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2yeux2oreilles - Page 7

  • Recette du sauté de mines

    Je l'avoue moi-même, le nom peu appétissnt de cette recette me laissait perplexe ... Mais j'ai suivi la confection de ce plat sur les traces de C. et vous en livre la recette. Quelques explications en préambule : les mines, ce sont des nouilles et ce plat est une variante réunionnaise des nouilles sautées asiatiques.

    Pour cette recette, il vous faut (proportions variables selon le nombre de convives) :

    1 kilo d'échine de porc taillé en lanières, 1 kilo de mines (nouilles chinoises, spaghetti ou tagliatelles), 6 oeufs, de l'ail chinois (ou ciboulette), de la Marie Brizard (oui, oui), du miel, du 5 épices, des crevettes décortiquées, du Siave (sauce soja)

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    La veille, mettre la viande dans la marinade (Marie Brizard, sauce soja, miel et 5 épices. Le lendemain, sortir la viande, la tailler en fines lanières ou en dés, la faire griller sur une grille, au-dessus d'une lèchefrite remplie d'eau. Réserver la marinade.

    Se servir une Dodo bien fraîche, qui vous désaltérera pendant la longue préparation du sauté de mines. Attention, sur la photo ci-dessous, il faut boire le breuvage de gauche, pas de droite ... 

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    Faire 2 omelettes de 3 oeufs, ajouter un peu d'ail chinois émincé ou la ciboulette, assaisonner de sel et poivre, tailler en lanières fines ou en dés.

     

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    Faire colorer les crevettes dans un wok avec 1 cuillère d'huile puis ajouter la viande et la marinade et touiller, comme dit C. Ajouter les omelettes, bien remuer, ajouter sel et poivre selon le goût, le reste d'ail chinois. Faire cuire les pâtes et les ajouter au reste, arroser de siave (sauce soja).

     

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    Et comme dit C., "Tu remets du siave, avec un rougail tomates-combavas, ça y va nickel".  A servir dans le wok :

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  • Avant Madagascar ...

    Ce matin, je me réveille à 6h30 et après le petit déj, je regarde le championnat du monde de boxe avec C. Mnny Pacquiao aurait dû gagner.

    Vers 10h, on part pour le marché aux orchidées de Saint Gilles les Hauts. De délicates corolles, des sabots de Vénus, un ravissement pour les yeux.

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    Ensuite, on va faire un tour sur le marché de producteurs, et on admire les brèdes, les énormes avocats, on achète des samoussas citrouille, chouchou et songe pour l'apéro.

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    On discute aussi avec le patron - corse - de la ferme du Bel-Air, qui a une vraie tête de réunionnais et fait son propre foie gras et autres produits à base de palmipèdes.

    Sur la route, à son habitude, C. jure avec cet accent du sud qu'il n'a jamais perdu "Et putain, le clignotant, c'est en option, cong?".

  • Vol en parapente au-dessus de la Réunion

    Ce matin, 10h, il y a foule sur le parking à côté de Kelonia, la ferme des tortues de Saint-Leu. N'imaginant pas une telle affluence, je suis partie sans noter le nom de la compagnie auprès de laquelle j'ai réservé le vol, heureusement le moniteur nous appelle à l'heure convenue et nous guide jusqu'à lui. 

    Nous montons en 20 minutes jusqu'à la piste de décollage, où il y a foule, aussi. Une jeune fille à bord de la fourgonette stresse. Moi non, j'ai déjà volé, il y a bien longtemps, près de Megève. Là-haut, mon moniteur m'harnache et me donne les instructions. Et puis, nous nous envolons. Et ce qui est très agréable, c'est qu'E. discute avec moi et explique pourquoi il vit depuis 20 ans ici : l'assurance de pouvoir voler tous les jours, à quelques exceptions près. Rien à voir avec les Alpes, où il a travaillé aussi. Il me donne aussi des explications techniques : ici, à la Réunion, on joue avec les courants d'air chaud qui montent du sol et s'élargissent en entonnoir. 

