18/04/2010
Jour 8 : Rendez-vous avec Petre à Târgu Jiu
Aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec un de mes collègues de travail, roumain, le hasard ayant voulu qu'il séjourne en même temps que nous en Roumanie et à une centaine de kilomètres de Râmnicu Vâlcea. Lorsque j'avais annoncé à Petre que je retournais en Roumanie en avril, il s'était écrié « On doit se rencontrer là-bas ! ».
Rendez-vous est pris dimanche pour midi trente dans sa ville, Târgu Jiu. Celle-ci, nichée au bord du Jiu qui lui donne son nom, abrite trois œuvres érigées à ciel ouvert et offertes à la ville par Constantin Brâncuşi, célèbre sculpteur roumain et élève de Rodin qu'il aurait quitté en déclarant « Il ne pousse rien à l'ombre des grands arbres ».
Après un petit déjeuner ponctué des chants s'élevant de l'église qui se trouve de l'autre côté de l'avenue, nous prenons la route pour Targu Jiu sous un soleil magnifique (23°C au thermomètre). En chemin, nous visitons rapidement le monastère de Govora, un des préférés de Dana.
A Târgu Jiu, Petre nous attend au bord de la route, affublé de lunettes de soleil qui protègent ses yeux fatigués d'une nuit passée à faire la fête. Je saute de joie en l'apercevant et lorsque sa femme Daniela, que je ne connais pas, descend de voiture, nous achevons les présentations.
Petre propose que nous découvrions avec eux les œuvres de Brâncuşi qui s'étalent à travers la ville sur un axe ouest-est commençant sur les rives du Jiu, traversant le parc municipal, continuant sur l'Avenue des Héros pour se terminer dans le parc entourant la Colonne sans fin. Nous commençons la visite par ce monument (en vignette) de près de 30 mètres de haut que les chars allemands et russes auraient tenté, en vain, de détruire pendant la seconde guerre mondiale.
Nous rejoignons ensuite les rives du Jiu, traversé par un pont métallique « construit par les Français», où trône un ensemble de pierre, La Table du Silence, puis le parc municipal où nous suivons l'Allée des Chaises qui mène à la Porte du Baiser.
Petre prend presque plus de photos que nous, il s'en explique en faisant remarquer qu'il est devenu un touriste dans son propre pays. J'ai connu cette expérience aussi et nous convenons qu'on n'aime jamais mieux son pays que quand on en est éloigné.
Le parc, très fréquenté en ce dimanche, est agréable et parfaitement entretenu. La ville de Târgu Jiu toute entière est d'ailleurs d'une propreté exemplaire grâce à la vigilance du maire. Daniela nous apprend que son vrai prénom est Luminişa (un très joli prénom à prononcer Louminitsa et qui signifie «petite lumière») mais qu'elle a dû en changer parce que «c'était trop difficile pour les Français». Elle nous promène dans le centre-ville, très plaisant, pendant que Petre s'absente pour aller chercher sa belle-mère qui veut poursuivre la visite avec nous. Comme dans la plupart des villes roumaines, les maisons anciennes ont été détruites et remplacées par des barres d'immeubles. D'après Dana, on laisserait volontairement les immeubles se dégrader pour les racheter à bas prix.
Nous retrouvons Petre sur le parking. De la voiture sort une femme plantureuse aux cheveux rouges et au maquillage improbable. C'est Elisabeta, la maman de Luminişa, accompagnée de sa fille cadette. Après nous avoir embrassées comme du bon pain, elle me tend une bouteille de Coca-Cola de 2 litres, remplie d'un liquide jaunâtre. « C'est de la ţuika faite maison, pour toi» dit Petre, hilare. Nous éclatons tous de rire et Petre traduit ma réponse «Sophie ne boit jamais de Coca-Cola mais celui-là, elle va en boire !».
Il est près de 14 heures et Petre nous invite à déjeuner dans un restaurant traditionnel, le « Hanul Domnesc ». L'endroit est meublé de ce bois si chaleureux qu'on retrouve dans de nombreuses auberges roumaines et les pièces du restaurant décorées de costumes traditionnels, instruments de musiques, poteries et artisanat local. Des photos attestent de la splendeur du Târgu Jiu d'antan, avant les destructions.
