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2yeux2oreilles - Page 32

  • Ma nouvelle boîte

    Dès la première journée chez mon nouvel employeur, je me suis marrée en relevant quelques similitudes avec mon ex-boîte :

    - le badge obligatoire pour circuler (même dans l’ascenseur)

    - les salariés répartis sur 2 étages dans 2 bâtiments (juste séparés par une passerelle, cette fois)

    - la femme du PDG (mais c'est loin d'être un emploi fictif ici, elle abat un boulot monstre)

    Et aussi :

    La moquette fatiguée

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    Le babyfoot dans la salle de pause (et j'y joue, ici !) :

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    Trève de plaisanterie; j’ai gagné sur pas mal de points.

    Le premier, et pas des moindres en région parisienne, le temps de trajet pour rejoindre nos bureaux. J’ai ainsi troqué mes 1h10 minimum avec 2 correspondances (Châtelet puis Saint Lazare) contre 45 minutes de porte à porte (et assise puisque je prends le bus dès le départ de la ligne). Depuis la semaine dernière, j’ai même retrouvé les vieilles habitudes de l’époque où je travaillais pour un groupe de la grande distribution et j’ai tenté le trajet en vélib’ : 6,9 kms en 31 minutes et 126 calories grillées (merci la super appli Runtastic). Pour l’instant, je me contente de pédaler sur le trajet aller 1 jour sur 2. Dans peu de temps vous allez pouvoir m’appeler « Cuisse de mouche fleur de banlieue » ;)

    Le deuxième point fort agréable, c’est le quartier dans lequel je travaille. A 200 mètres d’une station de métro, il fourmille de restaurants, terrasses et boutiques. Il y a même un centre commercial, un bureau de poste et une médiathèque à 2 pas. Ca me change du quartier Charlebourg de Colombes avec ses 3 pauvres restos, sa boutique Grobill et son dépôt de pain. D’ailleurs maintenant que j’y pense, c’est la première fois, depuis 10 ans que je suis revenue en France, que je bosse dans un quartier sympa (j’ai fait successivement Issy Val de Seine, les quais d’Ivry et Colombes). En revanche, il ne faudra pas que j’aille trop souvent faire du lèche-vitrines entre midi et 2 (60€ claqués en 20 minutes la semaine dernière)

    Enfin, les bureaux eux-mêmes. Dans un bel immeuble en verre, sur un plateau baigné de lumière d’environ 50 m² où on n’est que 10 (mes ex-collègues comprendront), j’ai MON bureau, MON caisson, MON téléphone et surtout, comble du luxe : MA poubelle.

    Et on a des fauteuils de compèt' ici ('tention vos cervicales !) :

     

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    Et puis, détail très apprécié de la réfractaire à la montre que je suis : dès le lendemain de mon arrivée, ma boss a devancé mes craintes : « Normalement on arrive entre 9h et 9h30 mais si tu rentres de déplacement, tu peux arriver jusqu’à 10 heures sans problème. Et si tu besoin d’arriver plus tard ou partir plus tôt, tu te mets en indispo dans ton agenda pour que je ne te colle pas de rendez-vous, il n’y a aucun problème. »  Aaaaah !  

    Au niveau du périmètre hiérarchique, pas de flou : j'ai une seule chef, c'est ma chef. Dans mon ex-boîte, elle avait délégué une partie de son management aux chefs de projets dont certains, en mal de pouvoir, souffraient de sérieuses lacunes en communication (verbale).  

    Et enfin, l'outil sur lequel je forme : beau, stable, convivial, intuitif. Malgré le fait que j'aborde un secteur d'activité qui m'est totalement inconnu, je n'ai pas d'inquiétudes sur ma prise en main rapide (et ma boss non plus d'ailleurs, à l'entendre).

    Il y a aussi des choses qui me manquent. Pas mon ex-PDG, ça c’est sûr. Mon nouveau PDG, lui, n'est pas un actionnaire mais un véritable entrepreneur. Cette boîte, il l'a fondée et son oeil pétille quand il retrace son parcours et ses débuts difficles. Souriant et charismatique, la formule « Ma porte est ouverte » n’est visiblement pas qu’une formule chez lui. Mon N+2, quand à lui, est aussi sympa et avenant que mon ex N+2; il y a de l’intégrateur en lui aussi, c’est sûr.

