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2yeux2oreilles - Page 22

  • Une soirée avec les Brits

    Il est plus de 18h30 quand Rob me chope à l’angle de Pramuan et Silom Road, dans le quartier indien de Bangkok. Le British Club est un bel endroit pourvu d’une piscine, cours de tennis et salle de gym. Je rencontre enfin Richard, un autre ami de Maurice l’Alsacien, et il a vraiment une bonne bouille qui s’arrondit quand il sourit, ce qu’il fait souvent.  Nous montons dans sa voiture et allons dîner dans le quartier de Richard, près de Bang Sue.

    Là aussi, on mange en plein air et il y a un chanteur. Ils commandent du crabe au curry, une salade de papaye qui, étrangement, m’arrache moins la langue que celle d’Elvis (ou alors je m’habitue) et une soupe qui me confirme que non, je ne m’habitue pas. Richard commande du riz en urgence pour éteindre l’incendie dans ma bouche. Mes convives ne mouftent pas, il faut dire que les Anglais mangent bien plus épicés que nous autres Gaulois.

    Peu avant 23h, Richard nous dépose à la station de métro. Ouf ! Je vais pouvoir rejoindre la foule qui célèbre Loy Krathong. Pour le feu d’artifice, c’est raté mais au moins je vais pouvoir aller déposer mon offrande à la déesse de l’eau. Dans le métro à Bangkok, il y a des portiques de sécurité et des gardes, et il faut ouvrir son sac, comme à l'aéroport. Rob m'explique que c'est parce qu'il y a eu un attentat, il y a quelque temps de ça. Il y a pas mal de tensions à la frontière avec la Malaisie. Les Thailandais n'en font pas grand bruit pour ne pas nuire à leur première source de revenus : le tourisme.

    Rob est vraiment sympa, il m’accompagne dans ma lubie de clélébrer Loy Krathong, avouant n’avoir jamais fait ça en 16 ans de vie à Bangkok. Il me fait rire en me racontant qu'il s'est fait sortir de la piscine du British Club à cause de ce "bloody Loy Krathong" et des gens qui voulaient balancer des fleurs dans la piscine.

    Rob propose le Lumpini Park qui est à côté de chez lui et sur ma route. J’y achète une vraie jolie fleur, une fleur de lotus je crois. Le plan d’eau est plein de fleurs flottantes, on dirait des nénuphars de toutes les couleurs. Phon m’a dit que si la bougie restait allumée, c’était une année de chance. Je mets ma précieuse embarcation à l’eau et ma fleur fait instantanément la culbute (et moi je fais gaffe car les berges sont glissantes).

    Voilà, c’était Loy Krathong et une journée riche en expériences de toutes sortes.

  • Retour dans le sud

    Nous voilà coincés dans les embouteillages, en ce début de soirée de Loy Krathong. Les gens commencent à se ruer vers les points d’eau. Boo essaie de passer à droite, puis à gauche, et se tourne vers moi « Too much traffic ». Bon de toute façon, je suis attendue par Rob et Richard, et vu le temps que j’ai mis à arriver jusque-là, je ferais mieux de repartir vers le sud de la ville. Boo me dépose à l’embarcadère où je suis arrivée. Je prends son numéro de téléphone, ça peut servir, et une photo souvenir, ce qui le fait beaucoup rire. Et je lui laisse 100 Bt au lieu des 50 négociés au départ, parce qu’il fait un métier difficile et que ces 2€, pour moi, c’est que dalle. 

    Je monte dans le bateau et paie 8 Bt. Nous traversons le fleuve et je vois le bateau se vider. Je demande à quelqu’un, en pointant l’embarcadère où je dois débarquer, si je dois descendre ici ou rester dans le bateau. En fait, les 8 Bt., c’était pour traverser le fleuve, maintenant nous avançons à la queue leu leu sur des planches pour embarquer dans un autre bateau. Me voilà rassurée ; vu la foule, je suis bien dans un bateau-taxi. Je paie 20 Bt. jusqu’à ma destination (rappelez-vous, j’ai payé 500 à l’aller …)

    Le fleuve de nuit, c’est magique. Les temples sont illuminés et les bateaux sur l’eau brillent de mille feux. A côté de moi, un homme m’adresse la parole. Il est turc, médecin de son métier et s’appelle Yusuf. Son anglais est très sommaire mais nous communiquons sans peine. Il vient de Cappadoce et poursuivra son voyage jusqu’à Hong Kong et Shangai.

