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2yeux2oreilles - Page 71

  • De la péninsule de Dingle aux portes du Burren

    Mouton ruisseau.jpgChez Sheila, on sert le petit-déj jusqu'à 10h. Du coup, on en profite pour s'offrir la grasse mat' écourtée la veille par un troupeau d'éléphants et on met le réveil à 9h40.
    Ca sent tout le temps bon chez Sheila. L'odeur de quelque chose de sucré et parfumé qui cuit dans le four.
    A la tabel du petit déjeuner, il y a déjà des verres de jus d'orange devant chacune de nous, sur une coupelle, et une corbeille remplie de pain à la banane et aux noix et brown bread faits maison. Peu après, Sheila dépose devant nous l'irish breakfast, dont je commence un peu à me lasser, je dois l'avouer. Plus les jours avancent, plus il est copieux. Ce matin, 3 saucisses, 2 oeufs, 3 tranches de bacon, boudins blancs et noirs. Je me jette sur le pain à la banane, dont Sheila me donne la recette.
    Boug' dit, l'assiette vide : le pain à la banane m'aurait suffi. Trop forte, celle-là.


    Au milieu de ce festin pantagruélique, une camionnette blanche déverse 3 solides gaillards qui s'attablent devant des céréales. Comme ils ont piqué le jus d'orange, je me lève pour leur en taper un verre et ils en profitent pour me proposer de m'assoir avec eux et me demander d'où je suis, où je vais etc. Ils sont de Dublin et nous discutons de la beauté de la région. C'est un spot de surfers et kyte-surfers, et pas mal de Français viennent dans le coin  pour ça. Ils me conseillent une balade, un joyau disent-ils, peu connu car caché. "Tu prends la route de Tralee, tu roules et juste avant le Seven Hogs pub, tu tournes à droite. Si tu arrives au pub, c'est que tu es allée trop loin".


    Avant de reprendre la route, Boug' et moi allons faire les andouilles dans les dunes. Trop chouettes ces édredons géants, j'ai envie de m'y jeter (et aussi d'autres envies moins avouables ...). Boug' pique une crise de fou-rire à cause de mes conseils de poses de photographe amateur (elle vous racontera, sans doute). Sur la plage, des poneys cavalent sur le sable, crinière au vent car il souffle ce matin mais le soleil est toujours là et nous offre une superbe lumière dans le ciel gris souris.

    Dunes.jpg

    Nous trouvons sans peine la balade de Glanteenassig wood. Au pub rouge brique, je fais demi-tour et prend la direction indiquée à 4 kms sur un panneau vert. Je roule à travers la campagne colorée de blond et vert tendre. Des moutons et leurs agneaux broutent tranquillement sur le bas-côté de la route, je ralentis car ils sont en liberté.  
    Nous nous arrêtons d'abord au premier lac, le Lough Slat. L'endroit est totalement désert, et les rives de sable rouge offrent une touche de couleur dans l'écrin des roches grises.
    Plus loi, c'est le lac Caum, paradis des pêcheurs de truite, randonneurs et pique-niqueurs. A 210m au-dessus du niveau de la mer, il est encaissé entre une forêt et la Stradbally mountain qui culmine à 798m.

    L'endroit est parfaitement balisé. Des pancartes bleues indiquent le sens de la marche, et le parcours se fait sur de solides planches recouvertes de grillage pour éviter les glissades (car il pleut parfois en Irlande, quand même). Des tables de pique-nique sont posées ça et là. Nous faisons le tour du lac, cela prend une heure, le temps de digérer le petit-déj de Sheila.

    Lac.jpg

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    L'endroit rêvé pour un pique-nique, non ?

    Picnic.jpg

    A Abbeyfeale, après 2 heures de route, nous nous arrêtons au Coffee Pot, moi pour une soupe maison et Boug' pour des scones. Hé oui, je n'ai pas envie de Guinness ce midi. En revanche, je ne résiste pas au pain maison. C'est un truc vraiment appréciable, en Irlande, le fait que le moindre café ou pub fasse son pain maison, qui est délicieux à coup sûr.