Nous nous installons tous les 7 dans un patio fleuri. Comme souvent, la carte retrace l'histoire de l'auberge et regorge de légendes et anecdotes diverses sur les plats. Sur les conseils de Petre, je choisis un ragoût de bœuf servi dans un pot en céramique, Boug', un chou farci et Dana un plat, très goûteux, qui ressemble étrangement au rougail saucisses réunionnais. Le tout accompagné de l'incontournable mamaliga (polenta roumaine).
Le repas est très convivial et je m'amuse d'observer le sourire radieux de ma Boug' qui se fait tripoter la nuque et caresser les cheveux par Elisabeta qui la couvre de câlins. Lorsque nous ressortons du restaurant, Petre pointe du doigt des X5 BMW « Regarde, Sophie, ces pauvres Roumains : ici, une voiture à 70.000 €, là aussi. Il faut dire ça en France parce que tout le monde pense que nous n'avons rien à bouffer ici ». Pour preuve que les Roumains mangent, et bien, Luminişa se désole d'avoir pris 3 kilos en une semaine.
J'avais déjà senti à quel point les Roumains sont sensibles à l'image qu'on peut avoir de leur pays. Force est de reconnaître qu'en France, en tout cas, ce sont surtout des préjugés négatifs qui nous viennent en tête lorsqu'on évoque les Roumains et ceux qui vivent en France souffrent d'être assimilés aux gitans. Petre est fier comme Artaban de notre enthousiasme et Luminişa ne cesse de demander si nous aimons son pays. Je la rassure « Tu crois que je serais venue 2 fois en 6 mois si je n'avais pas aimé la Roumanie ? ».
Après ce festin, nous reprenons les voitures et suivons Petre jusqu'au monastère de Tismana, un des plus anciens de Roumanie, construit au 14èmesiècle. Nous entrons dans le monastère au moment où une messe s'y tient. L'église est bondée car les Roumains sont très croyants. Les élises orthodoxes sont très sombres et par conséquent très intimistes et les fidèles sont debout ou à genoux. De rares chaises sont réservées aux personnes ne pouvant pas rester debout. Je me glisse dans un coin, juste à côté d'une vieille religieuse enserrée dans sa longue tenue noire, coiffée d'une sorte de calot noir tenue par un foulard épais, noir lui aussi. Ses joues flasques et rebondies débordent du tissu et se découpent dans l'obscurité de la pièce. A tour de rôle, dans chaque coin de la pièce, des religieuses entonnent des chants liturgiques particulièrement reposants. Nous visitons le petit jardin fleuri et le cimetière où reposent les religieuses.
Après m'avoir invité à me désaltérer à une fontaine d'où s'écoule l'eau de la montagne, Petre nous emmène à sa source, près d'une grotte. Elisabeta et Boug' sont toujours collées l'une à l'autre, elles se sont bien trouvées visiblement, ces deux-là, et la barrière de la langue n'en est pas une. En remontant en voiture avec la carte postale que lui a offert Elisabeta, Boug' écrase une larme. Pour détendre l'atmosphère, je la charrie : « Hey, y'a pas de raison que je sois la seule à chialer ! »
La dernière étape de notre promenade ensemble se trouve dans le village d'Hobita, à 25 kms au nord de Târgu Jiu. C'est là que, derrière un portail en bois sculpté de toute beauté, nous découvrons la maison natale du sculpteur Brâncuşi. Au fond d'un jardin verdoyant, une vieille maison roumaine en bois est posée sur un socle de pierres blanches. La propriété a été conservée en l'état et se promener dans le jardin entre le puits et les cabanes attenantes est un voyage dans le temps très reposant.
Il est l'heure de se séparer et Elisabeta nous rebige comme du bon pain en nous demandant de revenir en Roumanie, chez elle. Petre et moi nous donnons rendez-vous à Paris et nous gratifie d'une invitation à venir dîner chez eux. Argument imparable, Luminişa sait faire les papanaşi et nous promet même la recette.