    Et puis, un "truc" que je trouve charmant : il repère les paille-en-queue, ces volatiles réunionnais, et les rejoins lorsqu'il les voit stationner à un endroit car eux aussi se laissent porter par les courants ascendants. D'ailleurs, plusieurs viennent se faire admirer à 2 mètres de notre voile. Comme je n'ai jamais eu l'occasion d'en voir un d'aussi près, je remarque qu'il ressemble à une mouette, à la seule différence qu'il a une longue queue effilée, d'où son nom. E. confirme d'ailleurs que le paille-en-queue est de la famille de la mouette.

    A cause de la pluie de la veille, il y a peu de courants acendants mais nous tournoyons un long moment au-dessus d'une ravine. Sous nous, les piscines font des taches bleues. Il règne un calme impressionnant, là-haut et entre deux photos, je discute avec le moniteur, qui est vraiment sympa. 

    Après une trentaine de minutes, nous survolons la plage. La mer est transparente, c'est impressionnant. Je l'avais oublié car depuis mon arrivée, je ne me suis baignée qu'une fois et ne m'aventure pas loin du bord. Pas envie de servir de déjeuner à un squale. Une tortue marine se laisse bercer dans les vagues. Les blocs de corail font des taches gris-brun dans le fond de l'eau. 

    " Ca ne parait pas, mais il y a 15 mètres de profondeur", ajoute Eric. 

    Après un dernier petit tour, j'aperçois ma mère et Cricri, sur la plage, qui immortalisent mon atterrissage. 

    J'ai ramassé le prospectus de Azurtech par hasard, lors de la visite de la coopérative de Bras-Panon, mais si vous avez envie de voler en parapente à la Réunion, je vous les recommande chaudement. Il ne s'agit pas d'un club, mais de l'une des 3 écoles de parapente de l'île. Ils limitent leur activité à 3 par jour, pour des raisons de sécurité, alors que d'autres font des allers-retours incessants.

    Cricri, dont la famille a déjà sauté lors de précédents séjours, m'a confirmé qu'à l'issue du vol, les moniteurs tournent vite les talons, alors qu'Eric a discuté longtemps avec lui en repliant sa voile. J'ai fait graver la vidéo et les photos du vol sur un CD, j'en publierai quand je mettrai la main sur un ordinateur. 

    http://www.azurtech.com

  • Une nuit dans le cirque de Mafate

    Hier matin, je suis réveillée à 5h15. C'est qu'ici, le rythme n'est pas le même; la nuit tombe vers 18h, on se couche très tôt (avant 22h) et on se lève très tôt (vers 7h).

    Celui que je considère comme mon deuxième papa mais que j'appelerai ici Cricri avait dit "On doit être partis à 7h15 au plus tard". Vers 6h45, je m'amuse de le voir s'agiter en silence, faisant, en bon militaire, les dernières vérifications : "Sophie, tu as pensé au poncho ?" Il a élevé 3 garçons mais, comme il dit, "il connait bien les femmes". 

    7h05, la voiture se met en route. A 8h, nous récupérons Cliane à Saint-Denis et c'est parti pour 2 heures de route dans Salazie et ses virages. A 10h11 très précisément (j'ai mis Runtastic Pro en route mais hélas, le GPS refuse de s'activer, comme souvent), nous harnachons nos sacs à dos et quittons le parking pour rejoindre le Col des Boeufs, point de départ de notre randonnée jusqu'à Marla, où nous dormirons en gîte. Le cirque de Mafate est le plus sauvage et le seul des 3 cirques de La Réunion qui ne soit accessible qu'à pied.

    Il fait un beau soleil mais frais, la température idéale. Sur une pierre, un petit oiseau à la gorge caramel sautille, "C'est le tec tec, l'ami des randonneurs", me dit Cricri. 

    La végétation est luxuriante et nos deux guides satisfont notre curiosité. Cliane pointe une feuille veloutée : "C'est une feuille de bringellier, avant, on s'en servait comme éponge" ... "et comme papier toilette", ajoute Cricri. Il y a aussi de drôles de tiges brunes qui se terminent en queue d'hippocampe, des fouggâteaurborescentes qu'on appelle "fanjan" ici. Nous sommes à 1810 mètres d'altitude. La descente est rude et ma mère, percluse d'arthrose, souffre. Cricri tente de l'aider, prodigue des conseils, propose de porter son sac à dos et se fait engueuler.