    Je ne me sens pas très bien, soudain, coup de fatigue. Irritée, je manque deux fois de m'emplafonner une bagnole sur un rond-point. Je propose un arrêt à Ennis, aux portes du Burren. Ca tome bien, le guide de Boug' dit que c'est une ville adorable. Pas de B & B en centre-ville et nous avons un peu de mal à en trouver un mais enfin, ça y est. Kathleen nous accueille, sans thé cette fois.
    Je m'allonge un moment, j'ai un point sur l"estomac et je finis par être vraiment malade. Visiblement, la coquille de seafood Mornay ne nous a pas réussi car Boug' a été malade, elle aussi.

    Nous partons en ville, en quête, pour ma part, de riz blanc pour plâtrer mon estomac soudain vide. La ville est déserte et tout, pubs et restaurants, fermés. Ben oui, c'est Vendredi Saint, et un jour sacré en Irlande. Tout est fermé. Les Irlandais vident les rayons alcools des supermarchés pour picoler chez eux. Nous tournons dans les rues pour essayer de trouver un chinois ouvert mais nous avons trop tardé et ils ne servent plus. Les seuls êtres vivants que nous croisons sont des ribambelles de canards qui se laissent porter par le courant de la rivière Fergus. Dans l'obscurité, j'aperçois un fier volatile au bec acéré, solidement arrimé dans les eaux glaciales. Un héron ! Plus loin, un autre, à l'affût, gobe des poissons qu'il pique de son long bec.

    Ce soir, pour nous, c'est régime sec, nous ne mangerons ni ne boirons mais ... on aura vu deux hérons.

  • Traversée de la péninsule - de Dingle à Castlegregory

    Ce midi nous prenons la direction du nord de la péninsule de Dingle, que je ne connais pas. Un endroit souvent boudé des touristes et qui pourtant ne manque pas d'intérêt, d'après le guide de Boug'. Dès la sortie de Dingle, après quelques kilomètres, la végétation a de nouveau complètement changé. Le paysage est aride et rocailleux, les moutons ont disparu.
    Sur un parking, de nombreuses voitures sont garées, signalant un point de vue. Et quel point de vue ! Devant et derrière nous, la mer, et entre Dingle, au sud, et Kilcummin, au nord, le col de Connor qui serpente.  

    Castlegregory, Castlehouse B&B, Irlande

     

    Castlegregory, Castlehouse B&B, Irlande

    Nous redescendons en direction de Cloghane, petit village assoupi. Sans point de chute particulier, comme chaque jour, nous attendons de trouver un endroit qui nous plaise pour y poser nos valises. Ici, pas de falaises et pas de galets. La mer s'étale, plus ou moins plane, et les plages de sable blonds scintillent au soleil, désertes.
    Nous prenons la direction de Castlegregory. Là, il y a plus de monde, des gens à vélo, des randonneurs, des campeurs (car le camping sauvage est autorisé en Irlande). Nous poussons jusqu'à la pointe. Ca ressemble aux plages du Nord. Nous hésitons à prendre une chambre dans un hôtel face à la mer mais elle donne sur le parking et notre seule exigence, depuis notre arrivée, est de voir la mer de notre chambre.
    Plus loin, j'entre dans la cour de la Castle House. Sheila, une pimpante femme qui a ue capacité surprenante à monter dans les aigus et pousser des cris perçants, nous accueille dans son salon où flotte une odeur de caramel. Avec une tasse de thé, nous dégustons un fruit cake et des muffins aux fruits rouges, moelleux et comme je l'ai déjà dit, faits maison. Un délice, nous n'en laissons pas une miette. La chambre est coquette, je laisse le lit double à Boug'.
    Après un peu de repos, nous prenons  la direction de la plage, qui est à 100 mètres de la maison. J'essaie de courir sur le sable et tente de me motiver avec de la pure musique irlandaise sur RTE Lyric mais je déclare forfait après 20 minutes, ayant l'impression d'avoir déjà couru une heure. Je rejoins Boug' qui bouqine au soleil et m'allonge quelques instants sur la plage déserte.