    Arrivés à destination, c’est la cohue. Une foule énorme, les bras chargés d’offrandes flottantes, se masse déjà au bord du fleuve. On se croirait sur les Champs Elysées un 14 juillet. Des hommes sont plongés dans l’eau au milieu des nappes de détritus. Nous piétinons jusqu’à la station de métro où j’ai toutes les peines du monde à fausser compagnie à Yusuf qui tente de négocier un dîner. Hey, ce soir, j'ai rendez-vous avec 2 charmants britanniques !

     

  • Où un homme me met à genoux

    Boo stoppe son tuk tuk devant un temple d’où s’échappent des incantations. Il me fait signe de ne pas faire de bruit et me guide jusqu’à une salle. Je mets mon téléphone en mode silencieux. A part moi, il n’y a qu’un seul visiteur, qui m’invite à entrer avec lui (après m’être déchaussée, bien sûr). Le monsieur, qui s’appelle Phon, est propriétaire d’une plantation de caoutchouc au sud de la Thaïlande. Il a fait 650 kms en voiture pour venir se recueillir dans ce temple qui n’est ouvert au public qu’un jour par an. Thai

    Je suis un peu déçue : le bouddha noir n’est pas noir du tout, et pas très impressionnant. Phan explique qu’il n’est plus noir parce que les gens le recouvrent de feuilles dorées. Ah voilà !

    Phon m’invite à m’agenouiller devant le Black Buddha et à formuler mes vœux. « Autant que tu veux, même en français », dit-il. Et comme je ne veux pas le froisser, je m’exécute et me prosterne 3 fois avec lui.

    Phon a une sœur qui habite à Paris, près de Montmartre. Et un fils qui va se fiancer, dont il me montre les photos.  Il me conseille d’aller faire un tour à l’Export Center, qui vend des pierres précieuses et fait une promotion unique aujourd’hui à -30%, et me montre le certificat tamponné de la bague de fiançailles qu’il a acheté pour son fils. Je lui dis que ça ne m’intéresse pas « Mais c’est bon pour le chauffeur de tuk tuk, il va avoir un bon pour de l’essence gratuite, tu n’as pas besoin d’acheter, juste y rester 5 minutes » dit-il. Je lui dis que je veux acheter des cadeaux pour ma famille et ma petite sœur « You’re very good, you’re sister n°1 », me dit-il.

    Avant de le quitter, je prends son adresse email. Vas savoir, peut-être que mon vœu va être réalisé et que je vais pouvoir aller faire un tour dans sa région, un de ces 4 ….

  • Fiso en tuk tuk

    C’est très marrant le tuk tuk, on dirait une discothèque, y’a des lumières roses et bleues qui s’allument et clignotent quand le chauffeur freine. En revanche, on est à la hauteur des pots d’échappement et ça secoue sérieusement. Ma bouteille d'eau valdingue, je la rattrape de justesse et range vite mon téléphone-caméra par peur qu’un cahot le fasse gicler de l’habitacle.

    Ambiance en images :

    Mon chauffeur s’appelle Boo et par chance, il se débrouille en anglais. Notre première étape sera donc le temple du Bouddha noir ou Bouddha chanceux.

  • Le long de Silom road

    IMG_20131117_125402.jpgCe matin, j’ai zappé le petit déj et après une séance d’abdos, pris un thé sur ma terrasse, au soleil. Quand je descends à la réception, le portier et la réceptionniste sont resplendissants. A l’occasion de Loy Krathong, ils sont tous deux habillés de tenues traditionnelles. Elle, en ivoire, telle une mariée, et lui en pantalon brillant. Il m’entraîne vers une table où de jolis bouquets artificiels, piqués d’une bougie, attendent qu’on les mette à l’eau. J’ai tellement honte de poser avec lui sur la photo, habillée en routarde, que je remonte mettre une jolie robe noire en soie fleurie.

    Après une deuxième séance de photos, il est plus de midi quand je prends le BTS. Je descends à Silom, passe un coup de fil à Rob, sans succès, puis m'engage sur la Silom Road, qui s’avère être ma première balade vraiment agréable dans les rues de Bangkok (ou devrais-je dire, dans les artères gigantesques et ultra polluées de BKK). La présence occidentale dans ce quartier d’affaires ne fait aucun doute : les tailleurs et salons de massage se succèdent, à des prix doubles de ceux pratiqués dans mon quartier, les cafés proposent des bières et diffusent de vieilles chansons de Queen, et il y a plein d’Occidentaux dans les rues.

