Karl Laske, journaliste à Libération, regrette que les médias aient de plus en plus de difficulté à aller sur le terrain, rue et banlieues, car toujours soupçonnés de complicité, tantôt par les policiers tantôt par les contestataires. L'article sur lequel je tombe relate le passage à tabac d'une femme africaine, enceinte de surcroît, dont le seul délit est de vendre des safous à la sauvette dans le 18ème. Pour lire et voir ce que nos dirigeants veulent faire du pays des droits de l'homme, c'est là.
Filaplomb pose une question que Mère Mi a déjà posé ici.
"Nos grands-pères et nos aieux, que penseraient-il de notre lâcheté ? De notre absence de révolte ? De notre collaboration ?"
Je sais ce que mon grand-père, qui avait pris à partie les flics un jour dans le métro parce qu'ils arrêtaient et contrôlaient uniquement certains faciès, en penserait.
Nous sommes le peuple qui a marqué l'histoire et le monde en plantant des couilles au bout des fourches et en coupant la tête des intouchables.
A l'époque des émeutes 2005, j'ai secrétement souhaité que tout le monde descende dans la rue. Parce que jeunes, vieux, actifs, retraités, français ou étrangers, personne aujourd'hui n'est satisfait de sa situation. La révolution n'a pas eu lieu, alors. Mais la marmite bout toujours.

