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2yeux2oreilles - Page 93

  • Free Spirit, toujours, tu chériras la mer !

    Photo271.jpgJ'avais prévenu ma collègue : "J'ai ma robe de plage et mes tongs" (spéciale dédicace à CUI).Le midi, nous déjeunons "chez Eric", route de la flotte, un restaurant sans prétention mais où tout est fait maison, à commencer par le sourire du patron. En salle sont exposés les peintures, lampes sur bois flotté et miroirs réalisés par sa femme.

    19h, j'entre dans ma chambre d'hôtel sur le port de Saint Martin de Ré, je jette ordinateur, jupe et escarpins et respire : transformation de la business woman en vacancière éphémère.

    15 minutes plus tard, J. me rejoint sur le port. Juchée sur des talons haut, elle découvre, amusée, ma tenue légère et rebrousse les talons pour se mettre les orteils au frais. Nous nous promenons parmi les vacanciers hâlés avant de nous attabler au Bélem. Brochette de langoustines en tempura, filet de bar sauvage rôti, crème brûlée au pineau sur verre de rosé.

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    Un mâle alléché par mes odeurs marines me fait de l'oeil, je crois même qu'il louche sur moi ...non ?

     

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    A 21h30, la fatigue se fait cruellement sentir car nous avons pris le train ce matin à 6h. Tant pis pour les glaces aux étranges arômes, "cornes de gazelle", "schtroumpf", "lait d'amande praline", "pomme de terre de l'île" ou encore "huître de l'île et caviar" (???), je m'enfonce dans les oreillers moelleux de mon lit et surfe sur les blogs amis.

    7h le lendemain, mon réveil sonne, j'ai une tête de chouette mais je ne résiste pas à la lumière du matin sur le sable blond.

    Je saute dans mon short et mes baskets et traversant le port désert, je rejoins les remparts où sur quelques foulées, surplombant l'océan, je respire l'air du large à pleins poumons. Étirements, douche, je remets ma tenue de travail et m'offre un petit déj en terrasse au milieu de tablées d'anglais. Qu'il est étrange de marcher en tailleur et escarpins parmi les cyclistes dénudés alors que nous rêvons de flâner à vélo.

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    Le soir, sur un quai de la gare de la Rochelle, nous hésitons. Et si nous posions notre vendredi et allions trouver refuge chez mamie Coco, au milieu des vignes ?

    Hélas, la raison l'emporte et notre train aussi, dispersant nos rêves de liberté. Et dire que je n'ai même pas eu le temps de choper une bouteille de pineau de l'île de Ré et une galette charentaise !

    Chez Eric, venelle de la Cristallerie, Saint Martin de Ré (05.46.09.08.60)

    Le Bélem, 29 quai de la Poithevinière, Saint Martin de Ré (05.46.09.56.56)

    On m'a égalément conseillé, pour un séjour prochain :

    L'hôtel le Peu Breton à La Noue.

    La crêperie-pizzeria-couscous Les Tilleuls, à La Noue aussi, et le restaurant gastronomique la Baleine Bleue, sur l'îlot de Saint Martin de Ré.

    * titre de note librement inspiré d'un poème des Fleurs du Mal.

  • Quand l'inattendu nous tombe dessus

    Loustaou.JPGCe devait être une soirée tranquille, un resto avec Quine et Boug', dans le quartier de l'Opéra. J'étais fatiguée et m'étais promis de rentrer tôt ...

    J'avais dégoté un resto, "Au Gourmand", dont les desserts m'avaient intriguée. J'étais en avance, figurez-vous, alors en attendant que Quine nous rejoigne, nous sommes allées nous en jeter une dans un bar voisin, l'Oustaou, rue de Richelieu. Il y avait du monde sur le trottoir, et un happy hour, alors on s'est bu une pinte et j'ai tout de suite aimé l'endroit, le rouge des murs et des chaises, le sourire lumineux du gérant, et celui de la jeune fille qui m'a laissé piquer dans ses olives, le solex accroché au mur, et la musique, d'enfer, du pur son Novaesque.

    Le restaurant tint ses promesses, tant au niveau du service que du goût. Après de délicates mises en bouche, purée de pommes de terre aux truffes et nage de coques, nous nous sommes laissées surprendre par un chevreau rôti au curry épicé sur crème d'amandes torréifiées, un pigeonneau poché à l'eau de rose, chutney de rhubarbe et petits pois et la nage du jour au beurre d'agrumes mousseux. Les sauces étaient à tomber et les desserts vraiment surprenants : une fourme d'Ambert sur feuilleté aux poires pour Boug', un soufflé à la passion, à la croûte craquante et fondante pour Quine et une pomme de terre Charlotte vanillée, confiture de persil er sorbet fromage blanc pour moi. Un sans faute et une adresse à retenir, élégante et feutrée, avec le sourire courtois du patron et les Car-en-sac et fraises Tagada offerts avec l'addition.

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    Après le repas, comme CUI devait nous rejoindre, nous sommes retournées à l'Oustaou. A presque 23h30, l'endroit s'était vidé mais les sourires et la musique étaient toujours là. CUI est arrivé, R. a monté le volume de la sono, il n'y avait plus que nous 4 et un habitué, on a descendu le rideau de fer et le banquier a tombé la chemise en disant "J'aime les gens".

    Et là, c'est devenu un joyeux bordel, R. qui danse super bien, Y. qui chauffe l'ambiance et M. qui m'a fait monter sur le comptoir pour shaker nos booty. La mission en compensées de 10 cms, j'ai fini en nage, Boug' essayait parfois un "Bon Fiso, on y va...?" mais ça manquait de conviction, elle même n'y croyait pas trop et chaque morceau me ramenait sur la piste, Michael, Wax Tailor, Bob Dylan.

