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2yeux2oreilles - Page 37

  • Le Musée des Lettres et Manuscrits

    Weekend super culturel pour Fiso : après l’expo Hopper, samedi, un guide perso et passionné m’a fait visiter, dimanche, le musée des Lettres et Manuscrits, sis boulevard Saint Germain.

    Un hôtel particulier qui abrite des documents rares, grâce à la volonté du fondateur du musée, Gérard Lheritier,  de rapatrier en France notre patrimoine. On y trouve des documents historiques, comme une lettre traitant de la guerre de Cent Ans et signée de Charles V, une autre du maréchal Leclerc, planifiant la reconquête de Paris par la 2ème DB ou encore une lettre d’amour de Napoléon Bonaparte à Joséphine de Beauharnais. Le document qui m’a sans doute le plus impressionnée, c’est le procès de Louis XVI, où Robespierre, Danton et le duc d’Orléans, neveu du roi, votent sa mort, qui remportera à une voix près la majorité.

    Et l’anecdote historique la plus charmante que mon guide m’ait racontée, c’est celle des boules de Moulins, ces sphères étanches en zinc pouvant contenir jusqu’à 700 lettres. Cet ingénieux mais inefficace système fut mis en place par les provinciaux pour communiquer avec Paris assiégé par les Prussiens (dans l’autre sens, les Parisiens utilisaient les ballons montés et pigeons voyageurs). La dernière boule de Moulins fur retrouvée en 1988, et son contenu, propriété de la Poste, remis aux descendants des destinataires selon le principe que la mission de distribution du courrier n'a pas de limite dans le temps. Le courrier confié à La Poste doit arriver coûte que coûte (source Wikipédia).

    Dans la section Littérature, on trouve des documents de Romain Gary, et aussi des poèmes d’Aragon, des lettres de Baudelaire et André Breton. La section Musique dévoile de magnifiques partitions « pattes de mouche » de Schumann, Ravel et Tchaïkovski.

    Comme le faisait remarquer mon guide, ces témoignages de la vie d'hommes et de femmes illustres sont d'autant plus précieux qu'aujourd'hui, avec l'avènement de l'ordinateur, les manuscrits sont en voie de disparition et le cheminement de la pensée des auteurs disparait dans les méandres du clavier gommeur de ratures.

    Le site du musée (voir lien plus haut) permet déjà de visiter virtuellement cet endroit et même de zoomer sur des documents rares.

     

  • La Perle de Dalian

    Samedi soir, mon époux japonais (private joke) m’a emmenée dîner dans un restaurant chinois de raviolis, du côté de Voltaire. Je ne l'avais pas vu depuis son voyage au Japon, qu'il m'a raconté tout en faisant mine de s’offusquer de mes infidélités.

    J’ai beaucoup aimé ce restaurant de cuisine de Chine du nord, dont il me parle depuis des mois, la Perle de Dalian, rue Pétion, où l’on trouve à la carte des choses bizarres, pattes de poulet grillées, oreilles de porc pimentées, tripes de porc au piment, marmite de pieds de porc. C'est bien connu, dans le cochon, tout est bon !

    Nous avons partagé des raviolis - maison - spécialité du nord de la Chine, pour moi porc haché et fenouil, pour lui, porc haché, crevettes, oeuf et échalotes. Mon compagnon m'a ensuite convaincue de tenter son plat favori, du boeuf sauté à la coriandre, oignons et sésame. Un peu gras mais savoureux.

    En dessert, l’homme au crâne lisse a commandé pour nous deux des tāngyuán, de moelleuses boulettes de riz gluant fourrées de sésame noir et consommée dans un bouillon sucré.

    Tangyuan.jpg

    Un délice que ces étranges oeufs sucrés !!! On les consomme traditionnellement lors de la Fête des Lanternes, 15 jours après le Nouvel An chinois (le 10 février 2013) mais on les trouve toute l’année à la carte de la Perle de Dalian.