Sur le chemin du retour, nous stoppons une dernière fois pour acheter quelques céramiques au bord de la route. Le repas du soir est léger, bouillon et légumes, ça nous repose l'estomac . Nous nous couchons la tête pleine des sourires irrésistibles d'Elisabeta et de cette nouvelle journée riche en rencontres humaines inoubliables.
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17/04/2010
Jour 7 : Râmnicu Vâlcea
Premier petit-déjeuner sur la terre roumaine. Dana qui a maintenant révisé ce qu'on lui a enseigné des habitudes françaises - à savoir que tous les Français mangent des viennoiseries le matin - pose devant nous un plat de concombres, radis et tomates, du jambon fumé, fromage de brebis et des olives noires. Au programme ce matin : la visite de la mine de sel dont les photos entr'aperçues sur son blog m'avaient intriguée. A la sortie de la ville, Boug' prend la direction « Salina de Ocnele Mari ».
Après nous être acquittées d'un droit d'entrée de 10 leu (2,5€), nous embarquons dans un bus qui s'engouffre en cahotant dans un tunnel sombre. Nous sommes samedi et le bus est rempli de familles qui emmènent leurs enfants passer la journée à la mine. A l'arrivée, l'endroit est assez étonnant. Outre une exposition de photos, on y trouve quantité de jeux et installations : une chapelle orthodoxe, un terrain de foot, des billards, des tables de ping-pong, un circuit de voitures dans lequel les enfants s'éclatent et même une salle de banquet où l'on peut organiser des réceptions. L'air de la mine est très bénéfique aux asthmatiques.
Après cette visite, nous retournons vers le centre-ville où Dana nous emmène à la Casa Vâlceana, une maison réquisitionnée transformée en restaurant. Il fait un soleil magnifique et nous nous installons en terrasse, délaissant le salon intimiste où nous avions déjeuné ensemble en décembre dernier. La charmante serveuse, Tatiana, me reconnaît visiblement puisqu'elle nous salue d'un tonitruant bonjour. La carte en papier journal est exhaustive : on y trouve les spécialtés de la maison, des plateaux de 3 kgs de grillades diverses judicieusement baptisés « Pantagruel » et « Gargantua », des salades, soupes et plats de porc, volailles, poissons et mouton. Cette fois, je choisis une ciorba de burta tandis que Boug' qui en a rêvé devant mes clichés, déguste une ciorba de fasole in paîne.
Nous nous promenons ensuite dans la très plaisante ville de Râmnicu Vâlcea qui signifie « Vallée aux loups ». Elle est bien plus belle que dans mon souvenir, il faut dire que je l'ai découverte en hiver et sous la neige. A cette période de l'année, les magnolias sont en fleurs. Nous visitons le lycée de Dana et grimpons à travers la forêt pour admirer le panorama sur la ville et l'Olt qui la traverse.
Après une petite pause, nous entrons à l'auberge des Haidouks, fort animée en ce samedi soir, pour l'incontournable papanasi. La salle est comble, remplie de jeunes et couples. Des musiciens jouent de la musique traditionnelle, le chanteur entonne des chansons mélancoliques et romantiques, aux accents orientaux et des femmes dansent en ronde dans un coin de la salle. Cristi, le serveur préféré de Dana (et on comprend pourquoi) nous installe en terrasse (qui est non-fumeurs, ça m'arrange). Et oui, car ici comme en Hongrie, on peut encore fumer dans les lieux publics. Boug' et moi calons devant nos papanasi mais pas assez pour ne pas goûter au dessert de Dana, des crêpes gratinées fourrées au fromage blanc et raisins secs.
Après ce festin, nous ne pouvons qu'aller nous coucher.
22:25 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : france roumanie, roumanie mon amie, dana, boug', râmnicu vâlcea
Jour 6 : en route pour Râmnicu Vâlcea !
