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2yeux2oreilles - Page 35

  • On nous prend pour des glands

    Ca ne vous aura pas échappé. Les scandales alimentaires font, ces derniers temps, les gros titres des médias : lasagnes au boeuf à crinière, porc dans des plats censés ne pas en contenir. Ca doit durer depuis un bon moment et on n'est pas au bout de nos surprises, si vous voulez mon - humble - avis.

    J'avais déjà eu vent du foie gras du Sud-Ouest importé de Hongrie, de la charcuterie corse qui n'a jamais vu l'île de beauté, des champignons de Paris chinois et du Beaujolais aromatisé. Autant de tromperies qui scandalisent la gourmande que je suis.  

    La semaine dernière, je suis tombée par hasard sur "Le beurre et l'argent du beurre" (visible en replay pendant 1 semaine ici). Cet édifiant documentaire démontre à quel point la personnalité préférée des Français, le sympathique boulanger qui se lève à point d'heure pour cuire le croustillant croissant qui laissent les lèvres luisantes de plaisir, est en danger.

    En effet, si l'appellation "boulangerie" oblige à fabriquer son pain sur place, aucune règlementation ne régit la viennoiserie-pâtisserie. Résultat : 1 croissant sur 2 vendu en boulangerie - au prix de l'artisanat - serait industriel. Et quand on sait que fabriquer un éclair au chocolat revient 1,30€ à un artisan contre 0,70€ s'il est acheté aux filières industrielles, on comprend que la tentation soit grande, pour certains, de s'engouffrer dans la brèche.

    Les artisans se mobilisent. Une charte a été créée par un boulanger de Blois, excédé de ces pratiques peu scrupuleuses, et adoptée par la confédération des boulangers-pâtissiers. Elle oblige à prouver, sur facture, qu'aucune viennoiserie industrielle n'a été commandée dans l'année. Mais pour l'instant, rien ne réglemente la pâtisserie.
    L'intervenant de UFC-Que Choisir nous livre quelques astuces pour repérer la pâtisserie louche :
    - regarder la gamme proposée : trop importante, c'est louche !
    - analyser la régularité des gâteaux qui pourrait indiquer un produit fabriqué en chaîne
    - consulter les catalogues de pâtisseries industrielles disponibles sur internet (vous allez sans doute, comme moi, y reconnaître quelques produits déjà vus derrière les vitrines).
    - poser la question - tout simplement - à l'artisan (en espérant qu'il soit honnête)

    En consultant internet, j'ai lu les commentaires à propos de ce documentaire. Comme toujours, les artisans honnêtes et amoureux de leur métier s'insurgent et vitupèrent les journalistes, qu'ils accusent d'être à la solde des industriels. Ils remettent en question les "astuces", arguant que la régularité des produits est une des exigences de leur métier et en aucun cas la preuve d'une provenance industrielle. Alors, à qui et à quoi se fier ? Ce qui est sûr, c'est que le consommateur en a ras le pompon d'être pris pour un pigeon.

    A propos de pâtisseries, j'en ai découvert une belle la semaine dernière, sur les conseils de mes très sympathiques clientes haut-savoyardes. "Cet artisan mériterait d'être mis en valeur ailleurs qu'ici, à Passy" affirmait l'une d'elles. Et en effet, la boulangerie-pâtisserie-chocolaterie Zanin (aussi connue sous le nom de La Potinière) se cache dans un renfoncement sur la route de Chamonix. A l'intérieur, de superbes oeuvres, brillantes de fierté, s'étalent et parmi elles :
    - un Mont Blanc (coque chocolat-meringue-chantilly, crème de marrons)  qui ne ferait pas long feu face à moi et Oh!91 ...