    Ça fait un bon moment que je marche, il est presque 15 heures et j'ai encore un bon bout de chemin. Je passe devant un stand où un homme est en train de cuire une omelette bien appétissante. Et si je faisais mon premier repas dans la rue ? Je commande une « thai style omelette with chicken » et m’installe sur une table en plastique où une blonde déjeune déjà. Mon omelette à 1€20 tient ses promesses : tomates et oignons frais, baveuse, pas la trace d’un volatile mais ce n’est pas grave.

    J’entame la conversation avec la jeune fille blonde qui est canadienne, mannequin et à Bangkok jusqu’en avril prochain puis je vais boire mon premier espresso depuis 1 semaine, que je paie 65 Bt. (contre 50 pour l’omelette …)

    Au bout de Silom Road, pas la moindre pancarte indiquant l’embarcadère n°1. Facilement repérable avec mon plan à la main, je me fais alpaguer par un type qui se présente comme travaillant à l’ambassade américaine, de quoi éveiller instantanément ma méfiance. Il demande ce que je cherche et s’écrie : « Pier n°1 too expensive, you have to go to Pier N°3 ». Avant que j’aie le temps de dire ouf, il arrête un tuk tuk et me jette dedans. Au bout d’une impasse, un embarcadère « Royal Travel », des touristes et pas un thaï à l’horizon. Une femme me demande 2000 Bt. J’appelle Rob qui me confirme que je suis dans un piège à touristes. Je repars, pointe l'embarcadère recherché sur mon plan et une femme, qui heureusement parle anglais, me dirige vers la Soi 34. Heureusement qu’elle a précisé parce que sinon, je sais pas comment j’aurais trouvé. Tout est écrit en thaï.

    Dans l’impasse, il y a un type qui vend de la glace maison à la noix de coco. Ca me fait bien envie, je m’arrête et des traîtres de moustiques en profitent pour se ruer sur mes jambes. En quelques secondes, je suis assaillie. Je m’étonnais de ne pas avoir croisé de moustiques, voilà qui est fait. Bien sûr, j’ai oublié de m’asperger de produit anti-moustiques ce matin …

    Au bord de l’eau, il y a des chats en cage, quelle horreur ! Un type sort un papier plastifié avec les tarifs : 1500 Bt.  pour aller jusqu’au Palais Royal. Je sors mon téléphone et fais la conversion : 42€. Il se fout de ma gueule. Je secoue la tête. « 1000 Bt. » dit mon homme. « 500 » je lâche. Je commence à en avoir marre de tourner en rond pour trouver une embarcadère de bateau-taxi, tant si je me fais arnaquer, je ne vais pas passer 3 plombes à chercher ce % !§£% d’embarcadère. Je monte (seule) dans un bateau rouge et jaune. En chemin, je croise des bateaux remplis d’asiatiques. Je viens exactement de faire ce que Rob m’avait déconseillé hier : payer une traversée pour touristes. On va dire que c’est ma contribution à l’économie thaïlandaise.

    Ma « chauffeuse » me dépose au Wat Arun (temple de l'Aube) et m’attend. C’est un petit temple très joli, au bord de l’eau. Pas de dorures ici, le temple est serti de morceaux de porcelaine. Des petites filles aspergent des bouquets de fleurs qui seront vendus pour la fête de Loy Krathong, ce soir.

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    Il y a beaucoup de monde et des caisses pour les dons à l’entrée. Et aussi ce signe :

    AMise en garde par mon guide touristique sur l'interdiction de visiter les temples en mini-jupe , j’ai prévu la tenue adéquate. Le Wat Arun serait de style khmer; son prang central mesure 114m : 

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    Je remonte dans le bateau. Elle me dépose de l’autre côté du fleuve, d’où je vais rejoindre le Palais Royal. Je ne pourrai le photographier que de l’extérieur car il est fermé. Je suis sans cesse obligée d’ouvrir mon plan par crainte de me paumer dans cette ville immense. Un homme vient à ma rescousse. Il me conseille d’aller visiter le Black Buddha, un temple ouvert une seule journée par an, aujourd’hui. Il prend mon plan et dessine des bouddhas aux endroits où je dois aller. Il hèle un tuk tuk et négocie le trajet à 50 Bt. En voiture tuk tuk Fiso !