A 11h, nous voici enfin sur la M5 qui nous emmène jusqu'à Szeged. Le temps est radieux et la route agréable. A l'approche de la frontière, les villages semblent plus typiques et les maisons plus belles, bordées de parterres de fleurs colorées et de dizaines de tulipes. Soudain, un énorme volatile passe au-dessus de notre voiture et se pose au bord d'un nid immense, posé sur la cheminée d'une maison. Une cigogne ! A partir de cet instant, ces nids immenses se succèdent tout le long de la route et jusqu'en Roumanie. Le guide que j'ai emporté m'apprend que la Roumanie est un paradis ornithologique et abrite la plus grande concentration au monde d'oiseaux migrateurs qui hibernent dans le delta du Danube.
A l'approche de la frontière, nous sommes ralenties par un convoi ininterrompu de poids-lourds. C'est impressionnant, des dizaines de camions sont stoppés sur la bande d'arrêt d'urgence. Peu avant 14h, nous nous plions de bonne grâce au seul contrôle de papiers de notre périple et passons la frontière roumaine à Nadlag, ajoutant une vignette sur le pare-brise de Boug' (5€ pour 7 jours). Nous suivons toujours la route E68 mais progressons très lentement en raison de la présence de nombreux poids-lourds et d'une seule file de circulation. Nous comprenons très vite pourquoi mon guide déconseille de conduire en Roumanie ; en effet, les Roumains n'en ont absolument rien à cirer des panneaux d'interdiction (de doubler, par exemple) et des limitations de vitesse. Ils doublent dès que possible et ils vaut mieux laisser une bonne distance entre vous et votre prédécesseur pour permettre à celui qui vous doublerait de se rabattre juste sous votre nez, évitant de justesse un tête à tête avec celui qui arrive en face. Les routes sont dans un état déplorable et nous devons régulièrement zigzaguer pour éviter de laisser un pneu dans les nombreux nids de poule. Nous aurons un peu plus tard l'explication de l'état assez incroyable des routes roumaines ; c'est Luminita (se référer au billet suivant) qui nous expliquera que les routes sont endommagées par les importants écarts de température que subit le pays, descendant parfois à -20 en hiver pour remonter jusqu'à 44 degrés en été. La réfection du réseau routier est une des priorités du gouvernement mais cela coûte des sommes colossales et les chantiers, en Roumanie, ne manquent pas.
Parcourir les 400 kms de la frontière à Râmnicu Vâlcea nous prendra près de 8 heures, parmi lesquelles 45 minutes totalement à l'arrêt pour le passage d'un train. Cependant, ce long trajet ne fut pas particulièrement éprouvant, malgré l'état des routes et la conduite très latine des Roumains, en raison de la beauté des paysages que nous traversons. Des montagnes, des prairies très vertes, pas de champs de culture comme on peut en voir en France, une végétation luxuriante, des arbres fruitiers, des pommiers en fleurs. Les maisons sont particulièrement pimpantes et fleuries et des sacs de pommes de terre et d'oignons, à vendre, sont suspendus au bord de la route.
A Sibiu, induite en erreur par un panneau, je tourne à droite et après quelques kilomètres, à la sortie d'un village, nous débouchons sur un chemin de terre. Je demande la direction de Râmnicu Vâlcea à de vieilles femmes hilares qui lèvent les bras avec de grands cris « No Râmnicu Vâlcea ! ». Je ne comprends pas grand-chose mais j'ai compris le principal : je ne suis pas dans la bonne direction. Nous rebroussons donc chemin vers Sibiu où nous avons du mal à retrouver la direction de Râmnicu Vâlcea et c'est un Allemand (décidément, ça me poursuit !) qui nous met sur la bonne direction. La nuit est tombée et je reprends le volant. Après Sibiu, nous attaquons les routes de montagne et le danger augmente car là encore, les Roumains doublent dès qu'ils ont 10 mètres devant eux. Nous appelons Dana qui nous recommande de faire attention. Tout se passe bien jusqu'à 10 kilomètres de l'arrivée où un Roumain, visiblement mécontent que je double, me bombarde d'appels de phare pour me faire dégager et entreprend de forcer le passage au moment où la voie redevient unique, manquant me foutre dans le fossé. Furieuse, je l'insulte copieusement et lui fout mes pleins phares dans la gueule, à mon tour.
