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J'fais ma gourmande - Page 15

  • Bouffer à Grenoble (2ème essai)

    Mardi soir, je dépose E. à l'hôtel et reprends la voiture pour m’offrir un peu de détente dans une piscine proche.  Je programme le GPS mais avant que j’aie pu réagir, TomTom me fait prendre l’autoroute et je réalise qu’il m’envoie à Grenoble. Les gens conduisent comme des barjos dans le coin, de vraies furies, j’avais déjà remarqué cette furieuse tendance aux coups de klaxon et accélérations excédées et je pique un coup de sang sur l’autoroute. Après quelques essais infructueux, je mets une claque à TomTom, cet andouille ne connaît pas la piscine de Seyssinet et je m’en remets à des passants pour m’indiquer la route à suivre.

    Même s’il ne s’agit que d’une première impression, je trouve les Grenoblois assez peu chaleureux. La comparaison sera encore plus cruelle avec les Aigues-Mortais que nous rencontrerons le lendemain.

    Après ma séance de nage, je récupère E. à l’hôtel et nous rejoignons les quais de Grenoble, mais cette fois, après avoir hésité entre camerounais et antillais, nous nous arrêtons dans un petit restaurant mauricien repéré la veille, avec des loupiotes rouges qui clignotent. Le patron est assis tout seul au fond de son joli restaurant aux couleurs des îles. Nous nous installons et partageons une assiette de bonbons piment, samossas, accras et beignets d’aubergine, puis je déguste un rougail d’espadon. Un vrai moment de détente sur fond de zouk et reggae. Nous papotons avec le patron qui va souvent à Paris et pour finir, il nous offre un rhum arrangé au comptoir. Rien à voir avec l’expérience désastreuse de la veille. Je vous recommande ce restaurant, ça s’appelle le Blue Bay, et c’est situé 1 quai Créqui à Grenoble.

    Le lendemain, dernier regard vers le panorama montagneux. La veille, Lucette m'a expliqué comment reconnaître les montagnes alentour. J'essaie de me rappeler : le Vercors est plat, la Chatreuse en pic et le massif de Belledonne dentelé. Au déjeuner, dernier repas tartiflette à la brasserie du Rondeau, décidément excellente même si le service est un peu désordonné, avant de prendre l’autoroute jusqu’en Camargue. Je vous recommande chaleureusement cette brasserie « bonne franquette » de Seyssins mais attention, elle est fermée le soir (de toute façon, la tartiflette, c’est trop lourd à digérer le soir, non?)

  • Ces petites choses qui changent tout

    Limoncello et carambar, c’est sympa ce que la patronne vous offre avec le café, au Grenier Savoyard de Montpellier, non ?

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    Le Grenier Savoyard, 31 rue de la Méditerranée à Montpellier (04.67.64.22.42)
  • En la bodega Guerola

    Il est plus de 15h quand je franchis le seuil de la bodega Guerola. A l'exception d'un couple installé à une table près de la porte, les convives sont massés au fond du restaurant. Les ventilateurs rafraîchissent la lourde chaleur de cet après-midi andalou. Je grimpe sur un tabouret, comme nous l'avions fait quelques jours plut tôt, en compagnie de Pepito et sa copine. Derrière le comptoir, un type d'une bonne cinquantaine d'années m'observe, un sourire en coin derrière ses lunettes. Sous mes yeux, derrière des vitrines, poissons et coquillages exhibent leur fraîcheur. Pour un peu, on se croirait chez Toritcho ... pourtant, le décor est bien différent.

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    Au dépouillement immaculé de Toritcho, la bodega Guerola oppose un chaleureux fatras de poutres et ornements. A droite, derrière la porte d'entrée, une peinture représente un torero. Sur une table, des bouteilles de vin sont exposées. Sur la gauche, le long comptoir de bois foncé s'étire jusqu'au fond de la salle. Les murs sont couverts de cadres, photos et affiches.

