, confiture d'oignons, compote de tomates. On prend un échantillon de toutes ces bonnes choses et on s'installe dans le jardin du palais des Papes pour mordre dans des tartines à pleines dents. Il fait un soleil magnifique et je me laisse aller à la farniente, bercée par les cris des enfants. Un petit bout de femme se plante devant moi et me dit quelque chose dans son babillis enfantin, je lui colle un de mes écouteurs dans l'oreille et cela la fait rire aux éclats. Je suis tout à fait détendue, loin de la pollution et du rythme infernal de la vie parisienne. Le soir, on mange des tapas dans un bar très sympa et puis C. m'emmène boire un thé à la menthe et fumer un narguilé à la cerise. Affalée dans des coussins, je n'ai plus envie de bouger. C'est qu'il ne fait pas si chaud que ça dehors. En bonne touriste, je suis surprise par le vent mais celui-ci est mon ami, il me décoiffe, me fouette un peu les joues et j'aime ça. En fait, j'aime toutes les expressions de la nature, la pluie aussi, sauf quand je suis sur mon vélo, la neige qui me rappelle mon enfance en Allemagne et le tonnerre qui me fait chercher un refuge rassurant dans les bras de l'aimé. Enfin, revenons à Avignon. Au matin de ma dernière nuit en Provence, je me réveille le regard pétillant et le sourire aux lèvres malgré la fatigue dûe à une courte nuit; faudrait que j'évite les spécialités orientales avant de dormir, elles m'excitent mais ... je ne peux pas résister au thé à la menthe et quand je commence, je n'arrive plus à m'arrêter !

    Le lendemain, je flâne dans la ville en m'arrêtant de temps à autre devant une façade ou une des nombreuses statues nichées dans un recoin. L'heure du retour approche et je suis un peu triste. Pour me consoler, je dévalise un magasin de douceurs provencales : des caramels aux noisettes, calissons, mendiants, des choupettes à la réglisse et à l'anis pour moi et ma famille. La nuit est tombée depuis longtemps lorque j'enjambe le périphérique parisien. Je lève la tête : 3°C à Paris. Gros soupir à l'idée de monter sur mon vélo dans quelques heures.

  • Sauvegarde de Brocéliande

    Mardi soir, alors que je noie mon blues de fin de week-end dans la téquila débarquée le jour même d'un vol en provenance de Mexico, une jeune druidesse échevelée en jean et bottes débarque chez moi. Tout juste rentrée d'un week-end en Brocéliande chez un ami crêpier, les yeux remplis d'étoiles, elle évoque un druide odorant à la barbe nattée et au prénom tout droit sorti de Star Trek ainsi que de la bière bue dans des cornes de la Morgane Tavern (ça ne s'invente pas). A peine ai-je le temps de palper les crêpes au chocolat et citron qu'elle m'a gentiment ramenées du pays des menhirs que la fougueuse personne me met sous le nez une pétition de défense de la forêt de Brocéliande sur laquelle on projette de construire une décharge à ciel ouvert. Subjuguée par la poésie bretonne et la terre de légendes qu'elle a découverte, elle est intarissable. Inutile de préciser que j'ai signé la pétition et qu'elle n'a pas mis longtemps à me convaincre du bien-fondé de ce combat. Je relaie donc, parce qu'il y a urgence et qu'on ne peut pas faire ça à Merlin !

    http://www.sauvegarde-broceliande.org/

  • Recul démocratique

    Je relaie ...

    Ce printemps, plus d'un million d'électeurs voteront obligatoirement à l'aide d'ordinateurs de vote : dans une grande partie des Hauts de Seine, à Amiens, Brest, le Havre, Reims, Le Mans, Mulhouse, etc...

    Une fraude pèserait sur le résultat des élections nationales.
    L'urne transparente et le dépouillement public sont remplacés par un ordinateur dont il est impossible de vérifier les résultats et dont on ne peut rien savoir pour cause de secret industriel.

    Vous n'êtes pas au courant ?
    C'est normal, il n'y a eu aucune information sur ce sujet, aucun débat...

    http://recul-democratique.org/petition/

  • Discriminations

    C’est très certainement l’opération de testing la plus importante jamais réalisée en France. Pendant 6 mois, de la fin 2005 à l’été 2006, 2 323 employeurs ont fait l’objet d’une enquête masquée menée à Lille, Lyon, Paris, Marseille, Nantes et Strasbourg par un organisme dépendant des Nations Unies, le Bureau international du travail (BIT). Les résultats inspirent une honte intégrale.

    Seuls 11% des recruteurs testés ont respecté une égalité de traitement entre le (faux) candidat blanc et l’autre, qu’il soit noir ou maghrébin, seuls critères discriminants pris en compte par le Bureau. La suite, c'est .

    Ajout du 22 mars

    Un blog de plus dans mes liens et celui-là, il fait vraiment plaisir ! L'espoir n'est pas vain.

    http://recrutement.over-blog.com/

  • Ca nous rajeunit pas ...

    medium_Bimbo.jpgLa musique accompagne tous les moments de notre vie, des meilleurs aux pires. Certaines mélodies me mettent un cafard monstrueux et d'autres me font instantanément sauter en l'air comme une gamine.