A 21h45, nous entrons dans la ville de Râmnicu Vâlcea. A la hauteur de l'hôpital, je reconnais la station-essence qui se trouve au pied de l'immeuble de Dana et m'engage sur le parking. Quelques minutes plus tard, Dana qui s'est faite très élégante pour nous accueillir nous embrasse et nous entraîne jusqu'à son appartement où après avoir trinqué à nos retrouvailles avec un verre de vin blanc roumain (Graca de Cotnari), nous dégustons ce qu'elle a préparé : soupe aux quenelles de semoule, macédoine de légumes au poulet puis maquereau grillé sur lit de légumes croquants. Et en dessert, gâteau à la crème de griottes et des amandines (petits gâteaux au chocolat). Nous avons ensuite discuté jusqu'à 3 heures du matin et ri quand Dana a lu mes derniers billets en prime-time et quasi-instantané, avant de virer la grenouille borgne posée sur le lit confortable de Dana.
08:00 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : france roumanie, roumanie mon amie, dana, boug'
16/04/2010
Jour 5 : Szentendre et Budapest
Réveillée à 6h45 après la meilleure nuit que j’aie passée depuis le début du voyage, je tourne dans mon lit pendant 30 minutes avant d’ouvrir mon ordinateur et de profiter de ce réveil matinal pour rédiger mes billets en retard. Je les publierai quand je pourrai car je ne capte pas de réseau internet dans l’appartement d’Igor.
A 9h30, nos réveils sonnent. Le gâteau d’Egy est toujours aussi délicieux, trempé dans du café. Le ciel est maussade et nous nous glissons dans la frénésie des heures de pointe à Budapest. Nous traversons la place de Moscou et descendons vers le Danube jusqu’à la station de métro Batthyàny tér. Il pleut maintenant et nous regrettons d’avoir hésité et finalement renoncé à nous munir des jolis parapluies rouges que Boug’ a laissés sur la plage arrière. Là, voie 2, déjà trempées par la pluie, nous montons dans le HéV de 11h18 en direction de Szentendre et, n’en ayant pas eu le temps, achetons nos billets au contrôleur. Il y a 2 familles de français dans notre wagon. Le train s’ébranle et longe le Danube en direction du nord. Je reconnais l’hôtel Csaszar où j’ai séjourné avec Oh!91 , Igor et Yo à l’occasion du Nouvel An 2009 et je pointe du doigt le square où Oh ! a vécu. Après l'île Marguerite, nous passons à proximité du site Aquanicum. A Szentendre, je retrouve mon chemin sans peine sur les rues pavées. Les boutiques d’artisanat sont garnies, nous faisons une halte dans celle du musée du marzipan (massepain) avant de faire le tour du village.
Peu avant 14h, après quelques détours qui nous permettent de nous perdre dans les rues escarpées, nous pénétrons dans le restaurant Arany Sárkány, une perle de la gastronomie hongroise recommandée par Oh!91 et dont la fermeture, lorsque nous étions venus ensemble visiter Szentendre, l’avait terriblement déçu. Le restaurant est occupé par des tablées d’Américaines fort maquillées. Le patron, M. Attila Máhr, auquel un des chefs officiant en cuisine ressemble comme 2 gouttes d’eau, et pour cause, nous installe à une petite table et demande en quelle langue nous souhaitons nos menus. Voilà qui est fort pratique. La carte est particulièrement alléchante et les prix très corrects, on y trouve, outre un foie gras d’oie fumé aux pétales de rose, une soupe au yaourt et airelles et des menus « touriste » et « gourmet ». La cuisine est ouverte et de délicieux effluves de grillades nous chatouillent les narines tandis que les chefs s’activent, dirigé par Attila junior. Je choisis un Foie gras à la Orosháza, poêlé, arrosé au cognac et enveloppé dans une tranche de bacon, accompagné d’épinards à l’ail et d’un gratin dauphinois au fromage.
Boug’ se jette sur un Steak d’oie au miel, nappé d’une légère sauce au vin rouge, saupoudré de graines de sésame grillées et accompagné de chou rouge à la vapeur et d’une purée de pommes de terre.
