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2yeux2oreilles - Page 96

  • Couacs au Diapason

    En février dernier, Boug' avait organisé un brunch dominical au restaurant du très classe Terrass Hôtel à Montmartre.

    La dizaine de convives, très majoritairement féminines (détail mentionné uniquement pour attirer quelques hommes à la prochaine session) avait été enchantée tant par la qualité des produits que par l'élégance du lieu et la courtoisie du service. Pour 25€, le Diapason proposait alors, à volonté, un buffet copieux et raffiné faisant la part belle aux produits bios, où à côté des traditionnelles viennoiseries, céréales et produits laitiers, on trouvait notamment du jus d'oranges pressées, charcuteries et fromages fins, financiers et autres mignardises. Le buffet était complété par un plat chaud. Dans la salle, on trouvait tout à la fois des tablées familiales, amicales ou amoureuses.

    Après le brunch, nous étions montés sur la très belle terrasse de l'hôtel, nous promettant d'y revenir aux beaux jours.

    Nous guettions avec impatience l'occasion de revenir nous régaler au Diapason et comme souvent, c'est la venue de Gicerilla qui nous l'offrit. Boug', pourtant initiatrice de ce nouveau rendez-vous, fut empêchée et c'est donc en compagnie des fidèles Petite Française et Wildcat, ma petite lurker italienne, ainsi que de Gi flanquée de 4 de ses amies, que nous avons réitéré l'expérience.

    Une table en terrasse nous a été refusée car celle-ci est "réservée pour la Fête des Mères". Pas droit à la terrasse donc mais on nous annonce une majoration de 5€ "Spécial Fêtes des Mères". Et ne croyez pas qu'une rose ou autre attention nous attendait. Tu paies juste plus cher pour la même chose (du moins le croyais-je encore). Sympa, la Fêtes des Mères, au Diapason, non ?

    Après la Saint-Valentin, je vais donc inscrire la journée de la Fête des Mères dans mon calendrier des jours où je fuis les restaurants.

    Le serveur vient prendre notre commande. La table compte 3 jeunes femmes souffrant d'allergies alimentaires et celles-ci s'enquièrent auprès du monsieur de la composition des plats. Dès que celui-ci entend le mot « allergie », il lève un sourcil et décoche un regard noir à la jeune femme, à un tel point que celle-ci s'en offusque. Il prend toutes les commandes, passablement agacé, et part en concluant « Ah, je comprends pourquoi vous êtes célibataires, vous avez toutes des problèmes ! ».

    A ce moment-là, on aurait dû lui planter sa table, à ce goujat, et se casser, mais trouver une table pour 8 un dimanche dans ce quartier aurait relevé de l'exploit. D'abord, déjeuner entre femmes ne signifie pas qu'on soit vieille fille. Ensuite, le Diapason devrait s'y mettre, justement, au diapason, car les intolérances alimentaires sont en constante augmentation dans nos sociétés occidentales.

    Je pressens déjà que ce sera ma dernière fois au Diapason. Une des jeunes allergiques en profite pour nous recommander un brunch sans gluten délicieux dans un restaurant de la rue Lepic, "Des Si & des Mets", qui a séduit ses amies « diversivores ».

    Après quelques minutes, les plats sont là et ils sont aussi maussades que notre serveur. Le riz cantonais qui accompagne mon filet de poisson est une bouillie compacte (la jeune femme qui recueillera nos doléances à la fin du repas confirmera que les cuisiniers se sont trompés et ont utilisé un riz à risotto). La jeune allergique au gluten écope de petits pois en boîte et celle qui, allergique aux plantes de la famille des Alliacées, a demandé un hamburger sans oignons se voit servir un hamburger ...aux oignons. Heureusement qu'elle a vérifié avant de mordre dedans, on a frôlé l'intervention des pompiers.

    C'en est trop pour notre serveur qui décide de nous abandonner et nous confie à un collègue beaucoup plus souriant et sympathique. Aucune de nous ne se régale. Cette fois, c'est décidé, nous ne reviendrons plus. Nous faisons un tour au buffet en quête de douceurs. La même pâte est utilisée sous toutes ses formes : financiers, muffins, cakes. Il n'y a plus de macarons. Une envie de fruits frais ? Oubliez, ils sont tous tachés.

    A la table voisine, j'entends des femmes se plaindre de la non-qualité de la bouffe, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit.

    L'addition nous est amenée par une charmante jeune femme, accompagnée d'un questionnaire de satisfaction. Quelle bonne idée ! Me voyant, munie d'un stylo, tirer la langue en me demandant par quoi je vais commencer, elle demande si tout s'est bien passé et écoute nos jérémiades pendant de longues minutes. « Nous avons eu beaucoup de retours négatifs, aujourd'hui », confirme-t-elle. « Laissez votre e-mail, on vous contactera ». On ne m'a pas contactée et quand bien même, je doute qu''une prestation aussi piètre se rattrape.

