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2yeux2oreilles - Page 8

  • Marie

    Depuis le début, j'ai un super feeling avec ma prof de chant. Une petite femme énergique et souriante, à laquelle je trouve une fraicheur très enfantine. Jusqu'ici, nous n'avions pas eu l'occasion de discuter beaucoup.

    Ce matin, j'arrive au cours à l'heure, pour une fois. Elle ouvre la porte, me fait entrer, demande comment ça a été. J'imagine qu'elle fait référence à un évènement en particulier et lui demande de quoi elle parle. "Cette quinzaine, comment ça a été ?" répète-t-elle.

    Je soupire : "Oh la la, je ne vois plus le jour, pour tout vous dire." Et j'évoque, en deux mots, ma charge de boulot pro et perso. Comme elle s'intéresse, j'explique que je prépare une soutenance pour obtenir un diplôme de consultante-formatrice et que j'ai beaucoup de travail personnel à fournir. "Vous suivez une formation?" "Non, justement, je demande le diplôme sans suivre la formation, je fais une VAE".

    "Ah, dit-elle en cherchant ses partitions de musique, nous sommes un peu dans le même cas, alors".

    Et elle m'explique qu'elle suit une formation depuis plusieurs mois pour monter une structure de coaching financier à distance. Je m'étonne : "Votre projet n'a rien à voir avec votre activité de professeur de chant ?" Elle confirme et me raconte qu'il y a un an, elle a fait une opération un peu folle en achetant un appartement à Las Vegas. Qu'à la suite de cette opération financière très fructueuse, elle a eu envie de se rendre utile aux autres en les accompagnant dans la gestion financière de leurs biens.

    S'ensuit une discussion très animée où nous nous découvrons de nombreux points communs, ce qui ne m'étonne pas, avec le recul : un arrachement du pays de naissance à 3 ans, un lien avec l'Afrique (elle en tant que métisse, moi en tant qu'ex membre d'une famille congolaise), un même regard sur les freins et les chances de ce continent (religion, pression familiale et sociale, jeunesse, énergie, joie de vivre) et sur les devoirs, à nos yeux, de sa diaspora, des métiers similaires (elle, prof de chant, moi formatrice), les mêmes doutes sur notre légitimité (elle sur son droit à parler de l'Afrique en tant que métisse, et sur son droit à devenir coach dans la finance en tant que musicienne, moi en pleine conquête d'une légitimité officielle avec ma VAE), les mêmes projets (monter notre propre structure) et un même constat sur l'état de déprime des Français (vous savez, dit-elle, j'ai parfois l'impression d'être un docteur, depuis 30 ans que je fais ce métier, je vois défiler dans mon studio des personnes découragées, résignées, sans espoir).

    "Vous savez, Sophie, conclut-elle avant de m'inviter à faire des vocalises, nous avons peut-être des choses à faire ensemble".

    En repartant, je me suis dit que vraiment, les (belles) rencontres ne sont jamais le fruit du hasard.

  • La VAE

    Ces derniers temps, je blogue peu, assez débordée entre le sport auquel je me suis remise régulièrement, le boulot, les cours de chant, les sorties et .. la préparation de ma VAE, dont je vous avais parlé, il y a quelques mois. 

    Comme je sais que certains de mes lecteurs (je pense notamment à Zoum' et Trefle) ne sont pas français, je vais expliquer ce qu'est la VAE, dispositif très français, lui. Les employeurs français participent chaque mois, sous forme de cotisation, au financement du Fongecif qui permet ensuite aux salariés de bénéficier de plusieurs dispositifs de formation. L'un de ces dispositifs est le bilan de compétences (que j'ai utilisé) et qui permet de faire le point sur sa carrière et d'identifier des pistes pour une reconversion professionnelle. Un autre de ces dispositif est la VAE, pour Validation des Acquis de l'Expérience, qui permet aux salariés ayant acquis des compétences dans un poste sans relation avec leur formation initiale , de demander la validation d'un diplôme correspondant. Par exemple, un salarié qui serait entré dans une boîte comme manutentionnaire et aurait bénéficié de promotions internes jusqu'à occuper un poste de responsable logistique pourrait prétendre au diplôme normalement délivré à l'issue d'une formation en logistique.

    Cette démarche m'avait d'abord été suggérée par ma consultante en bilan de compétences à l'issue de celui-ci, en 2005.

    Quand j'ai commencé ma carrière de consultante en 2008, le rythme de mes déplacements était tel que je ne pouvais consacrer du temps personnel à cette démarche, qui demande beaucoup d'investissement. . 

