Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

J'fais ma gourmande - Page 14

  • Intercallis, au carrefour des sentiers

    Au hasard de mes pérégrinations en Provence, cet été, j’ai célébré la fête du taureau sur la place du village d’Entrechaux, à quelques kilomètres de Vaison la Romaine. Situé aux confluents de l'Ouvèze et du Toulourenc, proche du Ventoux, c'est son château posé sur un promontoire, qu'on aperçoit d'abord, au détour d'un virage. 

    pano-chateau.jpg

    Le village était très animé et les hommes surveillaient, absorbés, les flammes léchant les carcasses ruisselantes des taureaux.

    100_3507.JPG

    Nous nous attablâmes au pied de l'église et après de longues minutes à saliver à l’idée du festin qui nous attendait, une caillette tiède délicatement posée sur un lit de salade verte atterrit sous mon nez. J’avais découvert cette spécialité drômoise l’hiver dernier, j’en avais ramené et stocké quelques-unes dans mon congélateur mais à chaque dégustation, j’étais invariablement écœurée par le gras qui s’en échappait. Ca, c’était avant la fête du taureau à Entrechaux.

    Le pâté que je goûtai ce soir-là était tendre et riche en épinards, un pur délice qui fondait dans la bouche. Je partageai mon enthousiasme avec ma voisine de gauche qui m’apprit que la fête du taureau était organisée par le traiteur du village et que ses caillettes étaient excellentes, comme tous ses produits. Nantie d’indications précises « C’est la seule épicerie du village, vous ne pouvez pas vous tromper », je me promis de faire un crochet par Entrechaux sur le chemin du retour.

    Après l’entrée, la bête. De belles tranches de taureau rôti accompagnées d’un gratin dauphinois, le tout arrosé de bouteilles de vins excellents et généreusement distribués par les organisateurs.  Au moment des cafés, je félicitai une des joviales dames, préposée au service, sur l’excellente organisation de la soirée. 

    A la nuit tombée, l’éclairage féérique du château d’Entrechaux, accroché à un piton, se découpait sur le ciel noir tandis que les cigales entonnaient leur chant nocturne.

    Le jour du départ, je m’arrêtai devant l’épicerie SPAR du village d’Entrechaux. Je félicitai M. Rège pour la soirée (« ce n’est pas moi, je suis le cousin germain mais je lui dirai », précisa-t-il) et surtout pour ses délicieuses caillettes, si peu grasses en comparaison de celles que j’avais goûtées auparavant. "Recette de la grand-mère, beaucoup d’épinards", dit-il. Je raflai donc sans états d’âme les 12 caillettes restantes dans la vitrine de M. Rège, qui les emballa sous vide.

    Si vos pas vous mènent un jour au pied du piton d’Entrechaux, évitez la boulangerie mais arrêtez-vous  chez Hervé Rège (dans la boutique SPAR). Et si c’est l’heure du déjeuner, ma voisine de table m’a aussi recommandé les spécialités de gibier du restaurant de chasse Saint-Hubert.  

    100_3508.JPG
  • Le bistrot d'Albert à Saint-Vallier

    Si vous passez par Saint Vallier, dans la Drôme, et que la faim vous titille, arrêtez-vous au 116 avenue Jean-Jaurès.

    Le bistrot d’Albert, au bord du Rhône et à 2 pas de la gare, on peut facilement le louper. Et si mon client ne me l’avait pas recommandé, sa façade de mauvaise pizzeria ne m’aurait pas tentée. Pourtant l’entrée exigüe cache une salle claire et spacieuse, sous une belle hauteur de plafond.

    Parmi les sémillantes serveuses, on croise une star du basket-ball local. J’ai laissé fondre dans ma bouche un filet de lièvre rôti aux marrons et à la poire confite, choisi sur le menu à 15 euros. Les déjeuners suivants furent un enchantement des papilles. Voilà un endroit que l’on quitte à regret.

    Le soir, j’ai traversé le Rhône pour dormir en Ardèche. A l’hôtel, j’ai demandé à la jeune serveuse. « Salade à la caillette, c’est quoi la caillette ? » « C’est une petite caille » a-t-elle répondu. C’est bon, la caillette. Mais je n’y ai pas vu l’ombre d’une plume.

  • Le France hôtel à Loriol

    Loriol, une bourgade sans intérêt, entre Valence et Montélimar, qui offre tout de même un Musée de l’insolite, créé par Max Manent, artiste peintre et sculpteur, un cinéma et une piscine.

    Mais à Loriol, il est un hôtel fort agréable où l’on fait bombance, tenu par un personnage haut en couleurs. Ben oui, je sais, je parle encore de bouffe. Que voulez-vous, on ne se refait pas ! En une autre saison, j’aurais peut-être aussi évoqué la piscine de l’hôtel. Cet endroit s'appelle le France Hôtel.