    En revanche, le sourire, la bonne humeur, l'écoute, en un mot l'humanité de mon ex-chef me manquent. Ma nouvelle boss ne s’est pour l’instant quasi pas occupée de moi. Le premier jour, au téléphone, elle a envoyé un formateur m’accueillir. Enfin disponible, elle ne m’a même pas offert le café avant d’attaquer ma formation ni n’est venue déjeuner avec moi de toute la semaine. Mon agenda a été rempli en 2 temps 3 mouvements de réunions et présentations dont j’ignorais le contenu. Et depuis 1 mois, je bosse dans mon coin ; elle ne s’est pas enquise une seule fois de mon avancement ou mes questions éventuelles. «Ca fait déjà 1 mois que tu es là. Il faudra quand même qu’on se voit » a-t-elle dit hier. A sa décharge, elle a plusieurs casquettes dans la boîte et est visiblement surchargée de travail.

    Certaines de mes collègues formateurs me manquent cruellement. D'ailleurs je les ai tous les jours au téléphone. Anciens managers, ils avaient un dynamisme et un relationnel que je ne retrouve pas chez les 2 formateurs avec lesquels je bosserai désormais. D'ailleurs, je n'ai pas tellement l'impression qu'ils bossent ensemble. D’une équipe de 11 formateurs parfois dissipés mais pros et surtout proactifs, je suis passée à un trio dont je serai sans doute la plus agitée.

    L’homme de notre trio, un pur batave au nom imprononçable qui m’a accueillie le premier jour, est vraiment jovial et très sympa. Il a même réussi à me faire entrer dans un café Starbucks. D’ailleurs je l’ai déjà présenté à mon frère qui bosse à 2 pas (une autre bonne surprise).

    Ma voisine de gauche, la plus ancienne de l’équipe, ne m’a pas calculée pendant 1 semaine ; même répondre à mon bonjour lui arrachait visiblement la gueule. J’ai questionné mon collègue qui m’a laissé entendre qu’elle était très compétente mais aussi très lunatique et étiquetée « râleuse ». Et puis un matin, j’ai entendu « J’adore tes chaussures ! ». Je n’ai pas levé la tête, persuadée qu’elle ne s’adressait pas à moi, et puis elle m’a fait un exposé de 30 minutes sur mes pompes. Depuis elle me tient la jambe à chaque fois que je lève le nez de mon écran. La technique du « laisser venir » marche toujours, avec les humains comme avec les animaux ... 

  • Mes préférences cérébrales

    Notre formatrice nous distribue un questionnaire permettant de définir nos préférences cérébrales. J'ai déjà fait ce test ou un de ses dérivés : une fois lors de mon bilan de compétences en 2005 et l'année dernière où j'ai servi avec plaisir de "cobaye" à une amie qui appliquait la méthode OPR (Optimisation du Potentiel Relationnel). Si je n'ai pas eu le détail des résultats lors de mon bilan de compétences, mon amie-conseillère m'a fait une restitution très détaillée de mon profil.

    Une précision importante qui est réaffirmée en début de document et qu'il faut garder en mémoire : toutes les informations de cette étude ne peuvent être complètement vraies, toutes les informations de cette étude ne peuvent être complètement fausses.

    Il y a quasiment un an, j'avais une dominante très marquée en 2 (Intégratrice) puis presqu'à égalité en 4 et 3 ((Analytique et Organisatrice). Si on reprend les quadrants d'Herrmann, ma principale motivation était donc d'être aimée, ensuite presqu'à égalité, j'avais un besoin de résultats et de sécurité . J'avais une dominante limbique (sentiments).

    A cette époque, je venais de vivre 6 mois de conditions de formation difficiles, sur un logiciel devenu instable. Mes formations en étaient perturbées, les clients mécontents et moi j'avais le sentiment de faire le tour de France sur un vélo aux pneus crevés. En langage Fisoesque : de faire de la merde. Et je n'étais pas la seule : les collègues qui formaient sur ce logiciel était dans le même désarroi que moi.