    La Perle de Dalian au 13 rue Pétion, Paris 11ème (01.43.67.18.81) M° Voltaire.

    Fermeture samedi et dimanche midis.

  • Edward Hopper au Grand Palais

    Hopper, à défaut de cul un peu de cultureArmée de mes super semelles à crampons spéciales neige-verglas, mes pieds glacés ont souffert pendant les 2 heures d'attente devant le Grand Palais. Au début c'était drôle, derrière nous, un type ressemblant comme deux gouttes d'eau à Cousteau, bonnet compris, houspillait vertement sa compagne.
    " C'est du snobisme de faire la queue pendant 3 heures pour voir une expo. Tu m'as bien eu, tu m'fais chier, t'es vraiment égoiste."
    Et coulant un regard vers la file prioritaire :
    " Et pis regarde ces fayots, là, ça fout rien, ça gagne du pognon, et ça passe devant tout le monde !"
    Nous on riait sous cape. A la place de la femme, je l'aurais viré manu militari mais elle restait imperturbable.
    Et puis, au bout d'un moment, on a commencé à le charrier, il nous a raconté sa vie, et ma mère aussi un peu la sienne et le temps a passé plus vite. Un type jouait de la clarinette, un chapeau à ses pieds, et quelques personnes ont commencé à valser pour se réchauffer. Deux femmes sont passées sous la barrière, grillant une bonne cinquantaine de places en un instant, mais le clarinettiste veillait au grain et la foule, furieuse, les a fait reculer jusqu'à leur place initiale. Si on se pelait le cul, on ne s'ennuyait donc pas.

    Mais le propos de ce billet, c'est l'expo Hopper, peintre dont, je dois l'avouer, je ne connaissais vaguement que quelques toiles. La première partie de l'exposition dévoile des oeuvres des peintres qui l'ont influencé, comme "Un bureau de coton" de Degas, si réaliste qu'on dirait une photographie, ou encore ce très beau nu de Félix Vallotton, "Femme nue regardant dans une psyché" :  

    felix valotton,Femme nue regardant dans une psychè, 1906.jpg


    On découvre ensuite de très jolies gravures de Hopper, puis les illustrations qu'il réalisa pour des magazines.

    A mi-chemin du parcours, sur un écran, des photos d'hommes, dans des poses lascives et suggestives, se succèdent. Un entracte incongru devant lequel je me pose. Je trouve à ses photos une ressemblance frappante avec ces publicités "porno-chics" qu'on voit souvent, maintenant, comme celle de Dior par exemple. Les photos sont belles et esthétiques, les regards perdus, tristes.

    Philip Lorca di Corcia.jpg

    Philip lorca di Corcia 2.jpg

    Philip Lorca di Corcia3.jpg


    En consultant le panneau mural, j'apprends que l'installation "Best seen, not heard" est de Philip Lorca di Corcia, photographe de mode d'origine italienne, auquel on trouverait une recherche de la lumière similaire à Hopper. Il s'agit d'une série de photos sur des prostitués de Los Angeles.

    Revenons à Hopper. Moi qui suis adepte des couleurs, j'ai été servie avec cette exposition. Les toiles de Hopper sont d'une luminosité incroyable, et éclaboussent les yeux, comme les bleus glacés de "Ground Swell" :

    Ground Swell Hopper.jpg

    Lighthouse Hopper.jpg

    Railroad sunset Hopper.jpg

    J'ai aimé son oeil voyeur et tendre qui plonge à l'intérieur d'appartements pour surprendre la mélancolie, les rêveries ou la solitude de couples vivant ensemble mais ne partageant rien.