    - à sa gauche, tout de blanc vêtu, un majestueux 2013 (crèmeux mangue-abricots, crème vanille-cristalline framboises, sablé breton)

    - habillé de jolis macarons verts, un suprême framboise (mousse framboise, crème brûlée vanille, dacquoise amande)

    Pas de doute, celui-là, c'est un créateur de saveurs !

    zanin, ça me scie les trompes

    Zanin au Fayet, 111 avenue de Chamonix (Tél : 04 50 78 27 03) et bientôt à Cluses ...

  • Mais pourquoi la salade ?

    Un vendredi soir, j'atterris de Barcelone et file illico presto chez une amie. Je l'ai rencontrée chez lui, il y a déjà quelques années. Elle est un de mes rares coups de foudre amicaux, comme ma belle nantaise. Nous partageons la même joie de vivre, une curiosité mâtinée de sensibilité et le goût des bonnes choses. Et puis d'autres que le temps a révélé : l'amour de l'écriture et des mots, de la liberté. Et Nina Simone.

    Dans l'appartement chaleureux, à l'image de son occupante, il y a déjà une jeune femme brune avec laquelle j'ai partagé, un soir, une coupe de champagne en terrasse. Et ce soir, c'est drôle, nous buvons encore du champagne, que mon amie a eu la délicatesse d'acheter pour fêter mon nouveau poste. Nous trinquons donc toutes trois bercées par la voix et au souvenir de Nina Simone, en attendant l'arrivée du dernier convive, unique et chanceux représentant de la gente masculine.
    Et le voilà, "Juan Pedro de la Vega", visiblement à l'aise au milieu de ce trio de gonzesses euphoriques.

    La soirée part dans tous les sens, entre initiation oenologique, molécules pharmaceutiques, musique, pratique du portugais, Alzheimer et cul, bien sûr ...
    Au bout d'un moment, j'ai tellement mal au ventre à force de rire que je me dis qu'il faut absolument que je garde une trace de nos conneries, histoire de me les repasser quand je serai à jeun. J'appuie donc sur la touche enregistreur vocal de mon téléphone, après en avoir avisé mes compagnons, et c'est parti pour 1h10 d'enregistrement qui m'a valu, hier, de me pisser dessus de rire sur mon siège dans le tramway. Il vous manque l'ambiance, les éclats de rire, l'accent inimitable de JPDLV qui avait souvent du mal à en placer une, mais pour eux, en voici quelques extraits :