    En même temps que je posais un regard critique sur ma société, son organisation et nos méthodes, j'avais identifié des carences et des pistes d'amélioration (l'analytique en moi) et venais de proposer à ma boss de la seconder. Je voulais mettre en avant et utiliser les multiples compétences de mes collègues formateurs et surtout uniformiser et professionnaliser nos méthodes. En juin très précisément, au moment de cette étude par mon amie, j'étais en attente de la réponse de la direction qui devait valider la création de ce poste.

    Quel que soit le poste que j'ai occupé, je me suis toujours éclatée quand il s'agissait d'amélioration de la qualité. Ce doit être mon destin. Il y a plusieurs années, en Irlande, nous avions suivi un séminaire au bord de la mer et fait ce genre de jeux de rôles;  on m'avait qualifiée de "défricheuse".

    Cette année, j'obtiens un profil presque "rond", à savoir une proportion de 27,5% en 2 (Intégratrice), 25% à égalité en 4 (Analytique) et 1 (Exploratrice) et 22,5% en 3 (Organisatrice). Si ma motivation principale dans le travail est toujours d'être aimée, elle est désormais à égalité avec le besoin de résultats et de reconnaissance.
    En revanche, disparu le besoin de sécurité : j'ai changé d'employeur il y a un mois, et donc d'outil de travail.

    Un résultat sensiblement différent de celui d'il y a un an. Saisie de doutes sur le crédit à apporter à ces études, j'ai appelé mon amie-conseillère et lui ai demandé pourquoi mon profil avait bougé.

    "C'est normal, ma biche, a-t-elle dit. Tu as changé."

    Et c'est vrai, je sens bien que j'ai acquis de la maturité affective et de la sagesse, depuis 1 an. Mon besoin d'être aimée a chuté, même s'il reste dominant, laissant plus de place à l'analyse et l'exploration. C'est parce qu'après 4 ans de formation, j'ai l'expérience nécessaire pour prendre du recul, faire le bilan de cette expérience et me lancer dans de nouvelles aventures, ce que je suis précisément en train de faire.
    Je suis aussi passée d'une dominante limbique à une dominante corticale. Il faut dire que j'ai appliqué les conseils de mon amie, à savoir mieux maîtriser mon émotivité : j'ai découvert et pratiqué l'échelle émotionnelle, lu quantité de bouquins qui ne font appel qu'au bon sens, sur la communication, l'acceptation de soi et l'intelligence émotionnelle. Et j'ai pas mal déchanté sur la nature humaine en fin d'année mais ça ne m'a pas affectée plus que ça. J'ai beaucoup plus d'indulgence, ce qui ne m'empêche pas de rayer les gens plus facilement de ma vie.

    Serais-je enfin à la hauteur de mon prénom ?

    [La suite au prochain numéro]

  • Kiwi(s) !

    Le samedi 4 mai, c'était ma dernière balade bénévole pour Parisien d'Un Jour. N'ayant pas réussi à honorer, en 2012, les 6 balades annuelles minimum demandées, j'ai préféré arrêter. Difficile de sacrifier une demi-journée de son précieux weekend quand, en déplacement chaque semaine ou presque, c'est le seul moment que l'on peut consacrer à ses amis. Et encore plus à l'arrivée des beaux jours, où mes envies de weekends au vert sont aussi fréquentes que les mails de PDJ.

    Et puis j'ai un autre projet de bénévolat dont j'espère vous parler bientôt, quand ma candidature sera acceptée. Un projet très enthousiasmant, en parfaite cohérence avec mes valeurs et mon parcours professionnel.

    N'empêche, être guide bénévole pour Parisien d'Un Jour a été une belle expérience. J'ai rejoint l'association en septembre 2011 pour d'une part, contribuer à donner une meilleure image des habitants de ma jungle urbaine et d'autre part, multiplier les occasions - trop rares - de converser en anglais. J'ose croire que j'ai rempli ma mission. De son côté, PDJ a exaucé mes voeux en ne m'envoyant que des visiteurs anglophones, à l'exception de Paola, ma petite Colombienne.

