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2yeux2oreilles - Page 161

  • Feargus, my dearest Irish friend

    I miss you so much. I’ve been looking for you all these years and sending mails but G. told me that you could hardly read now. I keep faith, however. I don’t know if you stayed in England , returned to Ireland or moved to the country of your loved one. One day, in Dublin , I hope I’ll bump into you. Tears will then fall down my eyes. We’ll go for a pint in an old and dark pub, down in Rathmines or along the Liffey.

    Will you see the tears of joy rolling down my cheeks or will the disease have won and made you a blind man?

    I never realized how much I cared for you until I lost your trace. I am sad not to have told you that I love you. You moved me like very few people do.

    I miss your soft and calm voice, your accent as clear as crystal, your hand on my arm when we walked together, that evening. I miss the diluted blue of your eyes and the way you looked at things. I remember that wonderful evening when we shared an Indian meal in my apartment. You were sitting on the floor and you started talking about Irish history. You told the british colonization, the brutal oppression of your justice and language, the fight for independence, and all of us were quiet and listening to you. You were speaking slowly to make sure my brother and sister would understand everything, and they did. They were “drinking your words”. I loved the pride that you had about your country and people. I miss your free spirit, your wisdom and your delightful humour.

    That evening, you told us why your local pub was called “The Hole in the wall”.  Since then, I’ve been waiting for the day when you’ll take me there. We’ll talk for hours while sipping the black stuff. Like in the old days, Feargus.

     

  • Cherche places pour Wax Tailor

    free music

    Vous connaissez Jean-Christophe le Saout, alias Wax Tailor, ancien animateur de Radio Cité à Mantes la Jolie, découvert par Nova ?

    J’avais prévu d’aller à son concert le 29 mai prochain à l’Olympia mais c’est complet depuis longtemps…. Il y a une semaine, je découvre, ravie, qu'il passe le 8 avril à Châtenay Malabry dans le cadre du festival Chorus et c'est complet aussi !

    Alors si vous entendez parler de places à vendre, pensez à la p’tite Fiso, ok ?

    Merci d'avance !

  • En Arles (1)

    Le week-end promettait d'être riche en émotions. Après une visite rapide de l’expo érotico-pornographique « L’Enfer de la Bibliothèque » - prolongée jusqu’au 30 mars-, je rejoignis mon ami O. à la gare de Lyon. Stress extrême jusqu’au moment du départ pour cause d’impossibilité de retirer nos billets aux bornes automatiques.

    Nous voilà donc condamnés à voyager debout dans le wagon bar avec la cohorte des resquilleurs. Heureusement un festin libanais que j’avais attrapé au vol nous réconforta grandement et nous permit d’engager la conversation avec nos compagnons d’infortune. Nous avons beaucoup ri et une demi-heure avant l’arrivée, entamé une course poursuite des plus cocasses avec les contrôleurs, qui nous a tenus en haleine jusqu’au moment où les portes se sont ouvertes sur le quai de la gare d’Avignon.

    Dans la foule, derrière notre solide gaillard landais que je n'appellerai plus désormais que Bi-O-Bi-Ouaille, tout rieur de nous retrouver après notre rencontre parisienne, deux yeux bleus magnifiques dans un écrin de cheveux noirs qui sautille de joie en nous apercevant. Ma luciole ! Embrassades, étreintes, éclats de voix et rires avant une mauresque bien méritée sur une place d'Avignon, celle là même que ma luciole évoque si souvent. Notre joie d’être ensemble résonne sur les pavés déserts de la place du Palais et nous regagnons Arles.

  • En Arles (2)

    Le lendemain matin, je m'attable devant un petit-déjeuner gargantuesque et retrouve la désormais célèbre confiture de citres. Tandis que je mords avec gourmandise dans les tartines, Bi-O-Bi-Ouaille me tend un paquet. Non pas un, mais deux beaux taureaux en chocolat !

    Nous filons au marché et flânons dans les effluves délicats d'olives, de savons et de fougasses à la fleur d'oranger. La ville, parée pour la feria, est en pleine effervescence. Je m'arrête devant chaque stand pour humer savons, lavande et produits locaux. La Camargue doit être, avec le Nord, une des dernières régions de France ou l'on mange du cheval. Je me suis promis de goûter à de la viande de taureau le soir même. Avant de rentrer à la maison, Boby nous emmène sur les bords du Rhône et nous raconte la tragédie du bombardement des Lions. De retour à la maison, après une visite du jardin de Boby, celui-ci m'invite à me pencher sur le généreux contenu d'une cocotte. "Je vous ai fait une gardianne de taureau", dit-il de sa belle voix de calisson. Je saute de joie tandis qu’il rosit de fierté. La viande est fondante à souhait et merveilleusement mise en valeur par un goûteux "Mas des Dames" si fruité que pour ma part, je l'aurais volontiers rebaptisé "Mât" des Dames.