    JPDLV : Le vin c'est l'ami des bavards, faut que je le mette aussi dans mon livre, ça. Moi les vins que j'adore, je m'indigne dessus ! Je m'indigne de plaisir, tiens, voilà.
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    JPDLV : Si je fais de la logistique aujourd'hui, c'est parce que je suis un musicien raté.
    J'étais le premier des trois à me lancer dans la musique. Ma soeur elle est diplômée de truc pour faire les tentures et tout le bordel, là, mon frère a fait Sciences Po, moi j'ai arrêté les études pour faire de la musique. Là aujourd'hui, moi je fais de la logistique, mon frère est chef d'orchestre et musicien professionnel et ma soeur est prof de claquettes.
    Une femme : Aujourd'hui c'est quoi le bilan ?
    JPDLV : Ben le bilan c'est que ça me casse les bullocks, tu vois ? Je suis l'artiste raté de la famille !
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    Une femme : Peux-tu me passer, s'il te plaît, un peu de vin qui, modérément, est un remède pour l'âme et pour le corps ?
    JPDLV  : Tiens la blogueuse, je te l'offre celle-là ... Tu peux leur demander à tes amis blogueurs : "Chers amis blogueurs, connaissez-vous des modérations bénéfiques ?"
    Je vous l'ai dit qu'à un moment j'allais me transformer, là, que Hulk allait arracher son tee shirt !
    Les femmes : Vas-y, arraches ! Arraches, on n'a rien vu là !
    JPDLV : Hulk il a pris un peu de poids ...
    Une femme : Y'a qu'à voir ses cannes, hein !
    JPDLV : Mes cannes de quoi ?
    Une femme : Ben il a des cannes de serin !
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    JPDLV en séquence émotion : Hé, tu te rappelles, à l'Alpe d'Huez, champagne le matin ?
    Une femme : Pfff, l'Alpe d'Huez, tu veux savoir mon souvenir ? L'Alpe d'Huez, sympa, mais je me suis dit "Petite joueuse" et "Plus jamais"'. Je ne tiens pas la route.
    JPDLV : Parce que ?
    Une femme : Mais manger, boire, à vomir ! J'avais la méga pression, vous m'avez fait un weekend bizutage, tu vas rentrer dans notre club et tout ... Sur les pistes, t'as les dents du fond qui baignent, t'as envie de gerber. Moi, j'ai des rêves d'orgie, j'aimerais mais je ne peux pas.
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    JPDLV : Quel est l'objectif de grumer, c'est d'exciter les papilles gustatives.
    Une femme : Alors, heu, moi, mes papilles gustatives, je les excite assez, hein !
    JPDLV : C'est un truc de bourgeois de verser le vin en douceur. Un vin, quand tu le débouches, tu le jettes dans la carafe. C'est le but, justement, faut que ça s'aère.
    Une femme : Juan Pedro, putain, les verres y sont vides !
    JPDLV : C'est le principe des préliminaires, tu chauffes, tu chauffes, tu chauffes ...
    Fiso : 30 minutes d'enregistrement ! Oh putain, je vais me régaler !
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    Une femme : Mon amant, quand il vient, c'est le lundi soir. Comme ça, j'ai toute la semaine pour m'en remettre. Et le mardi, banane, le mercredi, banane, le jeudi, banane, le vendredi, banane ! Bon, l'autre fois, il m'a eue, il est resté dormir ...
    Une autre femme : Je crois qu'il peut t'avoir facilement ...
    Fiso : Hé, attention, attention, tu sais que j'enregistre ?
    Une femme : Oh .. je croyais qu'elle avait arrêté. Bon, c'est pas grave. Alors, attention, mon amant XXX, ne jamais en parler parce que tout le connaît.
    JPDLV : C'est pas comme si quelqu'un était en train d'enregistrer ...
    Une femme : J'ai confiance. Donc je lui envoie des photos, je le chauffe, je le chauffe, bon j'en ai fait 50 avant qu'il y en ait une bien, mais lui il le sait pas ... J'ai un peu peur pour la prochaine fois ..
    Femme n°1  : Tu l'as un peu cherché, en même temps.
    Une femme : Ouais, faudra pas que j'aille pleurer ma mère, j'aurai que ce que je mérite, hein ...
    Femme n°1  : Juan Pedro il est largué, là ...
    JPDLV : Ca fait un quart d'heure que je comprends rien ...
    Une femme : Alors que l'autre, je lui ai mis un coup une fois, il a boité pendant une semaine. Il m'a fait un truc, ma jambe a fait un mouvement instinctif, je lui ai dit "Mais ne me fais pas ça, tu vas mourir !" Maintenant, je pense qu'il fait attention.
    JPDLV : J'suis limite tome 4, là.
    Une femme : Il me faut 5 hommes parce que j'ai pas tout dans 1. J'ai pas tout dans 1 ! Non mais c'est vrai, t'as tout dans une, toi ?
    JPDLV : Non mais le sujet n'est pas là. Quand on sait ce qu'on cherche, on a une chance de le trouver. C'est l'introduction déjà, ça.
    Une femme : Non mais tu me juges, là ? Mais moi je sais pas ce que je cherche !
    JPDLV : Ben c'est exactement ce que je suis en train de dire. Ça tombe bien que tu répondes ça parce que c'est exactement le sujet, tu vois !
    Une femme : Oui, alors ... Je ne sais pas forcément ce que je veux, mais je sais ce que je ne veux pas !
    JPDLV : D'accord. Mais c'était pas la question que je te posais non plus... C'est hyper agréable d'avoir des réponses aux questions qu'on ne se pose pas.
    Une femme : Et puis, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
    JPDLV : Ouais, j'ai bien vu la cuisine ce soir : y'a pas de salade !