    Je ne m’étendrai pas sur les chambres, très correctes, ni l’accès WI-FI – gratuit - qui se limite pour le moment au rez-de-chaussée. Cet inconvénient se révéla être une fort belle occasion de passer mes soirées dans le bar de l’hôtel (la bonne aubaine) et d’y lier connaissance avec le maître des lieux.

    Je vous parlerai donc surtout du bar et du restaurant, très douillets, réchauffés par des murs jaune soleil et des toiles bigarrées en provenance du monde entier.

    Le restaurant fut le premier endroit que je découvris. Sur fond de musique lounge fort relaxante, il propose 2 menus complets « light prices » à 17€ et 19€50 ainsi qu’un menu Aquarelle à 26€ et un menu enfant à 10€. Un aperçu de la carte ?

    Note spéciale à l'attention de Philo (voir tag) : c'est là que tu cliques sur la croix, à droite en haut de l'écran, Philo ...;)

    Côté entrées : potage de légumes maison, qu’on m’a amené dans une soupière, comme à Aigues-Mortes. Devinez quoi ? J’ai vidé la soupière. Mais dans le choix des entrées, on trouve aussi une assiette de beignets de calamars, des salades, une friture d’éperlans… C’est très copieux !

    Côté plats, une section « «plats de terre » : confit de canard, rognons de veau au porto, pot au feu, suprême de pintade … Le premier jour, je n’ai pas pu finir le pot au feu. Il était divin mais vraiment impossible à caler entre entrée et dessert. Le lendemain, j’ai failli en venir à bout (de justesse).

    Une section "plats de mer" : sole grillée aux amandes et beurre (un peu trop de beurre à mon goût, d’ailleurs), pavé de saumon. Une section grillades avec les habituels pavés de rumsteak, entrecôte etc.

    Un éventail de choix « Hommage à M. Parmentier » avec hachis parmentier, brandade de morue et parmentier de canard.

    Des desserts sympathiques, en tout cas si j'en juge à la pannacotta et à la mousse aux chocolats que j'ai testées.

    A noter : la carte comporte 2 plats à base de viande halal (c’est assez rare pour être souligné) et des chaises bébé sont mises à disposition. Au passage, l’hôtel propose aussi 3 chambres accessibles aux personnes à mobilité réduite.

    Un bémol : compte tenu de la qualité de la restauration, le petit-déjeuner est franchement tristounet.

    Après ce repas de gourmet, vous êtes fin prêts pour vous offrir une petite digestion au bar du France. Garni de maquettes de voiliers (le patron en possède des dizaines), on peut se détendre dans fauteuils et canapés. J’avais envie de me réchauffer, j’ai décliné la proposition du patron de me faire un café de sa composition avec force chantilly et ai opté pour une petite chartreuse le premier soir, et un cointreau le second.

    Alors que j’étais sur mon ordinateur, un chat noir est venu me tourner autour. Les chats et moi, c’est une grande histoire d’amour, ils ne me ratent jamais. A mon invite, celui-là (le patron m’apprend que c’est une demoiselle) ne tarde pas à me rejoindre sur le canapé et à ronronner sous mes caresses.  A ma question « Comment elle s’appelle ? », il répond « Elle ne s’appelle pas ». Ben, oui, évidemment, on parle d’un chat…

    Nous discutons, notamment des nombreuses toiles dont il confirme qu’elles viennent d’Amérique du sud, d’Afrique et d’Asie. Jean-Jacques a 20 années de voyage derrière lui. Je tombe en arrêt devant des toiles et lui demande d’où elles viennent. C’est un artiste de la région et il s’appelle Pascal Astier. Un coup de coeur total, j'étais hypnotisée par ses toiles.

    Note : Le patron avait promis de m'envoyer des photos des œuvres de M. Astier mais il n'a malheureusement pas tenu parole, quel dommage de ne pouvoir orner ce billet de ses magnifiques œuvres ...

  • Un dîner dans le quartier d'Obuda

    Le soir, nous nous faisons jeter du Poco Loco. Décidément, il semble que nous soyons condamnés à ne jamais manger dans ce restaurant, à quelques encablures de l'hôtel, où nous bénéficions d'une réduction de 10 %. Le premier soir de notre arrivée tardive, il était déjà fermé, ce soir, il abrite une soirée privée.
    RLB propose d'aller manger dans le quartier d'Obuda.
    Sur le chemin, Oh! m'attrape par le bras et m'entraîne dans une rue perpendiculaire au Danube, devant un immeuble lugubre donnant sur un petit square. Il est ému de revenir devant cet immeuble où il a vécu pendant 4 années. Il le racontait ici.
    Nous continuons dans les rues larges et sombres. Ce n'est franchement pas animé, bien que RLB nous assure qu'on va trouver pleins de restaurants un peu plus loin. Yo et moi le charrions "Oh, chouette, encore une pharmacie!"
    Nous arrivons bientôt sur une place un peu plus animée et bordée de restaurants. Un joli endroit au charme un peu désuet, atmosphère renforcée par les rues pavées, les maisons colorées, les églises baroques et les lampadaires.
    Nous entrons au Leroy Café, une adresse branchouille.