    Dans la plaine des tamarins, de nombreux arbres ont été déracinés par la tempête. Ces tamarins là ne donnent pas de fruits mais leurs troncs gris sur le vert vif de la végétation sont du plus bel effet. Nous croisons de nombreux randonneurs et quelques vaches et l'une me menace de ses cornes, je déguerpis sans demander mon reste.

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    Cricri me montre, dans le lointain, quelques toits rouges (photo ci-dessus). C'est là que nous allons dormir, à Marla. Ça ne parait pas loin mais à l'exception de la plaine des Tamarins, ce ne sont que montées et descentes, et les marches sont hautes. Je suis ma mère et sa jambe gauche tremble quand elle la pose, je ne dis rien mais je suis inquiète. Et si elle tombait et se faisait mal ? Je passe devant elle pour ne pas accroître son stress.

    "Avancez au lieu de tchatcher comme des pintades" leur lance Cricri. Il me fait rire et surtout, me fait énormément penser à mon grand-père : bourru mais sensible. Je ne pouvais pas rêver meilleur guide que cet ancien militaire, très sportif, qui a fait 3 fois la Diagonale des Fous (qui porte bien son nom!) et a travaillé comme bénévole sur le Grand Raid pendant 15 ans. 

    Arrivés à la rivière des galets, que nous traversons en sautant sur les pierres, c'est l'heure du pique-nique, qu'on savoure. Après ça, je m'offre une petite pause à la fraîche, dans le fracas de l'eau vive. 

    la réunion,marla

    En repartant, je prends en photo les nombreuses et délicates lantanas (aussi appelées corbeilles d'or ou galaberts) qui bordent le sentier. Il y a aussi des figuiers de Barbarie. Et ça grimpe, ça grimpe ... 

    la réunion,marla

    Après près de 4 heures de marche, nous voici devant une petite église en tôle, l'église de Marla. "On y a fait 2 mariages et un enterrement", raconte Cliane.Et elle raconte aussi la marche en talons hauts et robe de soirée jusqu'au village et le père de la mariée qui ouvrait le cortège en jouant de l'accordéon. Ensuite c'est l'école de Marla, dont la simplicité rappelle mon école en Alemagne. 

    la réunion,marla

    L'îlet de Marla est à 1620m d'altitude. Chez Fanélie, les vêtements séchent sur le toit et la Dodo nous attend, bien fraîche. Les enfants nous embrassent timidement. Bientôt, la maitresse de l'école de Marla s'attable avec nous. Vers 17h30, nous prenons possession de notre gîte. J'avoue que je piquerais bien une petite sieste. On prend tous une douche et vers 19h30, nous entrons dans la salle à manger, où sont attendus "21 randonneurs, avec vous". Cricri préside en bout de table et l'institutrice s'installe avec nous. Une fiole de rhum arrangé orange-ananas nous attend.

    Avec 21 personnes dans une petite salle, le brouhaha est énorme et on s'entend à peine parler. Je surprend le regard dans le vague de Cricri, comme déconnecté de ce qui l'entoure et je me souviens que, comme mon père, ses oreilles ont souffert des tirs de munitions à l'armée, et qu'il n'entend rien de ce que nous disons. Je ne veux pas qu'il passe le repas comme ça, alors je vais le voir et lui glisse à l'oreille "Si je viens m'installer à côté de toi, ça te dérange ?". "Vas-y, viens, répond-il". Je prend ma chaise et m'installe avec lui en bout de table. Quand je lui demande s'il veut un verre de vin, il secoue la tête " Il paraît que je fais mon intéressant, alors ça m'a coupé l'envie de boire un verre de rouge". Cricri a été vexé par la réflexion d'une des femmes mais quand quelques minutes plus tard, je lui sers un verre, il ne dit rien et trinque avec moi.