    Le 4 mai, donc, je suis passée chercher Angie et Stan, un couple de fermiers néo-zélandais, dans leur joli hôtel La Maison Favart (A), du côté de Richelieu-Drouot. Du coup, nous avons fait ma balade, qui devait partir de la place de la Concorde, à l'envers. J'ai fait un démarrage en beauté en partant dans la direction opposée de celle souhaitée, ce dont je me suis rendu compte en arrivant à l'angle des rues Lafayette et de Châteaudun. "Ce n'est pas grave, Sophie, a dit Angie, nous on est contents de visiter Paris".

    Du coup, comme on repassait du côté de Richelieu-Drouot et que je leur parlais des passages parisiens, nous avons fait un détour par le passage Jouffroy (B) et celui des Panoramas (C).

    De là, nous prenons la rue Vivienne et comme je ne suis pas encore dans un de "mes quartiers", je marque un rapide arrêt pour m'asssurer, plan à la main, que celle-ci débouche bien sur le Palais-Royal. Deux hommes s'arrêtent successivement pour proposer leur aide. "Arrêtez, je suis censée être guide touristique, dis-je en rigolant".

    Nous longeons la place de la Bourse (D), que Stan prend en photo pour un de ses fils qui travaille à la bourse d'Auckland. La rue Vivienne est quasi déserte par cette première belle journée ensoleillée qui a favorisé une fuite des Parisiens. Cette parenthèse silencieuse est bien agréable entre le vacarme du boulevard Montmartre que nous venons de quitter et celui de la rue de Rivoli qui nous attend.

    Mes fermiers néo-zélandais ont l'air plutôt sereins dans ma jungle urbaine, eux qui vivent en plein centre de l'île avec leurs moutons et pas grand-monde à la ronde. Angie a une maison d'hôtes et m'invite à y séjourner. "Si vous avez des moutons, vous faites des barbecues", demandai-je à Stan. "Oh oui !" Cet argument, couplé à l'alléchante description du pain maison d'Angie, visiblement fort apprécié de ses visiteurs, et une vieille envie de visiter la Nouvelle-Zélande me séduisent. En plus, Stan tond lui-même ses moutons et même s'il n'est pas galbé comme Luke O'Neill dans "Les oiseaux se cachent pour mourir ", ça doit valoir le spectacle.

    Nous voici dans la rue de Beaujolais, au charme rétro avec son escalier en pierre et nous entrons dans le jardin du Palais-Royal (E) où Parisiens et touristes se rafraîchissent au bord de fontaines. Le temps d'une pause photo sous les roses, je découvre qu'en Nouvelle-Zélande, on ne dit pas "Cheese" pour garantir un sourire photogénique mais "Kiwi". Je raconte à mes compagnons l'anecdote du petit canon du Palais-Royal et profite de ce détour pour entraîner Angie dans la boutique de Serge Lutens. Elle aimerait dénicher une tenue pour le mariage d'un de ses fils, je propose donc de terminer la promenade aux Grands Magasins du boulevard Haussmann, où elle devrait trouver son bonheur.

    Pour l'heure nous traversons le parterre de colonnes de Buren pour rejoindre la place Colette, jeter un oeil à la Comédie Française et rejoindre le Louvre et sa pyramide de verre, que Stan n'a jamais vue. Je laisse le choix à mes visiteurs de l'axe pour rejoindre la place de la Concorde, soit le jardin des Tuileries, soit la rue de Rivoli. Ils choisissent le jardin (G), que je n'ai pas traversé depuis une bonne dizaine d'années ! C'est l'occasion pour moi de découvrir que la superbe arche qui fait face au Louvre rend hommage à Napoléon.

    Nous voici place de la Concorde (H) où avant l'obélisque trônait une autre curiosité qui fit perdre la tête, au sens propre, à Marie-Antoinette, Danton, Charlotte Corday et plus de 1000 guillotinés en un an. J'aime bien amener les touristes sur cette place majestueuse qui a résonné, autrefois, des cris de l'hystérie collective. Mes Néo-Zélandais, comme beaucoup d'autres, pensaient que la guillotine se trouvait place de la Bastille; c'est qu'elle a pas mal voyagé, la Veuve ...