  • Il faut savoir

    Sentir au frémissement du visage, imperceptible à d’autres que soi, les émotions qui rapetissent, rétrécissent et tétanisent, la peur et la tristesse. Regarder en face les sentiments qui agrippent, entravent et recroquevillent, la jalousie et la frustration. Alourdir son ventre et sa tête de désir inassouvi, de rêves indécents et humides. Se réveiller seule et coupable aux côtés d’un corps innocent et endormi. Regarder les minutes défiler jusqu’à son réveil. Faire semblant de dormir.

    Reconnaître qu’on est en train de perdre le contrôle de soi-même et qu’on commence à se mentir. Se souvenir de la promesse faite à soi-même. Renoncer aux simulacres et à la médiocrité. Choisir le repos d'un lit vide et froid plutôt que la chaleur du tien où je faiblis. Refuser le jeu et fuir pour ne pas nous perdre.

    Retenir d'un mot la voiture qui s'éloigne déjà et remercier d'un sourire qui n'ose pas dire qu'on n’a pas envie d’être seule, pas tout de suite. Parler à une amie qui n’est pas la nôtre et découvrir beaucoup de courage derrière l'apparente dureté. Caresser le chat aux yeux bleus et au prénom de crooner.  Accepter une bière pour retarder le moment de partir et parce qu’on est bien, là, avec l’homme au physique d’un autre siècle et au sourire si doux, qui nous écoute avec beaucoup d’attention, et sans feindre. Louer ensemble le plaisir à voyager seul et tellement présent aux autres. Penser, avec une pointe de tristesse mais sans pouvoir rien y faire, que d'autres s'enchaînent à des illusions pour ne pas être heureux.

    Et sur l’asphalte, s’envoler vers la liberté de choisir, enfin. Défier l’horizon barré de la vallée encaissée, attaquer les cols à grands coups d’accélérateur, comme des bouffées d’oxygène qu'on avale pour revenir à soi. Frôler les ravins et se dire qu’on a plus d’adhérence qu’on ne l’imaginait. Goûter la fraîcheur de l’air qui augmente et vivifie. Admirer les cimes encapuchonnées d'un blanc virginal et se sentir purifiée. Humer l'odeur du fromage chaud, caresser le bois et le bruit du silence. Et dormir enfin, apaisée, indulgente, réconciliée.

  • Ca c'est l'effet Impulse !

    Photo4723.jpgLe dernier soir de mon séjour à Lleida, à la bodeguita, au moment de régler ma note, un homme au comptoir a engagé la conversation.

    José, le patron, était penché sur sa machine, occupé à trancher pour moi de fines lamelles de son merveilleux jambon. Manuel, puisque c’est son nom, a fait des pieds et des mains pour que je reste. Il a proposé de me faire goûter un truc succulent que je n’ai jamais mangé (j’ai cru avoir mal compris ce qu’il me décrivait, mais la suite me prouva que non), puis de venir prendre un sorbet au citron à sa table et enfin une balade dans la ville.

    A bout d’arguments, il m’a montré des photos de Lyon où il a séjourné et aussi de copines, l’une flic à Paris, l’autre faisant partie d’Interpol. « Tu es dans la police ? » ai-je demandé. « Oui, mais il ne faut pas le dire ». Finalement, je lui ai promis un verre lors de mon prochain et dernier passage dans la ville. Et au moment de partir, José, le patron m’a fait un cadeau … J’en ris encore …

    Après le pain maison tout chaud offert il y a des années par un serveur de Dublin, la clé USB estampillée « Semences de France » de mon farceur de pote Hervé, José m’a offert le mets que Manuel tenait absolument à me faire goûter : une tête de mouton grillée sous vide !!!

