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2yeux2oreilles - Page 142

  • It's all just a show

    "Un jour dans le métro parisien, 8h du mat, j'avais le moral au fond des chaussettes. Dans ce wagon qui m'amenait à l'abattoir, j'étais la tête basse, au bord des larmes... Doucement, je ne sais pas pourquoi, peut-être pour que le trajet passe plus vite, pour diluer ce début d'eau salée dans mes yeux, dans une vaine tentative de me décoller de mes pensées mais plus sûrement encore dans l'espoir illusoire de trouver autre chose que le collier de stations que je connaissais par cœur, j'ai vaguement levé les yeux. Et là ils ont fait "marche arrière". Je n'avais pas halluciné, quelqu'un s'était amusé à écrire "'n roll" après la station Duroc. Et bien cette personne dans la simplicité de son geste, a sans le savoir réussi à m'arracher un sourire intérieur et m’apporter la lichette de bien-être qu'il me fallait à ce moment très précis. Et je l'en ai remercié."
    (anecdote de PJ lue sur le blog Mes Mots Random)

    Un soir de novembre, en ouvrant la porte sur le vide d'un appartement froid et silencieux, Fiso le petit robot, qui avait bien fait son show toute la journée, s'est écroulée. Longtemps après, quelqu'un a sonné à la porte, elle a hésité, a couru mettre de l'eau fraîche sur ses yeux rougis et a ouvert. Ils sont entrés, se sont assis, ont discuté. Elle les a fait beaucoup rire, ils sont restés longtemps.

    En repartant, le vieux monsieur a dit "Quel plaisir de rencontrer quelqu'un avec une pêche pareille, vous êtes tout le temps comme ça ?" et sa collègue a acquiesé.

    Après leur départ, Fiso a allumé la lumière et mis de la musique gaie. Elle n'avait plus envie de pleurer. Elle a dansé et remercié intérieurement le vieux monsieur.

    Depuis, chaque année, Fiso se répète qu'il faut absolument qu'elle résilie ce contrat d'assurance-décès ...

  • Saut en hauteur

    Marceau sein.jpgJ’avais laissé mon vélo dans le parking de la société hier soir. Pas le courage, après 2 nuits quasi-blanches, de pédaler contre le vent qui agitait violemment les arbres sur le parvis.

    Ce matin, donc, je descend du tramway et je vois mon bus me démarrer sous le nez. J’agite les bras désespérément pour qu’il m’attende – ce qu’il fait - et pique un sprint (en talons et jupe mais ça, je suis habituée).

    Et là, en pleine course, mon sein droit s’élance lui aussi, fait une échappée remarquable et passe par-dessus la dentelle.

    Je suis montée dans le bus, comme si de rien n’était, et ai remercié le chauffeur de m’avoir attendue. Ce n’est qu’une fois assise que j’ai remis le fourbe à sa place.

    [ne jamais courir ou te pencher quand tu portes un balconnet, Fiso, tu devrais le savoir pourtant…]

  • Retourner au point de départ

     

    (Un soir de septembre, dans un tramway, il lui a mis son casque sur ses oreilles et a dit : « Cette chanson, je l’ai écoutée en ne pensant qu’à toi ».

    Les premières notes de piano ont résonné. Sur ses joues, les larmes ont coulé sans fin. A quoi bon demander pardon ?

    Tard dans la nuit, elle s’est endormie contre son torse.

    Au petit matin plein de promesses, ils avaient décidé de revenir ensemble « là où tout avait commencé ». Mais le temps avait fragilisé leur amour et il s’est cassé en mille morceaux comme un vase ébréché.)

     

    Come up to meet you, tell you I'm sorry
    You don't know how lovely you are
    I had to find you, tell you I need you
    Tell you I set you apart

    Tell me your secrets and ask me your questions
    Oh let’s go back to the start
    Running in circles, coming in tales
    Heads are a science apart

    Nobody said it was easy
    It's such a shame for us to part
    Nobody said it was easy
    No one ever said it would be this hard

    Oh take me back to the start

    I was just guessing at numbers and figures
    Pulling your puzzles apart
    Questions of science, science and progress
    Do not speak as loud as my heart

    Tell me you love me, come back and haunt me
    Oh and I rush to the start
    Running in circles, chasing tails
    And coming back as we are

    Nobody said it was easy
    It's such a shame for us to part
    Nobody said it was easy
    No one ever said it would be so hard

    I'm going back to the start

     

     

  • La rua Madureira

  • Sur la route de Carennac

    Après un festin de saucisse de Puybrun – j’en reparlerai -, courgettes du jardin et une bonne sieste, O. propose une petite balade à vélo jusque Carennac, un des plus beaux villages de France.

    Y. et moi héritons de vélos estampillés « Raymond Poulidor », « promos d’il y a 30 ans », précise O.

    Je l’aurais deviné, vu la manette de vitesses – très limitées - sur le cadre et le bruit de ferraille !

    Ca fait bien longtemps que je n’ai pas fait de vélo avec des copains. La dernière fois, il me semble, c’était il y a presque 20 ans, avec JM et son pote d’enfance O., du côté de Saint Quentin. On avait fait la course et je m’étais lamentablement vautrée dans une descente.

    Mais pour l’heure, sur ce vieux vélo noir et dans la brise rafraîchissante de la campagne lotoise, mes souvenirs me transportent plutôt sur un vieux vélo orange, dans un village de Charentes posé sur une butte.

    Les 4 kms jusqu’à Carennac sont un enchantement ; la route s’enfonce tantôt sous la fraîcheur de pruniers et noyers, tantôt déroule son serpentin gris clair à travers champs de maïs et plantations de tabac. Je réfrène une envie de m’arrêter et de caresser la chevelure violette des épis de maïs, comme nous le faisions alors avec mon petit frère. A droite, nous dépassons un séchoir à tabac. C’est joli, d’ailleurs, le tabac. J’ignorais qu’on le cultivait par ici.

     

    I. et moi devisons sur le caractère hautement érotique des champs de maïs. « C’est comme le jardinier dans les films pornos », dit-il.

    Bientôt, nous passons sur un pont au-dessus de la Dordogne. Plus loin, nous tournons à droite et montons jusqu’au village de Carennac.

    Dans la jolie église Saint-Pierre de Carennac, je m’amuse du présentoir –vide - sur lequel il est écrit :

    « Croire … des réponses à vos questions, servez-vous »

    « Et après, on s’étonne que les églises soient vides … », dis-je à I., hilare.

    Quelques minutes plus tard, une vielle dame dans une robe en polyester bleue nous chasse gentiment d’un « On ferme ! ».

    Les maisons du pays, en pierre d’un blanc un peu ocré, sont vraiment belles avec leurs pigeonniers, leurs toits de tuiles plates, leurs lucarnes et leurs bolets (perron et escalier de pierre extérieur).

    O. explique que ce sont les résidents secondaires, et notamment les Anglais, qui ont contribué à la remise en beauté du village de Carennac, alors un peu laissé à l’abandon. En acquérant de belles maisons lotoises, ils ont fait sauter le crépi, qui devint à la mode à la fin des années 50, et révélé toute la luminosité des façades de pierre.

    Carennac.jpg