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    Un serveur m'invite à m'assoir à une table ou je serai plus à l'aise pour manger. J'acquiese et le suis, avant de me raviser et de retourner m'installer au comptoir. C'est que je vais m'emmerder moi, toute seule à une table ! Je préfère de beaucoup être au coeur de l'action, observer, m'étonner, poser des questions et sans doute, intriguer assez le personnel pour qu'ils entreprennent de me parler. Voyager seule a cet énorme avantage qu'il facilite les rencontres. En couple, rare sont ceux qui osent troubler le tête à tête et et entre amis, on se suffit souvent à soi-même.

    Me voilà donc déménageant pain, assiette, serviette et verre en bredouillant au serveur, vaguement gênée, que vraiment, je préfère manger au comptoir. Il propose alors de me placer près de la caisse, pour que j'ai plus de place. Le plus âgé me charrie en me disant que je vais faire le tour du resto avant même d'avoir commencé à manger. Je commande des calamares fritos ainsi que des coquinas, ces fameuses tellines que je n'ai plus eu l'occasion de déguster depuis mon voyage en Avignon, il y a déjà 2 ans. En attendant mes plats, je demande au serveur à lunettes le nom de ces coquillages assoiffés qui promenaient, l'autre soir, des langues démesurées d'un beau rouge corail. Conchas finas, répond-il.

    Un autre serveur, arborant de belles moustaches poiver et sel, pose bientôt devant moi deux belles assiettes de petits calamars frits et de tellines arrosées d'huile d'olive, citron et persil.

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    Tandis que je suçote mes tellines d'un air gourmand, il me demande d'ou je suis et ma réponse le surprend, visiblement. Je demande si je peux prendre des photos du restaurant, il m'entraîne et désigne ici des affiches de ferias de toros, là des photographies en noir et blanc de l'ancien Torremolinos.

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    "46 ans que la bodega est ouvert, tu n'étais pas née". J'acquiese, même si le monsieur doit me croire beaucoup plus jeune que je ne le suis.

    "Je suis venue avec des amis, il y a 2 jours". "Oui, oui, je sais, je t'ai reconnue", dit-il. Je lui demande s'il est le patron, il dément et pointe du doigt le monsieur à lunettes. Lui s'appelle Pepe. Le patron se présente, il s'appelle Clemente. Je le complimente sur sa bodega et lui dis que j'ai un blog et que je vais faire un billet dessus. J'ai fini mon repas, succulent, et Pepe me débarrasse avant de poser bruyamment 3 verres sur le comptoir, de les remplir et de m'en tendre un avant de porter les deux autres à une table. Quand il revient, je demande si c'est de la sangria, il secoue la tête et me fait signe d'approcher et de grimper sur un des tabourets tandis qu'il soulève un couvercle contenant un liquide ambré ou je distingue des rondelles d'orange et de la canelle.

    Lorsque la bodega ferme ses portes, je retrouve la chaleur de la rue et les boutiques bas de gamme de la calle San Miguel. Je piquerais bien ma petite sieste quotidienne, tiens ...

    Bodega Guerola

    Las Mercedes n° 2 - Torremolinos

    Telf. 952 38 10 57

  • Taguée par un chevalier

    Lancelot, qui me sait gourmande, m'a taguée sur un thème qui me plaît. Excuse-moi, grand frère, mais je m'accomode des règles du jeu, tu me connais ....  

    Un aliment ou produit que je n'aime pas du tout : les tripes aux choux de Bruxelles (ou comment mettre 2 réponses en une)

    Mes 3 aliments favoris :

    - la mangue (sur une terrasse, à la Réunion, le pied ...)

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    - l'entrecôte de Félicie (le samedi midi, après la piscine, re-pied ...)

    - les sashimi (poisson cru)

    Ma recette favorite : Impossible de choisir entre le fumbwa (de Ma Maguy) accompagné d'une bonne chikwangue bien tendre (de Ma Mpia) et le rougail saucisses (de Fiso,recette de la Réunion)

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    Ma boisson de prédilection :

    Une belle brune, amère, toppée d'un joli chappeau de mousse crémeuse : une pinte de Guinness !

    (sinon, pour les souvenirs d'apéros en famille, y'a aussi le pineau des Charentes et le rhum)

    Le plat que je rêve de réaliser et que je n'ai toujours pas fait : le bonbon à la rhubarbe et son parfait glacé à l'anis aux parfums de Provence ... (ah celui-là, quand je l'aurai en bouche ...)

