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2yeux2oreilles - Page 113

  • Melomania - Michael Lonsdale demain à la mairie du 4ème

    Lonsdale.jpgTextes poétiques et sacrés d'Orient et d'Occident dits par Michael LONSDALE
    NIETZSCHE - PASTERNAK - KRISHNAMURTI

    Oeuvres pour piano de NIETZSCHE - WAGNER - GURDJIEFF/DE HARTMANN et KREMSKI (musique pour Bols Bouddhiques sacrés du Japon et Gongs)

    Michaël LONSDALE - récitant
    Alain KREMSKI - piano


    Lors de cette rencontre, textes et musiques se répondront selon un jeu de miroirs. Le public se trouvera face à deux énergies différentes, mais un seul chemin, pour aller vers le rêve, et vivre un beau voyage intérieur. Alain KREMSKI nous entraînera dans l'imaginaire de l'Orient notamment grâce à des musiques interprétées sur sa collection rare de bols rituels bouddhiques du Japon.


    Mairie du 4e à 15h

    2 place Baudoyer
    75004 Paris
    Salle des fêtes
    Escalier A, 2e étage

    Entrée libre

  • Le retour de Giacomo

    Giacomo.jpg

    La France d’après mai 68, l’immigration italienne, l’intégration, la découverte du théâtre, la garde robe de Sandrine, les « gueulantes » de l’oncle Eddy… A la manière d’une véritable saga, et interprétant 30 personnages à lui tout seul, Gilbert Ponté, alias Giacomo, nous raconte son adolescence avec cette truculence et ce sens de la comédie humaine dont lui seul a le secret. 1h30 de pur bonheur à déguster al dente !

    Au hasard d'un métro, ce prénom attire mon regard. Oui, c'est bien lui, qui m'avait tant émue ce soir là. Chouette, ça fait longtemps que je ne suis pas allée au théâtre. Il joue depuis 2 semaines à la Manufacture des Abbesses. J'emmène qui ?

  • Toute l'eau du ciel sur Bruxelles

    Des trombes d’eau se déversent sur les pavés de la Grand’Place quand j’y débouche, cherchant mes amis. Mon béret « so chic » et le léger manteau de mamie Coco sont trempés en moins de deux. Eux sont déjà là, serrés l’un contre l’autre et hilares, sous un porche. « Fait beau dans votre contrée ! », je lance.

    Sous une pluie battante, Mlle Cigue conduit jusqu’à Ixelles. Le tunnel que nous empruntons passe sous le parc du Cinquantenaire aux imposantes arcades. En descendant de voiture, Filaplomb met le pied dans une flaque.

    « On t’emmène dans un resto qu’on aime bien. Ca s’appelle l’Apocalypse ».

    Tout à fait de circonstance. D’humeur bucolique, Monsieur Poireau croque une fleur. Si, c’est vrai, j’ai une photo, tiens :

    Photo220[1].jpg

    « Paraît que c’est votre anniversaire ? » demande le serveur.

    Prenant la confiance, comme dirait l’autre, j’essaie de négocier un strip-tease mais il fuit lâchement. Petit joueur.

    PS : Une belle soirée, au chaud. Merci encore à Monsieur Poireau, Filaplomb et la ravissante mlle Cigue.

  • Plus frais, y'a pas !

    Mon pote T. et moi, on a enfin rattrapé notre soirée foirée de l'autre jour. Ce soir, après le boulot, duo chez Toritcho.

    Ca a bien commencé avec mon habituel menu D, jugez-en plutôt (trop mignons les tempura, on dirait un bouquet de fleurs):

    Photo194[1].jpg
    Puis j'ai vu passer sous mes yeux des plateaux de bois avec un coquillage dessus.
    "C'est quoi, Isao ?" ai-je demandé à l'expert dans l'art de trancher le poisson en douceur. "Akagai" a-t-il répondu.
    Mmmm ! Les sushis de vernis, ce joli coquillage rouge-orangé, dont je suis friande depuis mon voyage express au pays du Soleil Levant.
    "Tu m'en mets 2?"
    Mon pote T. me regarde, amusé, en dégustant ses brochettes.
    Peu après, Isao me passe mon plateau où 2 sushis brillants m'attendent.
    Je les admire quelques instants et quelque chose d'inhabituel attire mon attention.
    Je soulève le plateau à hauteur de mes yeux et tape mon pote du coude "Hé regarde, je rêve ou bien ?"
    J'avoue, j'ai hésité quelques instants mais celui-là a fini comme les autres, dans mon estomac.
    T. s'est marré mais j'en connais quelques-uns devant lesquels je ne mangerai plus d'akagai.
    Je vous laisse faire vos déductions grâce au petit film souvenir que j'ai réalisé :