Tout ça se fait couler dans le gosier avec un verre de vin, avant d’enchaîner sur une double crêpe fourrée aux griottes et noix, saupoudrée de cannelle et baignant dans une crème chaude au massepain. Le truc léger, qui te plombe les talons, même avec un verre de Tokaj …
Je somnole dans le train de retour et supplie Boug’ de m’autoriser à faire une sieste en rentrant.
Une heure de repos m’a fait du bien et je suis maintenant prête à partir à l’assaut du quartier du château, qui se trouve à 2 pas de la place de Moscou. Le quartier du château ne connaît pas l’effervescence que je lui ai vue lors de mon dernier séjour et la vue sur le Danube, du pont Marguerite à celui des chaînes, quoique moins dégagée en raison de la pluie, est toujours aussi saisissante.
Après une bonne heure à faire le tour du quartier, nous redescendons jusqu’aux quais que nous longeons jusqu’aux bains Rudas. Hélas, comme je le craignais, aujourd’hui est une journée réservée aux hommes. Nous traversons le pont Erzsébet et fuyant la circulation assourdissante, nous réfugions dans des rues parallèles autour du quartier de la synagogue. Nous en avons plein les pattes et avons dû parcourir plus de 6 kilomètres, sans compter la visite de Szentendre, le matin. Nous avons donc bien mérité un chocolat chaud au piment, surmonté de crème fouetté et accompagné d’un strudel que nous dégustons sous les magnifiques plafonds du café New York. Ce sera notre dîner. Le retour se fait dans le tramway 4.
Le lendemain matin, avant d’attaquer les longues heures de route jusqu’à Râmnicu Vâlcea, en Roumanie, je profite d’un soleil radieux (enfin !) pour faire quelques foulées dans le parc Vérmezo, très plaisant. Nous quittons la place de Moscou à 10h et nous perdons dans Budapest, repassant devant le café New York et les bains Széchenyi, avant de trouver enfin l’accès à la M5, plus d’une heure plus tard …
18:16 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : france roumanie, szentendre, budapest, boug'
14/04/2010
Jour 4 : Budapest
Il est 10 heures lorsque nous quittons l'hôtel Josepha. Il pleut toujours sur Salzburg. Sur le parking, la vieille dame nous a souhaité un bon voyage pour les 5 heures de trajet qui nous séparent encore de Budapest. Boug' prend le volant, sous une pluie battante, jusqu'à la frontière où nous nous munissons d'une nouvelle vignette, hongroise celle-là, d'accès aux autoroutes. A 8€ pour 10 jours, elle est bien moins chère que nos péages français. La conduite sous la pluie sur l'autoroute à 2 voies qui va de Salzburg à la frontière, dont une occupée par des poids lourds de tous les pays voisins, est pénible. A l'approche de la frontière austro-hongroise, on réalise à quel point nous nous trouvons à un carrefour de pays ; les panneaux indiquent non seulement les villes mais aussi les pays : H et Budapest pour la Hongrie, CZ et Praha (Prague) pour la république Tchèque, SK et Bratislava pour la Slovaquie. Les berlines allemandes ont été remplacées par des poids lourds roumains.
Juste après la frontière, le déluge ininterrompu depuis notre départ de Salzburg a laissé la place à un soleil radieux qui éclabousse la campagne hongroise. « A croire qu'ils ont un microclimat de merde, en Autriche ! » s'exclame Boug'. Des camaïeux de verts tendres ont remplacé la végétation encore hivernale de l'Allemagne et des fleurs de métal géantes tournoient dans le ciel bleu.
A l'approche de Budapest, la multiplication d'embranchements réveille ma nervosité. J'appréhende de trouver mon chemin jusqu'à la place de Moscou dans la circulation intense. Je remercie mentalement Igor d'avoir insisté pour me tracer l'itinéraire jusqu'à son appartement ! « Reste toujours à gauche et suis la direction de Margit Hid. Ne traverse surtout pas le Danube » m'a-t-il recommandé.