    Je me marrais en repartant vers l’hôtel avec ma tête de mouton sous le bras … Je devrais faire une étude psychologique sur ce que j’inspire aux hommes, sérieux. ..

    Comme dirait mon admirateur de la semaine dernière (et déjà volatilisé) : « Les hommes te disent des choses et tu ne les écoutes pas ! » 

  • Tu penses encore à moi

    Si CUI se pose la question, dans sa jolie série dont je suis friande,  toi tu viens de me donner une réponse ...

    Ainsi donc, à la faveur des réseaux sociaux, tu m’as retrouvée. Quand j’ai vu ton nom apparaître, il ne m'a fallu que quelques secondes pour me souvenir de toi mais j’ai hésité à presser l'option "accepter", tant et si bien que je t’ai oublié pendant 2 semaines. Et puis, la curiosité aidant …

    C’était mon tout premier vrai travail. J’avas glorieusement raté mon bac et en septembre 1990, je débutais comme agent de sécurité à l’aéroport de Roissy. Hé oui, m’sieu-dames, c’est qu’elle en a fait des boulots, la Fiso !

    La première guerre du Golfe commençait, celle de Bush père, et avec elle, la parano sécuritaire. A 20 ans à peine, monter la garde sous un oiseau de métal et arpenter les couloirs d’un aéroport bruissant de langues et de cultures était un ravissement permanent pour l’amoureuse des voyages que j’étais déjà.

    Toi, tu avais de beaux yeux verts et graves, une moue boudeuse, une tignasse bouclée et un corps trapu et ferme. Nous étions collègues, tu étais réservé, c'est sans doute ce qui m'a séduite. Je t’intimidais, tu me l’as dit plus tard. Je ne sais plus combien de temps a duré notre amourette, 3-4 mois peut-être ?

    Je me souviens d’une nuit d’hiver passée sur un banc de Montmartre. Et de l'aube glacée sur ma peau dénudée. Je n’avais pas froid, à califourchon sur toi. On est fou quand on a 20 ans.

    Je me souviens aussi d’un weekend à La Haye, quelle idée, d’un jardin japonais et d’un hôtel à la hauteur de notre maigre salaire. Nous y étions partis avec un collègue italien qui, plus tard, a tenté, en vain, de me sauter, et sa copine philippine.

    Ton empressement à mon égard, ta possessivité et tes yeux de chien battu m’ont vite oppressée. Et puis, tu as commencé à être jaloux, et à faire des remarques sur mes jupes et mes décolletés, un peu trop suggestifs à ton goût. J’avais 20 ans et tu parlais vie à deux. Je t’ai quitté pour sortir presqu’aussitôt avec un beau garçon de notre équipe, qui portait le prénom de mon père. Je revois tes dents serrés et ton regard couleur de vase, qui charriait chagrin et colère. Je ne t’ai pas ménagé mais à en croire nos récents échanges, tu n'as que de bons souvenirs. Tu écris de jolies choses sur la bouture de femme que j'étais alors et que tu sembles avoir observée et cernée plus que je ne l'aurais imaginé.

    Tu écris que tu as souvent pensé à moi, que tu t’es demandé où j'étais et ce que j’étais devenue. Tu m’imaginais avec « une ribambelle de gamins » … De mon côté, 'ai demandé une photo pour vérifier si tu avais toujours ta tignasse bouclée. Tu es chauve maintenant et tu as grossi mais ton sourire n'a pas dsiparu. Tu sembles avoir de la tendresse pour moi, et des souvenirs beaucoup plus précis que les miens. Avec le recul, je réalise que j’ai peut-être été ton premier chagrin d’amour.

    Tu n’as jamais quitté l’aéroport de Roissy, ni sa périphérie où tu habitais. Tu es marié depuis dix ans et tu as deux enfants. Un matin sans doute, dans le terminal 1 où nous le buvions ensemble il y a plus de 20 ans, tu me rafraîchiras la mémoire devant un café.