    Castlegregory, Castlehouse B&B, Irlande

    Sheila nous a conseillé le restaurant à une dizaine de mètres de chez elle. L'endroit, à la décoration minimaliste, est assez fréquenté. Nous commandons une soupe de haddock fumé au bacon croustillant puis (erreur !) deux seafood Mornay. La soupe, très savoureuse, nous aurait suffi et nous ouvrons de grands yeux en voyant arriver deux énromes coquilles - pour chacune - remplies de fruits de mer, morceaux de poisson et purée de pommes de terre (que nous laisserons de côté). C'est beaucoup, beaucoup trop copieux et nous ne savourons pas ce plat à sa juste valeur mais le service, lui, fut parfait. Les clients voisins s'amusent de me voir prendre mon plat en photo. J'ai l'habitude.  

  • Un arrêt plus long que prévu à Dingle : la faute à Gerald !

    En quittant Brandon's creek, en direction de Dingle, nous embarquons deux jeunes filles auto-stoppeuses, une blonde, l'autre rousse. Je ne comprends pas leurs prénoms. Elles m'indiquent une boutique où acheter un adaptateur mais la porte est close.

    "Il va revenir dans peu de temps, me lance un homme debout devant le pub next door. Tu peux aller te boire une pinte en attendant". "Exactement, répondis-je. Ca tombe bien, c'est l'heure du déjeuner et je déjeune d'un verre de Guinness".

    Il désigne la porte du pub "Ben voilà une excellente idée. Entre ici".

    Nous les suivons à l'intérieur du pub sombre. "Ils sont très bons pour te ramener des clients", dis-je à la jeune propriétaire". Perchés sur des tabourets, au comptoir désert, les présentations sont faites : Gerald est le grand blond qui m'a apostrophée, et Enda (end of the world, end of whatever you want, plaisante-t-il) et Padraig, ses amis. Ils posent les questions habituelles, d'où nous venons, où nous allons.

    Après les poignées de main et les "Nice to meet you" d'usage, Gerald nous offre à boire et s'écrie en me voyant descendre mon verre de Guinness "Jaysus Christ ! That french girl can drink !!" Tout le monde se marre, même Boug' qui près quelques gorgées de cidre, fait des progrès fulgurants en anglais (et parlé avec un ptain d'accent ilrlandais, s'il vous plaît)

    Padraig nous prédit un temps superbe pour quelques jours : "Un de mes amis Américains a passé 10 jours ici, il n'a eu que 2 minutes de pluie, le temps d'aller de la maison au pub !" Gerald me prendpar l'épaule et entonne une cahnson irlandaise. Enda essaie de s'incruster dans notre bagnole (décidément, ça devient une habitude !) et répond à un de ses appels téléphoniques "Je te rappelle, je pars en France". Je sors une méga grosse connerie comme je sais si bien le faire et ils gloussent dans leur mousses.

    Bon, comme j'ai - un tout petit peu - honte, je vous la fais en V.O., ça limitera les dégâts : "We have our irish deserts everyday" "Well, I'll be your desert, Fiso" "Do you come with cream too ?" "Plenty ! Bags of cream !"

    Pas mal, hein ? Je ne sais pas comment je me démerde, j'en loupe pas une !

    Je refuse le deuxième verre de Guinness et après une photo souvenir, nous prenons la route en direction du Connor's pass (le col de Connor).

  • De la Slea Head drive à Dingle, une dernière fois ...

    Ce matin, nou sommes réveillées par un boucan au-dessus de nos têtes, bien avant les 9h10 programmés sur mon téléphone (car le petit déj est servi jusqu'à 9h30). Impossible de nous rendormir, ça cavale sur le parquet.