    La salade fraîche de chou, carottes et tomates est délicieuse. Ensuite, rougail saucisses, cari poulet, riz blanc, haricots et rougail de tomates-arbuste, qui poussent devant la maison. Je n'avais jamais vu de tomates sur des arbres ... En dessert, du gateau "tisson" aux pêches. Je fais épeler à Cliane, qui m'explique que le gateau ti'son, c'est un gâteau au son de mais. 

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    Il est 21h28 quand je pose ma tête sur l'oreiller et je n'ai pas souvenir d'avoir cherché le sommeil....

    Le lendemain matin, la pluie me réveille. Il est 5h45 et je me laisse bercer jusqu'à 6h30. Une heure plus tard, nous mangeons rapidement notre petit-déjeuner, réglons les 40 euros de notre séjour, enfilons nos ponchos et reprenons la route sous une pluie battante. Le retour que j'appréhende à cause des sols détrempés, est au moins aussi agréable que l'aller. Il fait frais, les crapauds sautillent dans l'herbe, les montagnes pleurent des cascades de larmes blanches.

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    Seulement cette fois, pas question de traverser la rivière des galets, grossie par la pluie, en sautillant sur les pierres. Nous sommes obligés de faire un détour et d'emprunter la passerelle d'Ethève. C'est impressionnant, à 5 mètres au dessus de la rivière déchaînée. 

    Peu avant 13 heures et une cueillette d'énormes chouchoux (j'ai l'impression d'être à la fête foraine en train d'essayer d'attraper la queue du Mickey), nous voilà enfin au col des Boeufs. Je ne suis pas mécontente d'être arrivée au bout de cette randonnée sportive sans que personne ne se soit fait mal. Même pas moi qui me suis retrouvée les 4 fers en l'air à 100 mètres de l'arrivée ..

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    "Si tu viens à La Réunion et que tu n'es pas descendu dans Mafate, dit Cricri, tu n'as rien vu". J'avais fait Salazie et Cilaos, ne manquait que celui-là, la boucle est bouclée. 

  • De Saint-Paul, vue sur l'océan Indien, enfin !

    Je les ai attendues, ces vacances ... en 1 an et 4 mois que j'ai changé d'employeur, seulement 15 jours de vacances en Charentes où je me suis pelé le cul. J'ai compté les mois, puis les jours et depuis hier, j'y suis !

    Le but de mon voyage, c'est Madagascar, où je vais retrouver une ancienne collège, partie s'y installer il y a un peu plus de 6 mois. Mais venir à Madagascar sans passer par la Réunion, où vivent ceux que je considère comme mes parents et qui me connaissent depuis que j'ai 3 ans, c'eut été indéfendable. Alors j'ai embarqué Mère Mi avec moi. Au retour de Madagascar, je la récupère et on rentre ensemble en métropole. Mais ça, c'est dans 3 semaines. 

    La dernière fois que je suis venue ici, c'était en 99. Et avant ça, j'étais venue seule en 95 et avais passé 3 semaines à crapahuter à travers l'île avec Christian, ancien militaire comme mon père et sportif chevronné.

    Au déjeuner hier, un rhum litchi pour fêter nos retrouvailles et mon plat préféré, le rougail saucisses. L'après-midi, une bonne sieste pour se remettre du vol de nuit, puis d'énormes avocats et des fruits de la passion. 

    Ce matin, lever 6h (les paysages à la Réunion, ça se mérite) pour monter jusqu'au Maido, puis vers 11h, en route pour la plage de l'Hermitage où on a mangé à volonté au Cap Méchant avant une bonne sieste à l'ombre.

    Refroidie par les nombreux croquages de z'oreilles, j'avais promis, juré que je ne mettrais pas un pied dans l'eau. On a même bien rigolé avec ma bande de collègues qui m'imaginaient revenant en femme-tronc (comme si on revenait souvent d'une rencontre avec un requin), mais je n'ai pas résisté 30 secondes à la tiédeur de l'océan indien. C'est mon frère qui va m'engueuler, surtout que j'étais censée surveiller ma mère, qui a fait le voyage avec moi ...

    Voilà, chers lecteurs, je vais essayer de bloguer chaque jour, surtout de Madagascar que j'attends avec impatience. A bientôt !