    leroy_obuda.jpg

    Le cadre est design, la déco contemporaine, les lustres splendides et les fauteuils en velours noir merveilleusement moelleux. Nous commandons des soupes, je choisis une gulyàs (qui se prononce gouillache).
    La gulyàs hongroise est une soupe et le ragoût au paprika que nous appelons goulasch en France est un pörkÖlt. Ma gulyàs est à peine mangeable, très salée. C'est la deuxième fois que je mange une soupe hongroise et elles sont toutes trop salées. RLB confirme que l'hypertension frappe beaucoup de Hongrois qui consomment beaucoup trop de sel. Lui-même trouvait la nourriture française trop fade et aujourd'hui, il n'arrive plus à manger aussi salé.
    A une table voisine, je remarque un très bel homme, aux cheveux poivre et sel et pourtant jeune, qui fume un cigare et boit un verre de vin. Il est d'une sensualité folle et j'ai du mal à cesser de le fixer. Certains Hongrois ont un visage taillé au couteau qui leur confère quelque chose de mystérieux. Si je pouvais le croiser aux bains, celui-là ...

    Leroy Café (suivre lien)

    1036 Budapest, Bécsi ut 63.

  • Aigues-Mortes, mais pas de faim !

    A l’approche de la Camargue, mercredi soir, j’ai eu une pensée émue en voyant les directions d’Avignon et Arles. Il est presque 22h quand nous partons à la recherche d’un restaurant encore ouvert dans Aigues-Mortes. Le patron de l’hôtel nous a dit « Dépêchez-vous ». Pas le temps de réfléchir donc, j’avise sous les arcades (d’où son nom), un restaurant ouvert, saute de la voiture pour vérifier qu’ils servent encore, mmm, il fait chaud à l’intérieur, un feu flambe dans la cheminée de pierre, je vérifie quand même l’éventail des prix sur la carte qui est prometteuse, me gare et nous entrons. A l’intérieur, 2 couples.

    Je n’ai pas précisé. Ce soir-là, nous avions décidé de manger léger. J’opte pour le menu, oubliant mes bonnes résolutions. Hé, merde quoi, en Camargue, on bouffe pas de la salade verte !!!

    J’opte pour une soupe de poissons maison. Servie à la soupière, s’iou plaît, avec croutons et rouille.

    Mais avant ça, un jeune serveur nous apporte une mise-en-bouche : une verrine de mousse de betteraves à l’huile d’olive avec filet d’anchois sur toast, posé sur la verrine. Une pensée pour Oh ! et Lancelot qui m’auraient sans aucun doute filé leur part.

    100_2787.JPG

    La soupe est divine et la serveuse nous en propose une nouvelle louchée. Ma collègue s’arrêtera là. Moi je continue avec la suite du menu, bien sûr. Je renonce à la côte de taureau rôtie (miam) et choisis une galette de ris d’agneau aux légumes, sauce crémeuse aux champignons, parfaite. Raisonnable, quand même, non ?

    Et puis, en dessert, une brochette d’ananas sur une  mousse de noix de coco, sauce pain d’épice. Là, E. ne résiste pas et picore dans mon assiette. L’ananas est juste caramélisé, la mousse de coco très parfumée.

    100_2790.JPG

    Quand c’est fini, ça continue, le charmant serveur pose devant nous une dernière douceur : une verrine étroite (heureusement !) contenant une crème au chocolat accompagnée d’un physalis façon pomme d’amour.

    100_2791.JPG

    Le restaurant s’est vidé, je bavarde avec la serveuse, fort sympathique. Le service était chaleureux, parfait, la grande classe avec ramassage des miettes avant le dessert, et la cuisine d’une fraîcheur exquise.

    Les Arcades,c’est 23 boulevard Gambetta à Aigues-Mortes, donc (y’a même une recette sur leur site)

    Le lendemain, au petit-déjeuner, le patron de l’hôtel me demande où nous avons dîné. « Ah, les Arcades, ah oui, c’est une très bonne table ».

    Nos stagiaires ne nous accompagnent pas pour le déjeuner, nous choisissons l’auberge des 4 vents (ça y est, CUI va encore faire un jeu de mots foireux) et en souvenir de Bi-O-Bi-Ouaille, je déguste une gardianne de taureau. Je te rassure, elle était bonne mais la tienne est meilleure, Boby. Le soir, après avoir appris pourquoi on appelle les Aigues-Mortais les « ventres bleus », je chope au vol, avant d’attraper le mien, des fougasses d’Aigues-Mortes. Arrivée tardive, départ précipité, je n’ai quasi rien vu d’Aigues-Mortes, même pas les salants, aperçus ensuite sur la route vers Montpellier, sous un soleil couchant de toute beauté. Heureusement que j’ai des copains dans la région …