    Couple Hopper.jpg

    Excursion into philosophy.jpg

    J'ai été subjuguée par les couleurs de ce tableau, "House at the fort", que les photos trouvées sur internet ne reproduisent absolument pas :

    House at the fort.jpg
    J'ai aussi découvert avec surprise la lugubre maison de "Psychose" d'Alfred Hitchcock :

    Psychose.jpg

    En revanche, je n'ai pas aimé ses nus, où on retrouve systématiquement la même femme, blonde ou rousse, hypersexuée et provocante, flirtant avec le vulgaire. La seule toile où j'ai trouvé le modèle magnifique est celle-ci, "Summertime" :

    Summertime Hopper.jpg

    Mais ses scènes de rue sont d'une grande beauté. Ici, "Automat" :

    Automat.jpg

    Là, "Chop Suey" :

    Chop Suey.jpg

    Bar Hopper.jpg

    A la sortie de l'expo, dans la boutique où je feuillette les hors-série consacrés à l'exposition, je retrouve les toiles que j'ai préférées, et les explications qui m'ont fait défaut, notamment sur l'étrange "Soir d'été", sa toile la plus connue, qui se veut une réponse à la vague de puritanisme américaine qui fait alors rage. Hopper y peint une fille de joie et son proxénète, et se met lui-même en scène face au clown.

    Soir bleu Hopper.jpg

    Une femme me glisse "Il y a un film magnifique sur la vie de Hopper, dans l'auditorium, à 16h30, allez-y, ça vaut vraiment le coup et il n'y a personne, allez-y". Merci du conseil madame, on refait le parcours en sens inverse, et on s'installe dans un auditorium fort confortable à l'heure dite, pour regarder "La toile blanche de Hopper", film de 52 minutes vendu dans la boutique. Il eût été regrettable de rater un tel documentaire, absolument passionnant. On y découvre l'artiste, auquel je trouve beaucoup de sensualité, et le couple Hopper, qui passait son temps à s'engueuler. On apprend que Josephine, la femme de Hopper, était d'une jalousie telle qu'elle exigeait d'être la seule femme à poser pour son mari.  La femme blonde/rousse de chacune de ses toiles, c'est donc elle. On y découvre aussi Hopper raconté par Wim Wenders, et des extraits de films qui démontrent l'influence de celui-ci sur le cinéma : "Mulholland Drive" de David Lynch, "Paris Texas" de Wim Wenders ou "Les tueurs" de Robert Siodmak. On y obtient aussi l'exlication de toiles qui m'ont moins marquée et préfigure la menace de la seconde guerre mondiale :

    Cape Cod Evening Hopper.jpg

    L'expo est prolongée jusqu'au 3 février, allez-y, c'est magnifique et surtout arrêtez-vous à l'auditorium !

  • Art aborigène au musée du quai Branly

    Aborigene.jpgDépêchez-vous, il ne vous reste que quelques jours pour découvrir les troublantes peintures acryliques de ce mouvement né dans les années 70.
    D'étonnantes figures géométriques, aux noms oniriques et aux effets hypnotiques, des peintures qui rapellent le style de Seurat. J'ai parfois été prise de vertiges, vraiment, ce fut une drôle d'expérience, troublante et intense. Des pièces de toute beauté, des couleurs d'une grande intensité.

    C'est jusqu'au 20 janvier et pour un avant-goût, c'est .

  • Les 5 piliers du système SAPPE

    Les 5 piliers du système SAPPE (Sourd, Aveugle, Pernicieux, Pervers, Energétivore)

    Ce sont la répétition et l'exercice abusif des 5 conduites suivantes qui empoisonnent et rendent mortifères la plupart des relations :

    • L'injonction (parler sur l'autre, le définir, l'étiqueter)
    • La menace directe ou indirecte, réelle ou fantasmée
    • La dévalorisation ou disqualification associés à l'autodévalorisation ou à la victimisation
    • La culpabilisation : tenter de rendre l'autre responsable de ce que nous éprouvons ou ressentons
    • Le chantage par pression morale ou affective, pour infléchir le comportement d'autrui

    Celles-ci se construisent autour d'un pôle central : le désir d'infléchir la position dominant/dominé en tentant de garder un pouvoir d'influence maximal et durable sur autrui et l'environnement afin d'entretenir la dépendance.

    [Source : Jacques Salomé]