    Fin 2012, alors que j'envisageais de quitter la merveilleuse boîte qui m'a appris mon métier actuel (ceci n'a rien d'ironique), j'ai rencontré une conseillère à la bourse du commerce qui a puisé dans son catalogue et trouvé plusieurs diplômes qui me correspondaient. J'ai alors choisi le titre de consultant-formateur, niveau II (bac +3/4), délivré à l'issue d'une formation de plusieurs mois ou via une VAE. Pour l'autodidacte complète que je suis, avec juste un brevet des collèges en poche, autant dire rien dans un pays qui évalue encore souvent les gens à leurs diplômes et pas à leur mérite, la consécration serait belle. J'ai rencontré la référnte VAE de l'école en question, qui a validé la faisabilité de mon projet, j'ai envoyé mon dossier au Fongecif qui a donné son accord pour financement. 

    Ensuite, il y a eu 2 changements d'employeur en une année et j'ai informé l'école que je mettais mon projet en suspens. Et fin 2014, alors que plusieurs de mes amis proches me conseillaient de monter ma boîte, que j'abandonnais l'idée de passer quelques années chez mon employeur actuel et envisageais un congé de formation, j'ai pensé qu'avant d'amorcer un nouveau virage, le temps était venu de valoriser mes 6 années de conseil.

    En décembre dernier, j'ai recontacté l'école et le 19 janvier, j'ai eu mon premier rendez-vous avec la référente, chez elle, dans un joli appartement de Vincennes. Là, elle m'a présenté le calendrier de ma VAE : un rendez-vous mensuel avec elle pour faire le point sur mon travail, des échanges mail ou téléphone entre 2 rencontres et la soutenance devant un jury en juillet. Elle m'a présenté les 4 pôles de compétences que je devrai valider, les 10 compétences associées et remis plusieurs documents pour m'aider à décrire mes activités et compétences.

    Première étape du remplissage de mon dossier de soutenance : décrire chacun des postes (3, pour moi) en relation avec la certification visée, mes activités, mes interlocuteurs, mes relations hiérarchiques, à qui je devais rendre des comptes etc.

    Au rendez-vous suivant, j'étais assez contente : MJ n'a apporté que quelques suggestions à mon travail. En revanche, elle m'a suggéré de retravailler mon CV et même proposé de lui envoyer pour relecture.

    Nous avons alors abordé la méthodologie à suivre pour mettre en relation le référentiel de compétences avec mes activités professionnelles. Et là c'est du costaud.

    Mais comme je suis dans une maison magnifique près de Forges les Eaux, que les femmes de la maison viennent de rentrer d'une razzia de fruits de mer (5,50 le kilo de coquilles Saint-Jacques !!!) et qu'on me sollicite pour mettre en route le sauna dans lequel nous allons nous réchauffer avant le dîner, je vous en dirai plus la prochaine fois.

  • Le jeune homme de la place de la Madeleine

    A l'automne, dans un des couloirs de la sortie du métro Madeleine, j'ai découvert un jeune homme, assis sur un petit carré de tissu. Il était propre, rasé de près et il adresait un sourire doux aux passants. On aurait dit qu'il s'était trouvé chez lui et s'était dit "Tiens, si j'allais m'assoir dans le métro pour regarder les gens passer?" 

    En le retrouvant chaque matin, au détour du couloir, j'ai ressenti le même sentiment de malaise et de curiosité : il avait l'air content d'être là, dans ce courant d'air glacial que je m'empressais de quitter.

    Un matin de décembre, il n'était plus à sa place. A quelques mètres de là, devant l'entrée du Darty, un groupe de 3 ou 4 clochards hirsutes et avinés avaient installé leurs matelas. J'ai retrouvé le jeune homme sur la place, sagement assis sur la marche d'un immeuble de bureaux. Il souriait toujours. J'ai pensé "Merde, ça va être dur pour lui d'être à l'air libre, avec ce froid". J'ai supposé que les autres l'avaient chassé.

    Au fil des semaines, je l'ai vu changer. Une barbe a poussé sur ses joues jadis lisses. Un matin, j'ai remarqué une vilaine entaille et du sang séché sur son sourcil. J'ai pensé " Qui a pu frapper quelqu'un d'aussi doux?" Il a vieilli d'un coup, son visage s'est creusé et durci, son sourire est devenu forcé. Je continuais de le saluer et il me répondait toujours d'un signe de tête mais ses yeux sont devenus noirs, comme chargés de colère. 

    Un matin, je me suis penchée sur lui : "Si je vous offre à manger, vous le prendrez ?". Il a fait un signe de tête et j'ai compris qu'il ne parlait pas français. Je l'ai questionné "Vous parlez anglais?" et il a répondu avec ce délicieux roulement de r : "Roumane".
    Je suis repartie ébranlée et triste "Putain, mon frère roumain, qu'est ce que tu es venu faire ici?". En cheinant, je le revoyais quelques mois plus tôt, avec sa tête de jeune étudiant curieux du monde.
    J'ai décidé de profiter du Carême pour utiliser l'argent qui m'était alloué pour déjeuner à lui acheter un sandwich, des fruits. Et puis, un matin que j'emmenais des cookies maison pour mes collègues, j'ai ouvert la boîte et lui en ai offert.

