Alors que je m'apprête à descendre les marches, un homme me dépasse, se retourne et m'interpelle "Je vous emmène?"
Toute à mon énervement, il me faut quelques secondes pour comprendre que l'homme élancé et souriant qui se tient devant moi est conducteur de train. "Ca dépend, vous allez où? " "Pont Cardinet" "Ah non, moi je vais plus loin. Dommage ..." ""Oui, dommage, je vous aurais bien emmenée. Vous prenez le train à cette heure-ci, en général ?" "Heu, oui, je devrais le prendre plus tôt mais je suis tout le temps à la bourre" "Ca vous dirait de faire le trajet dans ma cabine un de ces jours ? Vous avez déjà essayé ?" "Ah non, tiens, j'ai fait le cockpit d'un avion mais jamais la cabine d'un train" "Je vous laisse mon numéro ? Ou je prends le votre ?" Nous échangeons nos coordonnées, il porte le prénom de mon ami amateur de longueurs (en piscine). Mon train s'immobilise sur la voie 7. Je monte dedans, m'assied côté fenêtre et fais ma fille de base, c'est à dire que j'envoie un sms aux copines pour les faire marrer : "Bon j'ai raté le 11, les portes se sont fermées devant moi mais j'ai gagné une balade dans la cabine du conducteur demain et son numéro de téléphone ! Moi je dis que la journée commence bien, finalement..." Je rigole toute seule en découvrant les réactions de la foule en liesse de mes 3 copines. Première réponse : "Purée, un conducteur de Transilien ! Je veux savoir ce que ça donne !" Deuxième réponse :"Trop forte, j'te reconnais bien là !" Troisième réponse en direct des pistes vosgiennes :"Effectivement ! Décidément je crois que tu as un truc avec les transports !" (ah bon ? ah oui le taxi-moto ! non pas celui-là, un autre ...)
Ce matin, je monte quatre à quatre les marches de la gare, repère le n°6 sur le tableau d'affichage des trains, tente de traverser la marée humaine qui se déverse sur le quai et voit les portes me claquer au nez. Damned ! Je peste contre cette gare que j'éxècre (oui oui, à ce point là!) et décide d'aller me réfugier dans le souterrain d'où je guetterai le prochain départ.
Moins de 15 minutes après, je reçois un sms de mon conducteur de train qui me propose un départ demain à l'heure où, habituellement, je claque la porte de chez moi. Je réfléchis rapidement. Banco, de toute façon, je dois arriver plus tôt pour préparer ma conf call avec Casablanca : "Ok pour demain, 8h21".
Plongée dans mes pensées, j'écoute d'une oreille distraite un SDF qui sollicite tickets resto, pièces ou même "Une simple réponse au bonjour que je vais adresser à chacun de vous". Il tient parole, salue chacun des voyageurs du wagon bondé et se plante soudain devant moi "Vous ne voulez pas adopter un nounours ?" Je balbutie "Pardon ??" "Vous ne voulez pas m'adopter ?" Hé ben, c'est ma journée ! Faut croire que le vert me va bien au teint (et la fondue au cul mais ça c'est une autre histoire que je vous raconterai dès que j'aurai une minute à moi). PS : A propos de cul, demain à 22h25 sur Arte, un docu(l) : "La face cachée des fesses". La bande annonce est .... alléchante !
J'ai lu la nouvelle il y a peu de temps. Le Crabe Marteau, ce restaurant sur le port de Brest où j'avais éclaté un crustacé à coups de maillet, en compagnie de Simon le blogueur, ouvrait une succursale à Paris, à 2 pas de Charles de Gaulle Etoile.