    C'était le Diapason, ou comment en moins d'1 an d'ouverture, on passe de délicieux à dégueulasse.  

     

  • Ne le dîtes à personne !

    Tonnegrande n'a pas tout à fait tort. Je me balade régulièrement dans les rues sans culotte et sans soutif, mais pas à vélo comme il l'a souvent insinué.

    Non en fait, moi, mon problème c'est quand je sors de la piscine. Pour gagner du temps et parce que ma piscine locale manque cruellement de cabines, j'enfile mon maillot de bain (2 pièces, clin d'oeil à Boug') chez moi. Sauf qu'une fois sur 2, j'oublie de fourrer dans mon sac les deux morceaux de tissu qui remplaceront le maillot au retour. Et je rentre chez moi le cul (et le reste) à l'air. Ben entre nous, c'est pas désagréable ... Faudra juste que j'évite de faire un malaise ou de me vautrer lamentablement pendant les 10 minutes qui séparent la piscine de chez moi. Et aussi que je fasse gaffe aux coups de vent.

    Ce soir, je n'ai pas oublié ma culotte.  C'est ma serviette de bain que j'ai laissée chez moi. C'est donc mouillée que j'ai remis mes fringues. Sur le chemin du retour, j'ai appelé ma mère que ça a beaucoup fait rire (bon, elle a avoué s'être sifflé une demi-bouteille de rosé, aussi) et qui s'est écriée : "Ah c'est jouissif !"

  • Voulez-vous goûter avec moi ce soir (3)

    Iggy'style.jpg.jpgProfitons de ma présence prolongée à Paris pour nous retrouver jeudi prochain, le 10, autour d'un verre et d'un dîner. Comme les fois précédentes, que vous soyez blogueurs, amis ou inconnus, vous êtes bienvenus.

    Ca se passera à partir de 19h dans mon QG (pour ceux que j'y ai déjà emmenés, pas la peine de vous dire où c'est), une brasserie au très bon rapport qualité-prix qui propose cochonailles, salades, viandes goûteuses et poissons pour des plats aux alentours de 15€. Si vous êtes carnivore, vous allez vous régaler ! 

    Merci d'annoncer votre présence ici ou par mail, mercredi soir au plus tard, afin que je réserve.

  • Festival de l'Oh!

    Ca y est, c'est reparti, comme chaque année depuis déjà 2 ans, en ce qui me concerne, le Festival de l'Oh! se tient sur les berges franciliennes de la Seine, de la Marne et même de l'Yerres, les 12 & 13 juin prochains.

    L'invitée d'honneur, cette année ? C'est nous, les filles ! LA FEMME ! Un peu que j'vais y aller !

    En tout, 14 escales où on fera la fête : Saint-Ouen, Paris-Bercy, Ivry/s/Seine, Alfortville, Choisy-le-Roi, Villeneuve Saint-Georges, Créteil, Champigny/s/Marne, Joinville le Pont, Bry/s/Marne, Neuilly-Plaisance, Neuilly/s/Marne, Gournay/s/Marne et un petit nouveau, Périgny/s/Yerres.

    Il y aura des promenades commentées, des balades à vélo, des activités nautiques, de l'art joué, chanté, dansé, exposé, des croisières vraiment pas chères (2€), des débats, des spectacles sur l'eau.

    Cette année aussi, des invités prestigieux : Titouan Lamazou qui exposera ses portraits de femmes du monde à Bry/s/Marne, l'orchestre symphonique du RSO qui emplira l'air de ses mélodies à Ivry/s/Seine et Alfortville.

    Si vous ne connaissez pas ce merveilleux festival populaire, vous pouvez toujours lire mon billet sur l'édition précédente. C'est une manifestation joyeuse, qui ravit les enfants de 7 à 77 ans et en plus vous ferez un geste solidaire.

    Je vous ai inséré quelques liens, ci-dessus, pour vous donner l'Oh! à la bouche. Pour accéder au programme complet, il vous suffit de cliquer sur l'affiche colorée, là, à gauche.

    Moi j'y serai bien sûr, avec mon amie Boug', et si vous avez envie de nous y croiser, vous avez mon mail dans la colonne de gauche.

    J'ai déjà repéré un stand qui va lui plaire, quand à moi, je vais me fier à ce qu'on m'a soufflé au creux de l'oreille : Eau de là à Champigny, Mama Riverside à Paris-Bercy, Le Rêve de Vénus à Créteil.