    Aux dires de ma mère, j'ai été très tôt une "show girl" qui dansait tous les soirs en écoutant le hit-parade dans la cuisine familiale. La plus lointaine chanson dont je me souvienne, c'est précisément celle qui figure là, à gauche :  "El Bimbo". J'ai été envahie d'une profonde tristesse à chaque fois que j'ai entendue cette chanson, ensuite. Ca m'évoque les bals militaires de mon enfance, mon père à la guitare, les longues robes de ma mère, un univers festif et rassurant.

    Petite, j'étais fan de Dave et aussi C. Jérôme, hé oui, j'aimais les blonds à l'époque !

    Plus tard, en Allemagne, je mettai le nez dans les disques de mon père et me pris de passion pour Cloclo, pourtant déjà disparu. Je connais encore, par coeur, une bonne partie du répertoire. Ca bluffe mon frère à tous les coups. "Je sais", "Les cloches sonnaient", "17 ans" étaient mes préférées. Mes Nöel enneigés, je les fêtais avec Bob Marley et Boney M en fond sonore.

    Avec l'entrée en 6ème, c'est la vie en internat à Baden-Baden et mon premier walkman. Les retrouvailles dans les toilettes dès l'extinction des feux où avec mes copines et les "grandes", on dansait sur "Femmes" de Jean-Luc Lahaye ou "Words" de Fr.David.

    1984, arrivée à Paris. A Noël, ma mère m'offre une cassette de Cock Robin. Je découvre aussi Duran Duran, Wham, Jimmy Sommerville qui supplie "Don't leave me this way". Moi, je suis amoureuse de George Michael. Mon plus grand regret à ce jour reste de n'avoir pas encore réalisé mon rêve de jeune fille, danser un slow langoureux sur "Careless Whisper".

    J'ai 13 ans et les vacances à la Baule, ou je rencontre Laure qui est bien plus éveillée que moi, restent un merveilleux souvenir. Ensemble, on écoute Axel Bauer sur "Cargo de nuit" en rêvant au premier baiser. Pour ma mère, la chanson qui me représente le mieux reste "I want to break free" de Queen.

    J'ai 14 ans et j'aime toujours les blonds. Mes ami(e)s au camping sont hollandais(es). Sur "Life is life" et "Susanna", je saute avec eux, bras dessus bras dessous sur la piste de danse d'un camping quelconque. Avec ma mère, on chante "Femme libérée" de Cookie Dingler et "Ils s'aiment" de Daniel Lavoie. Mon virage vers les musiques noires s'amorce. J'embarque mon petit frère au cinéma pour voir "Purple Rain". Un grand moment que la découverte de Prince.

    En 1988, sur la route des vacances vers le Sud, on passe à Orange, fief du FN, en chantant à tue-tête "Asimbonanga" de Johnny Clegg et "I love Paris" d'Alpha Blondy; c'est mon petit frère qui m'a initiée aux rythmes africains. Combien d'heures mes parents nous ont patiemment supportés, en train de nous égosiller en zoulou à l'arrière de la voiture !

    17 ans, premier grand amour qui me séduit en me faisant écouter de la funk sensuelle. J'ai nommé Babyface, Bobby Brown, Surface, Ready for the World et "notre" chanson "In my room", Al B Sure, Karyn White. Premier chagrin d'amour aussi sur lequel je pleure amèrement en me repassant en boucle "Games" de Shalamar. Premières sorties en boîte, le Bobino et le Rex, ou je fais des complexes en dansant sur "I've got the power" et "Dub be good to me". Epoque funk toujours (et pour toujours), mais aussi rap avec Public Enemy et son "911", Gangstarr, Ice Cube. Et puis tout s'accélère. Je suis une adulte, je travaille. Moins rebelle, j'écoute aussi du jazz. Dans ma collection, il y a du Miles Davis mais aussi la BO de Zorba le Grec, Marvin Gaye, Bob toujours, Prince aussi et Bobby Mc Ferrin. Septembre 94, j'emmène Esperanza en vacances au Canada et on roule, toutes fenêtres ouvertes, en chantant avec Coolio sur "Gangsta Paradise".


    podcast

    1996, c'est l' arrivée à Dublin et l'immersion, pour quelques années, dans la pop anglaise. Sur Grafton street les chanteurs irlandais hurlent "You're my wonderwall" d'Oasis. Vacances à la Barbade avec C., ma copine hôtesse, c'est l'époque de No Doubt et "Don't speak".

    Puis la rencontre avec le grand amour qui me chante "Sophia" de Ismael Lo. Moi je lui fais découvrir le raï et Marvin. Plusieurs années après, nouvelle peine d'amour et des mois sans pouvoir écouter "The scientist" de Coldplay.

    Et ma nouvelle vie de célibataire, c'est quoi ? Allez, au choix ... "Supernature" de Cerrone.

    Et vous, quelle est la ou les chansons qui vous ont le plus ému ?