    De la place de la Concorde nous rejoignons la rue de Castiglione qui, comme nombre de rues alentour, célèbre une victoire napoléonienne et aussi, mais il faut avoir de bons yeux pour la débusquer, la mémoire de l'ambassade du Texas, dont la France fut le seul pays à reconnaître l'indépendance, pendant les 9 années où, libéré du Mexique, il n'était pas encore tombé aux mains des Américians.

    Nous débouchons place Vendôme dont la colonne de bronze, inspirée de celle de Trojan à Rome, fut érigée en fondant les canons pris aux Russes et Autrichiens. Pour l'anecdote, sous la seconde guerre mondiale, les nazis élurentt domicile ici, au Ritz, tandis qu'à leur nez et barbe, au n°15, s'installait le réseau de résistants Saint-Jacques, dirigé par Maurice Duclos.

    Angie et Stan ont soif et envie de m'offrir un verre, je les emmène donc place du Marché Saint Honoré (I), histoire de profiter d'une terrasse sans circulation automobile. Je bois du cidre tandis que Stan paie 7€ pour un verre de vin. Avoir soif coûte la peau du cul, place du marché Saint Honoré ... Je montre à mes compagnons le chemin parcouru, pour qu'Angie puisse en retrouver les étapes dans son guide touristique. Et je leur conseille vivement, le lendemain matin, de profiter de leurs dernières heures parisiennes pour se balader dans Montmartre plutôt que sur les Champs-Elysées.

    La balade touche à sa fin. Cette pause nous a un peu coupé les jambes et je propose de remonter jusqu'aux grands magasins en bus, que nous prenons avenue de l'Opéra (J).

    A 19 heures, j'abandonne Stan et Angie dans l'effervescence du Printemps Haussmann, les embrasse et leur fait promettre de me raconter la suite de leur séjour parisien. Nous avons passé 4 heures à marcher et parcouru pas loin de 5 kilomètres, je suis éreintée, retour maison pour un samedi soir sur mon canapé, avec un bon verre de rhum.

     
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  • Les préférences cérébrales (travaux de Ned Herrmann)

    Après un rappel des 3 niveaux physiologiques du cerveau : le cerveau reptilien, siège des instincts, le cerveau limbique, siège des émotions et le cortex, siège du raisonnement, notre formatrice nous a demandé si nous connaissions la théorie des préférences cérébrales d'Herrmann.

    Le profil élaboré grâce au questionnaire HBDI (Herrmann Brain Dominance Instrument) tient compte à la fois des modes corticaux / limbiques et du schéma binaire cerveau gauche / droit pour identifier les préférences cérébrales de chacun. Celles-ci conditionnent nos choix professionnels, notre manière de travailler, d'apprendre, de manager et de communiquer en nous faisant préférer les activités qui nous sont faciles à celles nous posant des difficultés .

    Le profil défini par le questionnaire HBDI comporte donc 4 quadrants et ressemble à ça :

    herrmann

    Si je résume ce que j'ai compris, les personnes à dominante corticale (quadrants supérieurs) sont dans le raisonnement; elles travaillent pour une idée, un projet. Celles à dominante limbique (quadrants inférieurs) sont régies par leurs émotions et travaillent pour une personne.

    A cette composante corticale / limbique s'ajoute le schéma binaire cerveau gauche / droit. Le cerveau gauche s'appuierait sur le passé, ferait les choses par devoir et aime les certitudes tandis que le cerveau droit est tourné vers le futur, fait les choses par plaisir et aime l'incertitude.

    Voici les caractéristiques que j'ai notées pour chacun des 4 cadrants :

    - mode Cortical-Gauche, dit profil Analytique (bleu) :

    Son approche : logique, analytique, factuel, quantitatif, rationnel.

    Son besoin : obtenir de la performance (résultats).

    Son portrait : ne change que ce qui ne fonctionne pas, aborde les choses de façon logique et analytique, s'appuie sur des faits mathématiques (chiffres), aborde les problèmes en s'appuyant sur leur aspect financier. Peut paraître dictatorial, dur, froid, dévalorisant, pinailleur. S'habille de couleurs neutres. Pour le convaincre, il faut des preuves, des faits.

    Métiers dans lesquels il réussit : ceux exigeant une prise de décision, de responsabilités comme ingénieur, scientifique, finance, juridique.