    Je ne sais pas comment j'irai, à pied, en vélo ou à la nage, mais j'y serai ! Et vous ?

  • E., le marathonien à bout de souffle

    Il y a quelques semaines, il était réapparu sur le site de la SPH avec ce message « Tu vois, je suis à nouveau là ! ». J'avais répondu « Dis donc, j'ai jamais reçu mon billet d'avion ! » La dernière fois qu'il m'avait écrit, c'était en ces termes : « Bravo, tu as gagné un voyage pour la Papouasie, allez bye ».

    Il était sympa le marathonien mais assez déprimé. Pressé de « trouver quelqu'un », il enchaînait les plans cul et se réveillait avec la nausée. Il m'avait plusieurs fois proposé de se rencontrer mais je n'en avais pas envie. Un soir où il avait vraiment le blues, nous avions échangé longtemps et j'avais sollicité ses conseils de sportif. Quand il avait demandé « Tu ne trouves pas ça triste d'être seule ? », j'étais restée interdite. Heu, je suis censée dire quoi, là ? J'avais répondu ma vérité « Je ne suis pas seule mais célibataire. Et je ne trouve pas ça triste, non. »

    Une semaine plus tard, il avait oublié mon prénom. Je discute, moi aussi, avec plusieurs personnes simultanément mais j'ai au moins la délicatesse de me rafraîchir la mémoire en parcourant nos précédents échanges. Le jour de la St Valentin, n'ayant pas lu ce billet, il avait eu le mauvais goût de m'inviter à déjeuner. Devant mon refus, ferme mais courtois, il avait fait son Caliméro « Personne n'est jamais dispo pour moi ». Je l'avais mouché « Tu devrais arrêter de te taper tout ce qui bouge, tu t'emmêles les pinceaux et tu en veux à la terre entière ».

    Aujourd'hui, après une pause d'un mois, il semble plus serein et propose un verre, que j'accepte. A une station de la ligne 4, je suis tirée de ma lecture par trois africains qui chantent et jouent de la guitare sur le quai. Je connais cette voix... Je penche la tête, croise son regard. Oumar ! Merde, si je n'avais pas rendez-vous, je me serais assise à côté d'eux pour les écouter. J'espère, sans grand espoir, qu'ils soient encore là au retour.

    Je retrouve E. devant l'église St Eustache, alors qu'une pluie fine et triste commence à tomber. Crâne rasé, svelte, il porte une veste en velours bleu marine. Nous entrons dans un pub. Devant ma pinte de Guinness, il dit « C'est rare une fille qui boit de la bière ». Je sais. Nous nous installons et crions un peu au-dessus de nos verres car les écrans diffusent un match de rugby. Il est beaucoup plus détendu en vrai. Il travaille beaucoup avec mon ancien employeur. Explique qu'il s'est désinscrit parce qu'il ne supportait plus « ce baisodrome », qu'il trouvait pathétique de se réveiller le matin à côté d'une inconnue. Raconte cette femme qui, « après s'être jeté l'un sur l'autre comme des bêtes », avait adopté une attitude de femme amoureuse. « Elle va arrêter de me caresser le crâne, elle n'a jamais rencontré de chauve de sa vie, ou quoi ? » s'était-il demandé en bondissant sur ses deux jambes.  « Tu sais, le jour où tu m'as écrit que je devrais arrêter de papillonner parce que ça me rendait amer, tu avais tout à fait raison, c'était exactement ça », dit-il.

    Plus tard, nous voici attablés devant un chiche taouk, dans la rue Montorgueil. Alors qu'il parle, les yeux humides, de ses deux petits garçons « Quand je les retrouve, on se roule par terre, on dirait un lion et ses deux lionceaux », je pense avec amusement à mon tout dernier billet. J'ai exagéré, bien sûr. Je trouve cette nouvelle génération de pères très touchante. De là à le mettre sur son CV ...

    Maintenant il me demande pourquoi, d'après moi, je suis seule.  « Je vais te dire ce que j'ai pensé en te voyant. Ma première impression me trompe rarement. Avec toi, j'ai l'impression qu'on n'a pas droit à l'erreur. Ils te disent quoi, tes amis ?» Faudra que je leur demande, tiens.

    Nous nous séparons dans le métro. Je lui souhaite de bonnes vacances. Et reçois un sms quelques minutes plus tard « Navré de te quitter ». Puis d'autres. « Trop timide ». « J'aurais bien fait un câlin ». « Pas toi ? » J'envoie un sourire suivi de « Non. Profite bien de Lyon ».

    A la station Raspail, les sièges en plastique vert céladon sont vides, et le quai silencieux. J'enverrai un message à Oumar.