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     Ah non, me suis trompé de bonbon(s) !

     

     

     

     

     

     

    Voilà :

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    Mon meilleur souvenir culinaire

    J'en ai plusieurs. Le premier :

    Dans un studio du 15ème arrondissement, un ami m'avait invitée à déjeuner. Un peu fauché, un peu végétarien, il avait prévenu "c'est simple, tu verras". Il m'a fait une omelette au fromage baveuse juste comme j'aime et il a ouvert la cocotte sur un festival de parfums en vert et orange : des petits pois frais et des carottes tendres à la vapeur. Un régal ! Depuis, je ne peux plus manger de petits pois en boîte.  

    Le second : Une assiette de poissons grillées, riz et légumes tropicaux servis avec un sourire étincelant au marché aux poissons d'Oistins, à la Barbade.

    Ce que je recherche dans un plat : les parfums

  • Immigration friquée

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    Ce dimanche, nous avons fêté, en l’évoquant à peine, l’annulation de l’ordre d’expulsion de Seiji. Je ne vais pas te raconter la journée, Bougrenette l’a fait de charmante façon ici.

    Je voulais évoquer rapidement la situation qu’a vécue Seiji pendant 3 mois. Une parfaite illustration des injustices que génère la nouvelle politique d’immigration « choisie » de notre gouvernement.  

    Seiji vit en France depuis 5 ans, y a toujours travaillé –et donc payé impôts et cotisations ASSEDIC -, était en CDI. Il change de boulot pour un salaire inférieur de 50 € par mois et là on lui retire son autorisation de travail au motif de la « diminution substantielle de ses revenus » ou un truc comme ça …Plus d’autorisation de travail, il se fait licencier (normal), va bêtement aux ASSEDIC et là, on lui apprend qu’étant désormais sans papiers, il n’a pas droit aux ASSEDIC … pas mal, hein ?

    Et ce qu’il a cotisé pendant 5 ans, on lui rembourse ?

    Et oui, il faut savoir que pour certains de ces sans-papiers dont M. Hortefeux parle comme « étant entrés illégalement sur le territoire français », ils avaient des papiers qu’on leur a retirés pour des motifs tels que celui évoqué ci-dessus !

    Aujourd’hui Seiji a de nouveau un titre de séjour (d’un an) mais plus de travail. Les diplômes étrangers n’étant pas reconnus en France, il a abandonné l’idée d’y exercer son métier, la psychiatrie (pourtant, y’aurait du boulot) et cherche un poste dans une maison d’édition musicale. Car la musique, c’est sa passion. Je sais qu’en ce moment, il affronte une nouvelle phase de découragement. Alors, si tu as une idée …

    Dimanche, Seji avait cuisiné du sonomono, spécialement pour moi. Je crois que je ne serai désormais plus la seule à lui réclamer cette rafraîchissante salade d’algues et de concombres vinaigrée aux graines de sésame.

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    La table en elle-même était un spectacle fort appétissant et découvrir les saveurs raffinées et contrastées de ce déjeuner japonais fut un moment d’enthousiasme et de partage. Le craquant des rondelles de radis noir, le piquant du raifort, les crevettes charnues, les brochettes juteuses amoureusement grillées par O. et M., tout était réussi. Inutile de te préciser que, pleine comme une huître et malgré un petit somme, j’ai annulé mon resto japonais prévu le soir même.

    Tout ça pour dire que je suis très contente d’avoir un ami japonais. Que je vais, à travers lui, en savoir plus sur cette culture et ce pays que j'ai furtivement découvert l'année dernière. Que j'ai hâte de l'emmener chez mon japonais à moi, Toritcho. Et que je rêve qu'il m'emmène dans son pays. Que Bougrenette est toujours aussi …comment dire ? carnassière …

    Ah oui ! Et qu’on a aussi plein de bouffes en vue. Chez moi, à la boucherie ... Comme ça, Marcel le fiacre pourra continuer à  me dire "Ben, dis donc, t'as pas maigri, toi!"