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2yeux2oreilles - Page 145

  • Auto-satisfaction n° 1

    Il y a très exactement 2 semaines, et pratiquement à cette heure-ci, Orlyval  déversait son flot de voyageurs –dont moi- dans l’aérogare Ouest de l’aéroport d’Orly. Soit dit en passant, j’ai pas reconnu ce bon vieil aéroport où j’ai commencé ma carrière  dans l’aérien … clair, aéré, des boutiques à gogo(s),

    Les compagnies El Al et American Airlines ont disparu, la Brioche Dorée aussi. Très en avance (ça vous en bouche un coin, hein ?), j’ai siroté un smoothie à la mangue au comptoir tout neuf de Zumo en me repassant la liste des liquides présents dans mon bagage à main (ben oui, je ne voyage pratiquement jamais avec des bagages enregistrés - vieille habitude gardée de mes années GP). Je vous le rapelle : désormais, pas plus de 100 ml à la fois, sauf produits achetés en duty-free …

    Shampoing, ok, gel douche, ok, dentifrice, ok, crème sol …. Ma crème solaire toute neuve achetée la veille !! J’ouvre le sac, vérifie : 200 ml. Et merde !

    La crème solaire me monte au nez. Je vais encore devoir laisser mon bidon même pas ouvert à la sécurité. Qu’est ce que ça me gonfle ces conneries !! Dans cette affaire, les seuls à se frotter les mains, ce sont les boutiques sous-douane ! Fini la bouteille de pinard d’un petit producteur à faire découvrir aux copains exilés ! 3 tonnes de produits confisqués  - et détruits - chaque jour pour le seul aéroport de Francfort ! Si ça c’est écologique !

    Je suis bien placée pour savoir que ce sont des conneries. Dans une autre vie, j’ai précisément été agent de sécurité à Roissy et Orly. Un de mes proches - très proche - était démineur. Ces mesures sont avant tout dissuasives.

    Transiter par les US est d’ailleurs devenu insupportable, et pas seulement à cause des odeurs de pieds aux filtres de sécurité. A Dallas où j’étais en transit, j’ai eu la surprise de devoir récupérer mes bagages enregistrés et procéder à un nouvel enregistrement (et rater mon vol !!!!)

    En plus, là-bas, ils confisquent même les produits liquides achetés dans les duty-free européens …

    Ce jour-là, donc, je fulmine. Ah non, ça ne va pas se passer comme ça ! Je réfléchis vite fait à un moyen pour que mon flacon passe inaperçu. Et je trouve. Qui ne tente rien n’a rien, hein ? Au moment du passage aux X-ray, je scrute le visage du jeune homme qui a les yeux rivés sur l’écran. Coup de bol, au moment où le tapis roulant avale mon sac, il se retourne quelques secondes et tape dans la main d’un de ses collègues. Vu, pas vu ???

    Une femme s’avance vers moi : « Madame, s’il vous plaît, votre sac ». Je boude déjà mais elle désigne mon sac à main, pas celui qui contient le bidon interdit !

    Soudain très coopérative, j’ouvre mon sac, en sort mon brumisateur et rétorque d’un air triomphant : 75 ml !

    « Ok, merci Madame et bon voyage ».

    Je la remercie aussi, récupère mes sacs, me retourne et me retiens de crier :

    « Vous vous êtes fait niquer- heu ! »

    PS : Le meilleur c’est que j’ai aussi ramené mon bidon de crème d’Espagne !

     

     

  • Zik à Paris Plage : top départ !

    Ca y est, la période des concerts à Paris Plage démarre !

    Le programme complet est :

    Je ne connais pas beaucoup des artistes programmés alors vos conseils sont les bienvenus. Pour ma part, je vous recommande David Walters et vous préviens que je ne suis pas dispo le 16 août because je ne raterai pour rien au monde (non, même pas toi) Spleen et Kéziah Jones !

  • Dans l'métro (1)

    ligne 13.jpgJe suis debout sous les néons blafards d’une station de la ligne 13. Sur le quai opposé, dans un wagon aux couleurs d’acier qui file vers le sud, tu me regardes. Tes dents blanches apparaissent et me décochent un sourire lumineux auquel je répond.

    Mon métro entre dans la station, j’appuie sur le bouton d’ouverture des portes, rabat un strapontin  et m’assied. A droite, dans mon champ de vision, je sens ton visage tourné vers moi. Au moment où ton wagon s’éloigne, je jette un regard, comme pour dire au revoir. Debout, tu agites les bras debout, désespéré, me fais signe d’attendre. Je hausse les épaules avec un petit sourire, genre « c’est la vie ! »

    Pourquoi les hommes français ne peuvent-ils pas se contenter d’un sourire ?

  • Effets secondaires

    sieste.jpgC’est l’heure de la sieste. Ce moment de la journée où derrière les volets clos, les corps se dénudent et les poils se hérissent de plaisir dans la fraîcheur de la pénombre. La lumière est belle, les lèvres exhalent des odeurs de pastèque, les peaux sont fraîches et les souffles légers.

    Le corps fonctionne au ralenti, invitant à l’amour langoureux. Les mains des amants errent sans but sur la peau et dans une union tendre, leurs sexes palpitent doucement en une caresse intérieure.