    - mode Cortical-Droit, dit profil Explorateur (jaune) :

    Son approche : intuitif, global, imaginatif, synthétique, artistique.

    Son besoin : être reconnu, félicité.

    Son portrait : 1000 idées à la seconde, remet sans cesse en question le présent, imagine des solutions nouvelles, aime l'inconnu, la nouveauté, doit se faire plaisir. Il résout les problèmes en les abordant de façon globale et en s'appuyant sur son intuition. Il porte des couleurs vives, s'habille de façon originale. Peut paraître fantaisiste, rêveur, marginal, irréaliste.

    Métiers dans lesquels il réussit : commercial, artistique, entrepreneur, développeur, marketing, architecte.

    - mode Limbique-Droit, dit profil Intégrateur (rouge) :

    Son approche : émotif, interpersonnel, empathique, spiritualiste, musicien.

    Son besoin : être aimé.

    Son portrait : est communicatif (parle fort, regard direct), enthousiaste, a besoin d'échanges et de contacts humains, est sensible aux réactions et émotions d'autrui. Il privilégie les sentiments et la qualité de la relation humaine. On peut le trouver excessif, susceptible, "boy-scout", démagogue. Il porte des couleurs vives, s'habille de façon originale.

    Métiers dans lesquels il réussit : enseignement-formation, RH, social, communication, musique, médical.

    - mode Limbique-Gauche, dit profil Organisateur (vert) :

    Son approche : conservateur, organisé, planificateur, administratif, minutieux.

    Son besoin : se sentir en sécurité.

    Son portrait : a le souci de contrôler ses émotions, se rassure en mettant de l'ordre dans ses idées et son environnement, privilégie la prudence. On peut le trouver maniaque, rigide, conservateur, bureaucrate.

    Métiers dans lesquels il réussit : encadrement, administration, gestion, comptabilité, secrétariat.

    S'il existe généralement une dominante, tout individu fait appel aux quatre quadrants de réactivité cérébrale. Il les utilise avec des intensités variables selon sa personnalité, son histoire, le travail qu’il effectue, les circonstances, le milieu dans lequel il vit, le stress auquel il est soumis.

    Généralement, les profils "en diagonale" éprouvent des difficultés à travailler ensemble et doivent faire un pas l'un vers l'autre. Un analytique aura du mal à comprendre un intégrateur et vice-versa, de la même façon qu'un explorateur éprouvera des difficultés face à un organisateur. Ils ont pourtant beaucoup à s'apporter, pour peu qu'ils transforment leurs différences en atouts.

    L'intérêt principal du test HBDI dans la vie professionnelle ?

    Pour les personnes en quête d'orientation, il permet d'identifier les types de postes qui leur conviennent. Dans le cadre d'un recrutement, il aide à choisir le candidat dont le profil correspond le mieux aux qualités requises pour le poste à pourvoir. Il permet à un manager de construire une équipe à cerveau "total", donc plus efficace, et de répartir les tâches en fonction des facultés de chacun. Enfin, pour le collaborateur, cette prise de conscience des particularités individuelles permet de dédramatiser les tensions, de s'appuyer sur ses forces, d'accepter ses faiblesses, et surtout d'adapter sa façon de communiquer au profil adverse.

    Dans le prochain billet, je vous donnerai mon profil et vous dirai tous les enseignements que j'ai retirés de ce passionnant atelier.

  • Communication : Quand le non verbal nous trahit

    Nous avons ensuite fait un exercice sur le décodage du non verbal (bras croisés etc.), ce qui, là encore, a montré que ce qui est communément acquis n'est pas vrai pour tout le monde.

    Par exemple, le doigt pointé constamment par un des participants, et qui perturbait la formatrice parce que vécu comme un signe d'agression, ne me gêne aucunement car je l'interprète comme une marque de sincérité et d'ouverture. Tout comme les bras croisés, que je pratique souvent, habituellement interprété comme un signe de fermeture et de repli sur soi, ne me gêne pas chez l'autre.

    Notre formatrice a ensuite projeté une vidéo et nous a demandé d'observer le non verbal et de noter ce qui nous frappait. Il s'agit d'une interview de Xavier Bertrand par un journaliste du Courrier Picard. Un grand moment de communication qui a fait beaucoup de bruit :