    CUI quand à lui, entre deux pas de danse, se faisait un plan bizarre avec les ventilateurs, 3 d'un coup, on aurait dit qu'il leur parlait, Boug' se laissait rafraîchir le corps mais pas les sens par les glaçons qui ont fondu sur nos peaux moites, Quine était pliée de rire et l'atmosphère était ... comment dirais-je ... merveilleusement animale.

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    A 2h30, après un dernier pour la route, cul sec mais cheveux mouillés, on a repris un taxi, j'ai mis Quine au lit, et dire qu'on est que mardi ... mais p'tain quelle soirée de folie !

    On se reposera bien assez le jour où on sera séchés, non ? En attendant, vivons !

  • Le tout dans une ambiance joyeuse et festive

    Note à "une passante" : Ne lis pas ce qui suit, je ne veux pas te foutre le cafard. Vraiment pas.

    Il fait beau. C'est une belle journée d'été, une brise légère la rend plaisante. Une de ces journées où je pourrais regarder par la fenêtre, suivre du regard les mouvements chaloupés des passants, les vélos qui roulent, rutilants, et me dire que la vie est belle.

    Je pense à elle, au frais sous plusieurs mètres de terre, seule.

    A son regard brun et chaud, son sourire humble, sa légèreté aérienne, ses longs cheveux qui s'envolaient quand elle dansait avec son dégingandé de mari. Aujourd'hui, il ne danse plus, il passe ses soirées à écrire à l'absente. Si elle le voyait, là, elle qui se plaignait qu"il ne soit jamais à la maison.

    Il pleure, les bras levés vers le ciel, il regrette, il a froid. Il crie "Aimez-vous" mais personne n'entend, persuadés qu'ils sont d'avoir le temps.

    Ses journées sont rythmées par ses visites au cimetière, deux fois par jour. Quelle absurdité que cette vie.

    ***********

    Je pense à elle, enfermée, seule.

    A ses yeux de féline devenue biche aux abois, ses mains jointes comme une prière, tordues de douleur.

    Je la regardais, en silence, et je ne disais rien. Je suis comme un chat qui témoigne son attachement en clignant des yeux. Ne pas la prendre dans mes bras, pour ne pas pleurer ou pire la faire pleurer, être juste là, avec elle, une présence bienveillante.

    Je l'aime, elle me manque déjà tellement. Hier soir, j'ai bu un peu de framboise, à sa santé, comme elle me l'avait demandé, mais j'avais envie de pleurer, à la savoir seule entre quatre murs, face à des gens pour lesquels elle n'est qu'une patiente de plus.

    Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs. Elle se cogne, affolée, aux vitres, illusions de liberté, et à chaque bruit sourd, j'ai mal. Quelqu'un va-t-il enfin lui ouvrir la fenêtre ?

    ***********

    Je pense à elle, envolée, seule.

    A son sourire trop rare, ses lèvres minces, sèches comme un horizon fermé, ses yeux sans émotion, son ton coupant, souvent.

    Des années de désamour ont érigé autour d'elle une barrière que peu s'avisent de franchir. Elle essaie de ne plus y croire mais elle est jeune, encore.

    Elle dit « Tu te rends compte, je m'offre des massages pour qu'on me touche. Ca fait des mois qu'on ne m'a pas touchée, caressée. Personne ne me touche jamais. » On en rit mais elle sait que je sais.

    Je pense à la solitude de ces corps vieillissants et flétris, à ces visages de cire dont on embrassera peut-être le front, sur leur lit de mort, pour une dernière caresse qu'ils ne goûteront même pas. C'est ridicule.

  • La vérité sort de la bouche des enfants

    18969795_jpg-r_160_214-b_1_CFD7E1-f_jpg-q_x-20080808_040530.jpgIl m’a repérée depuis longtemps. Faut dire que je ne passe pas inaperçue avec mon volumineux chapeau vert émeraude. Je traîne autour du bar, il me tend une coupe. « C’est de la soupe champenoise, champagne, cointreau, sucre, citron. Vous en buvez deux et au lit. »

    « Merci, il paraît que la soupe fait grandir, donnez m’en un bol » dis-je au charmant homme préposé au service.

    Sur le carton d’invitation aux épousailles des jeunes tourtereaux qui totalisent 121 ans à eux deux, il était écrit « Pas de chapeau, pas d’accès au château ».

    Alors, avec la complicité de mon pote et ex-coloc M’sieu Shik Shik, qui porte presque le même, j’ai mis mon chapeau irlandais « Saint-Patrick day 2010 » que j’ai durement gagné au championnat de lever de pintes de Guinness, au Shannon, cette année. Et tant pis si ça ne va pas avec ma robe.

    Au vin d’honneur, un homme m’aborde. Me présente son copain, qu’il appelle Mike Hammer. Je ne savais pas que le ténébreux moustachu avait des origines guadeloupéennes. « Vous êtes très beau » dis-je en lui tirant le portrait.

    Le copain de Mike me drague gentiment , il est très drôle. Quelques minutes plus tard, un gamin lui tire la manche : « Papa … »

    « Mais pourquoi tu m’appelles Papa ? Je suis ton tonton ! » s’écrie J.

    « Mais Papa ! … »

    « Ah ben bravo, vous c’est grillé, moins dix ! » dis-je en me marrant avec Mike (Hammer)

    « Oui, j’avoue, c’est mon fils, mais sa mère est loin »

    « Ben non, elle est juste là derrière, maman » réplique le gosse …

  • Too bad for Daddy

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