Depuis 15 jours, je garde les 2 chattes de ma copine Claire. J'adore les chats, y'en a pratiquement toujours eu chez mes parents. Aujourd'hui ils coulent une retraite verdoyante chez 3 chats fort sympathiques. Ben oui, tout le monde sait que quand on a un chat chez soi, on vit chez lui et pas l'inverse. Bref. Il y a peu, je disais à mon copain Lancelot qui lui est allergique aux chats, que je n'aimais pas les chiens. C'est vrai. Je trouve ça dégueulasse. C'est peut-être dû au fait que les chiens que j'ai croisés dans ma famille étaient traités comme des êtres humains, ce qui non seulement me choque terriblement, mais en plus me dégoûte quand ledit chien entreprend de me rouler une pelle. ou de farfouiller sous mes jupes. Pour revenir aux matous, s'il y a bien un truc que je trouve cruel, c'est d'avoir un chat en appartement. Ce beau félin indépendant est un chasseur qui est heureux quand il gambade dans les herbes folles à la poursuite d'un mulot. Je n'ai donc jamais eu de chat chez moi. Mais j'ai proposé à Claire, qui a souvent les fesses en l'air (comme dans la chanson de Dutronc) de les lui garder si un jour elle devait s'absenter. Lilou et Lula sont 2 soeurs câlines et drôles. Rien à voir avec le chat dépressif du mec de ma soeur. Mais.
Jour 1 : Claire dépose 2 tas de poils miaulant à l'affreux chez moi. Les adieux déchirants durent 15 minutes. Je me retiens de rire devant les "mes moumounettes, mes bichounettes" et autres fifilles à sa maman. Faut dire quand je suis chez mes parents, je ne fais pas plus intellectuel dans l'échange humano-félin. Je me vois rebaptisée d'un ragoûtant "Tata Sophie" et les deux frangines sont priées d'être gentilles avec moi. Ca promet. Une fois seules, je leur installe la litière, les bols d'eau et de croquettes dans la cuisine. Elles passent la journée dans le placard de l'entrée et sortent pile poil au moment ou le match de foot commence. On le regarde donc en famille, les demoiselles refusant poliment un magnum amandes. Le soir venu, je laisse la porte de ma chambre ouverte, histoire qu'elles se sentent moins seules. Lorsque l'aube pointe, je suis tirée de mon sommeil par une cavalcade effrénée. Ca court et ça bondit de tous les côtés là-dedans, salon, chambre, cuisine. Excédée, je bondis moi aussi et les vire de ma chambre illico. Désormais, on ne dormira plus ensemble.
Jour 2 : Non, vraiment, je n'arriverai pas à savourer mes tartines confiturées aux figues blanches en ayant sous le nez la litiière odorante des boules de poils. Allez hop, sur le balcon, la litière ! Je cherche longtemps Lula. Aurait-elle sauté par la fenêtre, à la recherche de sa maîtresse,, ignorant que celle-ci se trouvait dans les airs ? Non, la garce a réussi à se faufiler sous la housse de ma penderie et à se hisser sur une pile de fringues. Je brandis, dépitée, la jupe couverte de poils que je comptais mettre ce jour-là. Je considère d'un air rêveusement sadique des bandes de cires froides oubliées au fond d'un tiroir... et leur interdis l'accès à ma chambre pour la suite du séjour.
Jour 3 : Je surprend la petite sur MA chaise longue en cuir noire a laquelle je tiens COMME A LA PRUNELLE DE MES YEUX BORDEL ! Je suffoque et saisie d'une vision cauchemardesque, soulève le plaid dont je l'ai recouverte. AAAAARGGGGHHHH ! Le côté de la chaise longue est griffé ! Que dis-je ? Lacéré, oui ! Ca y est, ma journée est gâchée, ma vie foutue, notre amour humano-félin mort à jamais. Pas ma chaise longue !! Je'essaie de relativiser en me disant que d'abord ce n'est que du matériel (ouais, mais bon) et que ce n'est pas visible car sur le côté de la chaise longue (oui, mais la prochaine fois??) J'appelle Claire qui est quelque part entre la Corse et la Martinique et la voix brisée, lui annonce qu'à la prochaine griffure, je devrai arracher les pattes rendre les chattes à son ex. Elle est morfondue. "Quand tu les chopes, tu les grondes ou tu leur mets une tape, elle ne le feront plus". Encore faudrait-il que je sois souvent chez moi ..."Bah, ce sont des chats, hein ..." lui dis-je. Et je pense "P'tain, encore 15 jours ! Plus jamais !"
Jour 11 (aujourd'hui) : Ce matin, au lever, je constate avec inquiétude que mon coloc' a eu la mauvaise idée de virer sa guitare que j'avais mise en rempart anti-chats sur la chaise longue en cuir. Bilan : dossier lacéré. Je mets une tape sur le cul poilu de Lula quand elle s'avise d'y retourner. Oh!91 arrive pour boire le thé, il est allergique lui aussi, alors je passe un coup d'aspirateur vite fait et nettoie la terre des plantes en pot répandue sur le parquet (Lilou adore tasser la terre de mes plantes en pot, de ses petits coussinets délicats, qu'elle essuie ensuite sur la couette de mon colc'). Lula, quand à elle, a du se convertir à l'islam vu qu'elle fait ses ablutions après chaque passage à la litière et se nettoie les pattes dans le bol d'eau (mais ne les essuie pas, bien sûr, ce serait trop beau).
Inutile de vous le redire, les chats chez moi, c'est FI-NI. En plus, mes potes sont allergiques.

Demain soir,