    Peu avant 9h30, nous entrons dans la salle à manger où une table avec vue sur la mer a été dressée pour nous. Brid nous tend un menu avec un choix fort sympathique, harengs pochés au citron, saumon fumé de la baie de Dingle et même un petit-déj végétarien de fruits et yaourts, mais nous c'est irish breakfast ou rien (voir note précédente).

    Une famille avec 3 gosses est attablée aussi, à tous les coups ce sont eux qui faisaient des roulades dans la piaule. Enfin, le soleil est là, on s'en fout. En cuisine, Ted et Brid s'affairent. Pas de boudin ce matin, mais de délicieuses saucisses et un bacon grillé à point (bien meilleur que celui de Myrtle). Et puis, en prime, du brown bread fait maison, avec plein de graines incrustées dedans, et de la confiture de framboises maison aussi. Je profite de la connexion wifi pour poster mes billets en retard et nous saluons Brid qui nous souhaite bonne route. Une bien belle adresse que cette Moriarty's Farmhouse et une famille vivante et attachante.

    Pour le plaisir, nous décidons de nous refaire la sepctaculaire ballade de la veille. Au lieu de prendre la direction de Dingle, nous filons le long de la Slea Head drive. Je me retrouve au cul d'un bus de tourisme de l'Ulster, ce qui me permet de profiter du paysage. C'est là et partout sur la péninsule, que fut tourné "La fille de Ryan". On va d'ailleurs s'offrir une soirée visionnage dès notre retour. J'achèterai des canettes de draught Guinness pour l'occasion. Peut-être même que je confectionnerai un Bailey's cheesecake pour Boug', si elle arrête de vomir quand je mange des huîtres.

    Revenons à nos moutons (qui sont nombreux dans le coin, comme vous savez). Donc, nou voilà roulant pépère le long des murets de pierre qui plongent vers la mer. Comme la veille, on fait des "ah !" et des "oh!", on s'arrêterait pour prendre des photos tous les deux mètres tellement c'est beau. D'alleurs, on s'arête pour prendre des photos des moutons peinturlurés de bleu et rouge, qui broutent paisiblement dans le vert éclatant, avec les sublimes îles Blasket en arrière plan.

    La plage de Ryan.jpg

    Moutons peinards.jpg

    Plus loin, Clogher Head où là des falaises acérées déchirent les vagues. En route, nous postons quelques cartes dans une boutique.

    Nous traversons Murreagh, je perds la route côtière, petit demi-tour pour la récupérer, Boug' s'essaie à la conduite à gauche et cherche sa ceinture à gauche (sic!).

    Nous poussons jusqu'à Brandon Creek, un joli spot déserté par les touristes. De là, nous redescendons droit sur Dingle, par les terres.

  • Today's specials ou le menu du jour

     On a un régime alimentaire très simple et très efficace, depuis notre départ de Dublin. Et ça nous va plutôt bien au teint.

    Au petit déj : irish breakfast, et on mange tout, boudin, sausisses, bacon, oeufs (et je récupère la tomate de Boug' qui n'aime pas ça) + le délicieux brown bread, maison ou non, arrosé de café (que Boug' trouve dégueulasse).

    Le midi : un double espresso pour Boug', un verre de Guinness pour moi. Hé bien, je confirme les slogans "Guinness is good for you", "Guinness gives you strenght", "Lovely day for a Guinness" etc. mais aussi la Guinness, ça nourrit son homme (et sa Fiso !). Avec ça, on tient tranquilles jusqu'au soir !

    Vers 16-17h : goûter au hasard de la route. Edit du 21 avril : depuis 2 jours, notre goûter se fait dans les B & B qui nous accueillent pour la nuit.

    Dîner : fruits de mer, poissons, pour l'instant on ne mange que ça. Parfois avec, parfois sans Guinness (essayez de boire autre chose dans un pub, vous m'en reparlerez).