Je gère bien l'entrée dans la ville mais prise dans le trafic, me plante et prends la direction de Petofi Hid. Avec l'aide de Boug', qui découvre que je peux très vite m'énerver, je parviens in extremis à faire demi-tour et reprendre la voie initiale et me retrouve presque par hasard sur la place de Moscou, que je reconnais puisque j'y suis déjà venue. Il ne me reste plus qu'à la contourner par la droite, je reconnais le boulevard où se trouve l'appartement d'Igor et m'offre même le luxe d'une place quasiment sous ses fenêtres. Il est 16h10 lorsque nous introduisons les clés dans la porte d'entrée de l'immeuble, découvrons la magnifique cour intérieure baignée de soleil et enfin, ouvrons les doubles portes de l'appartement d'Igor qui m'appelle au même instant. J'avais annoncé une arrivée vers 16h et sa mère, à laquelle il avait recommandé d'être là vers 17h, n'est pas encore arrivée. « P'tain, trop fort, je suis plus à l'heure en me tapant 8 heures de trajet que quand je dois retrouver quelqu'un au coin de ma rue » dis-je à Boug'. Déjà rôdée aux coutumes hongroises, Je lui tends une des paires de papoutches qui sont dans l'entrée. Quelques minutes plus tard, une clé tourne dans la serrure. C'est Egy, que nous connaissons toutes les 2. Elle extirpe de son sac un paquet de café, des dosettes de lait et un tupperware contenant du gâteau marbré au chocolat et aux cerises griottes. Je ne sais dire que quelques mots en hongrois, «merci » que j'utilise donc abondamment, « oui » (yo, facile) et « bisou ». Nous communiquons donc du mieux que nous pouvons et principalement par signes. Après ce long trajet et la pause gourmande offerte par la douce Egy, je ne rêve que de me plonger dans uns des fameux bains de Budapest. Après nous avoir accompagnées pour changer un peu d'argent et acheter un carnet de tickets de transport en commun, elle nous embrasse et repart.
Ici, un seul ticket permet toutes les correspondances entre bus, tramway et métro. Nous prenons le tramway 4 qui s'ébranle et traverse le Danube sur le pont Marguerite jusqu'à la place Oktogon, puis le métro en direction des bains Széchenyi. Boug' est émerveillée par le métro au charme suranné et prend des photos. Nous débouchons dans le par cet avant de rejoindre les bains, j'entraîne Boug' sur l'impressionnante place des Héros.
Un peu avant 19h, nous pénétrons dans le beau bâtiment jaune des bains Széchenyi. Après une erreur d'aiguillage qui nous emmène dans les vestiaires des hommes (tout à fait involontaire, je le jure !), nous courons sur les dalles jusqu'au bassin extérieur dans lequel nous nous plongeons avec délice. C'est un réel bonheur de voir les yeux de Boug' briller comme ceux d'une enfant. Je propose de lui faire découvrir les bassins intérieurs. Un passage par la machine à palets de glace dont nous nous frottons vigoureusement le corps, une immersion dans le sauna - trop chaud - et nous voici testant les vertus relaxantes des bassins à 35, 37°C et tonifiantes de celui à 18°C. Il y a bien moins de monde que la dernière fois que je suis venue, pour le Nouvel An 2009 mais ça parle beaucoup français. Dans le bain à 36°C, le préféré de Boug', nous nous promettons d'investir dans un maillot de bain 2 pièces et papotons avec une septuagénaire lyonnaise accompagnée de son fils -un canon, le fiston - et ses petits-enfants. Elle conseille la visite du village de Szentendre, c'est justement le programme du lendemain. Il est un peu plus de 22 heures lorsque nous ressortons des bains. 3 heures à paresser et jouer dans la piscine à courant, à se faire masser les épaules et le dos par les jets du bassin extérieur. J'ai failli m'endormir à plusieurs reprises et me suis amusée en observant une jeune femme qui dodelinait de la tête et a même littéralement plongé le nez dans l'eau. Boug' s'est fait draguer mais sa myopie l'a empêchée d'apprécier à sa juste valeur le beau mâle qui tentait un rapprochement discret. Je voulais écrire mon billet du jour mais vers minuit et malgré le café d'Egy, je m'écroule dans l'obscurité de ma chambre.
23:30 Publié dans Globe-trotting | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : france roumanie, budapest, boug'