    Au fil des jours, j'ai eu l'impression qu'il ne me reconnaissait plus. Ou alors la tristesse brouillait désormais son regard et faisait de nous tous des ombres anonymes et filantes. 

    Je supporte de moins en moins que tous ces humains en déchéance fassent partie de notre paysage, comme si c'était normal,. Ils augmentent de jour en jour, des jeunes, des vieux, des femmes, des mères, des grands-mères. Certains nous renvoient nos propres peurs : hier un humain, un nom, une personne aimée, demain un animal dont la crasse et la puanteur répugnent.

    A mon retour de Naples, le jeune Roumain avait disparu. Je l'ai guetté en vain les jours suivants. Il a peut-être changé de quartier ou alors, comme je l'espère, il est rentré chez lui.

  • Capri c'est -vraiment- fini

    Ce matin, direction le port, pour aller faire un tour du côté des îles. Le soleil y sera peut-être …

    Toujours méfiante envers les endroits touristiques, je suis plus attirée par Ischia mais l’employé de la billetterie nous conseille Capri, vu le temps imparti pour la visite. Nous galérons un peu : plusieurs compagnies desservent les îles et celle du retour n’est pas forcément la même qu’à l’aller. Le prix en hydrofoil (bateau rapide, 50 minutes de traversée contre 1h20 en bateau normal) est de 17€. Une employée nous informe que le retour que nous avions prévu, à 18h10, est annulé pour cause de météo. L’autre billetterie nous assure de l’inverse et nous embarquons donc, munies de nos billets retour.

    L’arrivée sur Capri, vers 13h30, n’est pas magique ; la marina est déserte, les maisons moches, le soleil toujours absent. Nous dédaignons le funiculaire et grimpons les rues escarpées jusqu’à la place principale. La plupart des boutiques – de luxe – sont fermées, ainsi que les restaurants et la pâtisserie de l’île, en travaux. Après un arrêt à la parfumerie Carthesia, où Choups achète« un flacon de « Marco », nous nous mettons en route pour la villa Jovis de l’empereur Tibère, à l’extrême nord-ouest de l’île. Je n’ai aucune idée du temps nécessaire à la randonnée et je suis un peu stressée car nous devons nous laisser assez de temps pour rejoindre la marina.

    Vers 16h, nous voilà devant la grille de la villa. Hélas, un panneau nous informe qu’elle n’est ouverte que jusqu’à 14 heures. « Bon ben tant pis, la balade était belle, tant pis pour la vue » nous disons-nous, tournant les talons. Et là, venant à notre rencontre, un petit monsieur qui avec force gestes, nous demande si nous voulions visiter l’endroit. Nous répondons oui, mais c’est fermé et là, il agite des clefs. On a trop de chance !

    Le monsieur essaie ses clés dans la serrure, sans succès, et nous fait signe d’escalader les barrières. Ni une ni deux, nous enjambons tous les 3 les palissades et avons droit à une visite privée du site. C’est vrai que la vue est magnifique sur Sorrento et la côte almafitaine. En dessous de nous, à pic, l’eau est turquoise. « Il a dû couler des jours heureux, ici, l’empereur » remarque Choups.

    Après quelques photos, nous remercions notre héros du jour qui refus refuse l’argent que nous essayons de lui donner pour se payer un café. Prévenues qu’il ne faut jamais froisser un napolitain, nous n’insistons pas et glissons les 2€ que nous aurions dû payer pour la visite dans une caisse en bois destinée à la rénovation de la chapelle.

    Finalement, il est tôt et une autre curiosité de l’île est proche : l’arco naturale, une formation rocheuse en forme d’arche. Nous y parvenosn en moins de 15 minutes, clic-clac, quelques photos et nous redescendons jusqu’à la place princiaple  (c’est long !). L0, comme nous sommes un tout petit peu congelées, nous capitulons et nous installons en terrasse (chauffée) pour un café et surtout un beau coup de bambou : 5€ un espresso ristretto et 2€ pour un mini baba, certes délicieux. En chemin, nous nous disons que vraiment, Capri c’est moisi et que ça ne valait pas le voyage. Choups sort même « Franchement, moi, venir à Capri dans l’espoir de croiser des starlettes comme Rihanna et son mari Jayze, j’en ai un petit peu rien à foutre ! »

    « Oui, surtout que Jayze est marié à Beyonce, pas Rihanna »

  • Naples jour 2 : vieilles pierres, ossuaire et bord de mer

    Ce matin, les klaxons me réveillent vers 8h15. Je mets mes bouchons d'oreille et me rendors jusque 9h30. Qund j'ouvre les volets, le ciel est blanc et il fait un vent à décorner un cocu. 