    Je suis dans une de ces chambres, inerte entre les draps frais aux parfums de lavande. Endormie dans ma position préférée, celle qui me réconforte et me rend vulnérable, qui tout à la fois me protège d’un autre et m’offre à lui. Une position indécente, paraît-il. Alors un drap léger me couvre jusqu’à la taille, au cas où…

    Et justement, la porte s’ouvre et un ami passe la tête. « Fiso, regarde qui est là... » chuchote-t-il d’un air malicieux.

    Derrière lui, je distingue, comme un mirage, ta stature imposante qui s’avance dans l’embrasure de la porte. Plus tard, tu diras que tu passais à quelques kilomètres de là quand tu t’es souvenu que j’y étais. Mais là, gêné d’interrompre ce moment d’intimité, soudain intimidé, tu hésites, comme ce jour-là.

    Ce jour-là … Nous n’avions fait que parler, et c’était si rassurant après le choc de la rencontre. Les mots me permettaient d'apaiser la tornade que ta proximité déclenchait. Tu étais tellement différent de ce que j’avais imaginé. A tous points de vue.

    Aujourd’hui, je n’éprouve plus le besoin de parler. Mes paupières et mes lèvres sont lourdes, elles ne veulent pas s’ouvrir. Ne parle pas, mon ténébreux amant. Laisse moi émerger doucement de cette délicieuse rêverie, retiens tes mots qui briseraient le silence. Que pourrait dire un homme à une femme, nue sous les draps blancs, dans la pénombre d’une chambre à coucher, sinon des niaiseries ?

    J’ai rêvé et craint ce moment. Je ne l’ai pourtant ni provoqué, ni fui. J’ai attendu, sans hâte, que la vie décide si nos regards devaient de nouveau se croiser. Et même si j’évitais d’y penser, je savais qu’en cet instant, ton regard me happerait comme la première fois et que nous serions connectés. Que plus rien alors n’existerait en dehors de nous deux. Nos retrouvailles étaient une évidence et leur attente un délice.

    Nous en savons assez l’un sur l’autre pour laisser à présent nos épidermes se parler. Je te souris « comme un ange », comme dirait cet ami qui me connaît si bien, et empoigne l’oreiller dans lequel je plonge mon visage, pour tenter de dissimuler le trouble que tu y as semé en quelques secondes. J’ai très chaud soudain, comme si une main farceuse avait glissé une bouillotte entre les draps frais. Le cœur battant à tout rompre, j’entends tes pas sur le parquet clair. Je ferme les yeux et mes mains cramponnent l’édredon ouaté. Le matelas s’enfonce à côté de moi. Je retiens mon souffle. Dans mon dos, je sens le feu de ton regard allumer sur ma peau des milliers de volcans. Tes yeux me découvrent, s’attardent sur l’arrondi d’une courbe, se fondent dans la chaleur d’un pli, caressent le velouté d’un grain de beauté.

    Savourons l’ultime répit.

    Bientôt nos peaux réunies, nos souffles emmêlés, nos fluides échangés déchireront le silence. Est-ce que tu savoures, toi aussi, cet instant magique où nous sommes tous deux comme suspendus à un fil invisible ? Cette poussière d’éternité délicieusement douloureuse, où nous ne savons encore rien l’un de l’autre, ni les cicatrices que la vie a semé sur nos peaux, ni l’odeur de nos corps, ni le goût de nos bouches ?

    Où ta main d’homme se posera-t-elle ? Caressera-t-elle d’abord, avec une infinie douceur, mes cheveux fins de petite fille ?  Suivra-t-elle la courbe chaude et charnue de mon épaule ? Ou frôlera-t-elle chastement le drap recouvrant ma hanche ? A moins que ce ne soit ta bouche qui, en tandem avec ton nez si fin, explore mon corps débarrassé de l’artifice des tissus et parfums ? Sera-t-elle alors caressante ou autoritaire ? Sauras-tu écouter les signes ? 

    J’attends avec appréhension, le ventre tendu, ta chaleur libératrice qui fera fondre mes derniers doutes. L’air est électrisé, chargé de promesses mille fois rêvées et inassouvies. Tu ne bouges pas. Je ne t’entends même pas respirer. Et soudain je tressaille, quand ton souffle chaud s’engouffre dans les volutes de mon oreille et murmure contre mes cheveux emmêlés : « Tu m’as manqué ».

     

     
  • Mon sportif du dimanche

    Reçu samedi matin ce sms d'un homme pour lequel j'ai énormément de tendresse :

    « Bonjour,

    Suite à ton billet sur le jogging, je me suis remis au sport après 15 ans d’abstinence. Les sourcils au vent, je m’élance, objectif 5 kms. Résultat : le premier jour, je me fais un claquage. Suis pas prêt de me remettre au sport, lol ! »

    J’explose de rire et tape, incrédule :

    « C’est une blague ?? »

    Réponse immédiate :

    « Nan c’est pas une blague ! J’ai super mal et je marche aussi vite qu’un petit vieux. Lol. » 

    photo-claquage.jpg

    Toi qui m’a envoyé ce SMS, sache que je me marre depuis samedi à chaque fois que je t’imagine. Tu me manques et s’il le faut, je te porterai jusqu’à notre pub préféré. Reviens vite ! Et la prochaine fois, au lieu de faire le kéké, viens courir avec moi !