     

      

  • C'était supportable alors je me suis tu

    Je m'appelle Mabrouck Rachedi. A l'école déjà, la maîtresse m'appelle Rachid "parce que c'est plus facile que mon drôle de nom". Quand un  -vrai - Rachid squatte les bancs de ma classe, elle me rebaptise Marc. Deux années à s'entendre appeler d'un autre prénom à un si jeune âge, ça marque. C'était supportable et je me suis tu.

    (...)

    Pour sortir dans les boites branchées, j’ai essayé toutes les combinaisons : en costume, en vêtements de marque, en habits hype ; en petit comité ou à plusieurs ; seul avec une fille ou avec plusieurs filles. Aucune ne marchait si lesdites filles n’étaient pas blanches et si possible blondes. Devenu analyste financier dans une société de bourse, j’ai pu sortir avec un jean pourri, en bande de 20, et en compagnie uniquement masculine.  J’étais le seul « usual suspect » (encore mon allure indéfinissable) parmi des Blancs alors j’étais « au mieux » Blanc, « au pire » le bon Arabe. C’était supportable alors je me suis tu.

    (...)

    Pas facile de trouver un travail en France alors pour se donner du courage, un ami et moi démarchons ensemble cette grande banque qui a décidé de monter un grand rendez-vous de l’emploi. (...) De fait, nous sommes invités à déposer notre CV et on nous promet de nous rappeler plus tard. Mon ami aura droit à un entretien personnalisé, moi non. La grande différence de nos CV est que j’ai obtenu des mentions là ou il n’en a pas eu. Ah oui, j’oubliais qu’il s’appelle Sébastien. Mais bon, c’était supportable alors je me suis tu.

    (...)

    Je cours plutôt pas mal quand je suis en forme. Ce jour-là j’étais en très grande forme, dévalant mon parcours habituel à toute berzingue. Les yeux ébahis des badauds témoignent que je suis en train de réaliser une belle performance quand je suis arrêté par la police montée. Qu’est-ce que je fais à courir dans un parcours… de jogging ? (...) Comme la plupart des gens autour de moi, j’ai la fantaisie de chasser la performance sans mes papiers car je suis à deux pas de mon domicile. Mais moi, on me plaque contre un mur et me demande mon identité. C'était supportable alors je me suis tu.

    (...)

    On s’étonne que je ne boive pas d'alcools et que je ne mange pas de porc. Je peux comprendre l’ignorance alors j’essaie d’expliquer mon héritage culturel. Mais la surprise persiste : je suis cultivé (parait-il car je suis écrivain), je suis sociable, j’ai la blague facile. Allez Mabrouck, du mangera bien du sauciflard ou un coup de rouge pour être un bon camaraaadeuuh. C’est véniel, ce n’est pas méchant, c’est arrivé une bonne centaine de fois dans ma vie. C’était supportable alors je me suis tu.

    (...)

    Aujourd’hui je suis aux Etats-Unis pour un programme d’écriture internationale regroupant des écrivains de 36 nationalités. Aux yeux de tous, je suis le Français. On me renvoie toutes les caricatures, du béret à Edith Piaf, de la baguette de pain à l’intellectuel germanopratin… Et même au sauciflard et au vin. Je souris du sublime paradoxe de n’avoir jamais été aussi français, pays de ma naissance, qu’à l’étranger. Et là, tandis que j’écris ces lignes, j’ai le mal du pays. Mon pays. La France.

    (...)

    Me taire était une erreur. Bout à bout, la séquence des événements à un sens, celui d’une bête immonde dont le ventre est encore fécond. Ce n’est pas supportable alors parlons-en.

    Retrouvez le billet complet sur le blog de Mabrouck Rachedi :