    A 16h30, nous voici dans les magnifiques arènes d'Arles pour une corrida. Ma première. J'appréhende un peu, plutôt contre à priori mais j'aime me faire une opinion par moi-même. Nous sommes face au soleil et c'est bien agréable par le froid glacial qui règne. Je ne connais absolument rien à la culture de la corrida et écoute les commentaires passionnés des spectateurs tandis qu’Olivier et Boby, en aficionados, me décrivent les différentes étapes. Cette corrida m'a laissée à la fois déçue et soulagée. Déçue parce que j'imaginais une ambiance bien plus festive avec force « Olé ! », musique et foule déchaînée, et soulagée parce que je m'attendais à des mises à mort cruelles dans un bain de sang et qu'il n'y a rien eu de tout ça. Je n'ai trouvé la corrida ni belle ni horrible. 

    Nous avons ensuite erré parmi la foule joyeuse. La ville d’Arles est vraiment belle. Sur la place de la République, nous sommes entrés dans la chapelle Sainte-Anne qui accueillait une exposition des pastels de la série « Tauromachie » de Sergei Chepik. A la sortie, j’ai longuement admiré la façade restaurée de l’église Saint-Trophime puis nous avons rejoint la place du Forum où j’ai enfin vu le café de nuit rendu immortalisé par Van Gogh avant de m'attabler pour une paella. Dans les nombreuses bodegas, j’ai dansé avec O. sur des tubes kitchissimes des années disco. Tard dans la nuit, après quelques derniers pas de danse au son d’un concert live de Kassav’, nous surplombons l’immense site des ateliers SNCF jadis spécialisés dans la réparation des locomotives à vapeur avant de redescendre vers la maison de Bi-O-Bi-Ouaille.

     

  • En Arles (3)

    Dimanche matin. Les quelques secondes de montée des marches dans mon pyjama léger me fait sentir tout le piquant du froid glacial. Ce midi, repas landais de rôti de magrets de canard fourrés de belles tranches de foie gras et surmonté de figues et brocolis arrosés de miel. Après le café qui se prolonge délicieusement, nous allons en ville. Boby nous emmène dans le joli espace fleuri Van Gogh où fut interné l’artiste puis nous furetons longuement dans les rayons de la librairie Actes Sud. Il faudra vraiment que je revienne …  

    C’est un bonheur de visiter la ville avec un passionné d’histoire tel que Boby. Malgré le froid mordant, nous ne pouvons résister à sa joie visible de nous faire découvrir un détail dans la façade, une cour cachée recélant des trésors ou de partager des souvenirs de promenade avec Monique. Dans le quartier de l’Hauture, le préféré de Boby, nous admirons la major avant d’emprunter une superbe rue pavée, l’ancienne rue des Baptêmes, pour descendre jusqu’aux Arènes. De là, Boby nous entraîne jusqu’au théâtre antique d’Arles, datant d’avant JC, et nous admirons la représentation de l’édifice imposant et majestueux qu’il fut avant d’être endommagé.

    En attendant nos invités, nous retournons au chaud dans la maison accueillante. Notre luciole rayonne de bonheur. Tandis que O. s'entretient avec Gilles, je découvre, troublée, que mon histoire et celle de M. ont des similitudes. Par moments, je surprend le regard un peu distrait de Boby. Largué ou rêveur ? Heureux, je crois, tout simplement du bonheur de voir réunis ce groupe qui est d'abord là pour lui. Au dessert, son regard se voile d'une tristesse qui ne m'échappe pas. Je me penche, le serre, l'embrasse. Je sais. Nous vivons nos derniers instants ensemble. Bientôt, ce sera la dernière nuit ensemble. Le lendemain matin, lever aux aurores pour nous accompagner jusqu'en Avignon. Sur le quai, les conversations se veulent légères mais notre sensible luciole a déjà disparu, elle ne veut pas que nous voyions ses yeux briller. Dans le train, je dors beaucoup et je pense à lui que nous avons laissé. J'ai hâte de le revoir et d'entendre sa voix rugueuse rire comme celle d'un enfant. En septembre, tu as dit ?