    Vers 11h, nous remontons la Via Toledo jusqu'au musée archéologique. L'entrée coûte 8€ + 5€ d'audioguide. Mon guide disait que le musée était un must et je confirme : magnifique. Les salles, sobres et épurées, mettent merveilleusement en valeur les gigantesques statues. Admirez le fessier parfait d'Hercule ...

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    Au premier étage, je goûte particulièrement la collection de mosaiques trouvées sur le site de Pompei, tout proche. Un de mes commerciaux m'avaient déconseillé la visite de Pompei : "Tu n'y trouveras que des pierres" et pour cause, tout est ici, dans le musée archéologique.

    Au détour d'une porte, une salle somptueuse : la salle meridienne, 54 metres de long et 27 metres de hauteur, un plafond splendide.

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    Juste avant de partir, un petit tour par le cabinet secret :

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    La visite du musée est vraiment agréable, il n' a qasiment personne et les photos sont autorisées.

    A la sortie, nous décidons d'aller visiter le cimetière delle Fontanelle, dans le quartier Rione Sanita, qui semble tout proche. Cette zone dans le nord de Naples serait, depuis l'Antiquité, vouée au culte des morts. Hélas, n'ayant pas une information essentielle, celle qe le cimetière est soterrain, nous prenons la Via Salvator Rosa et nous perdons dans le dédale des rues. Là, on sent clairement qu'on est en dehors des circuits touristiques; la population est exclusivement locale, les rues désertes et sales. Un homme auquel nous demandons notre chemin nous renseigne en ajoutant "Attenzione", nous foutant la trouille alors que nous nous sentions jusque là tout à fait en sécurité.  Finalement, après avoir tourné en rond un long moment, et prêtes à abandonner, nous trouvons enfin la Via Fontanelle et une pancarte jaune. Nous pénétrons dans une galerie à peine éclairée, une sorte de mine où sont alignés des centaines de crânes et d'os. L'endroit est délicieusement lugubre. 

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    A la sortie, nous nous perdons de nouveau jusqu'à ce que j'aie une ilumination. La rue Santa Teresa degli Scalzo, que nous cherchons depuis 10 minutes est en fait au-dessus de nous, il suffit de prendre un ascenseur pour la rejoindre ! 

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    Cette artère est assez agréable et nous la descendons jusqu'à touner à droite jusqu'à la plce Mntesanto où nous prenons un funiculaire (1€) jusqu'à l'arrêt Morghen, qui marque le début du résidentiel et chic quartier Vomero, perché sur une colline. Les escaliers donnent au quartier un air de Montmartre.

    De là, nous resdescendons jusqu'au front de mer, le Lungomare. La descente dans le soir couchant est des plus agréables, à travers les jolies demeures colorées, avec une vue splendide sur la baie de Naples. Nous sommes en revanche frigorifiées. 

    Après la Via Chiaia, nous débouchons sur la piazza Martiri, où nous nous réchauffons devant un verre de vin blanc et un Campari soda. Nous sommes vendredi, le soleil s'est couché et les rues sont noires de monde. Nous continuons sur la Via Morelli puis la Via Chiamontone, avant de bifurquer à droite vers l'immensité noire, de longer la mer jusqu'au château de l'Oeuf et le port de plaisance du Borgo Marinari, un ancien village de pêcheurs. Nous nous attablons  au O'Tabbacaro, un modeste restaurant aux chaises en plastique. Nous sommes seules dans le restaurant et commandons un antipasti de poulpes, crevettes et moules, puis des spaghettis alla Conte, aux crevettes et calamars. 

    Quelque temps après une famille entre et s'installe, puis deux musiciens viennent nous chanter des chansons napolitaines. Peu après, un bel homme buriné, vêtu d'un caban bleu marine s'attable seul. Quel prétexte j'ai trouvé pour engager la conversation, je ne sais plus, toujours est-il qu'en moins de dix minutes, je l'invitais à notre table, que 20 minutes après, nous étions en train de chanter et taper des mains avec Marco, la cinquantaine, directeur d'une entreprise d'acier à Turin, et la table voisine, que nous avons fait la fermeture du resto et qu'après plusieurs verres de rouge, je n'avais plus du tout froid. 

    Nous sommes rentrées en riant à gorge déployée tout le long du chemin, enchantées de cette journée éreintante mais intense, et de notre deuxième soirée tout aussi conviviale que la première. Demain, Capri !