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2yeux2oreilles - Page 27

  • Fiso en mode Mr. Bean

    Ce midi encore, la chaleur a coupé tout appétit en moi. En ce moment, je ne mange qu’une à deux fois par jour. Je sais, vous allez me dire « C’est pas bien de sauter des repas ! »

    C’est une de ces vérités absolues que je me sers depuis des années, tout comme le « C’est pas bien de pas finir son assiette ! ».  Ça c’était avant de tomber un matin sur l’interview d’un médecin, auteur de « Le meilleur médicament, c’est vous ! » et défenseur du jeûne intermittent. Si ça vous intéresse, je vous en parlerai plus longuement dans un autre billet. En attendant, je mange à ma faim, c'est à dire très peu (ça vous en bouche un coin, hein ?)

    Bref, ce midi donc, je décide de manger un peu quand même et opte pour la fraîcheur d’un rouleau de printemps. Je m’installe dans la cafétéria, uniquement peuplée de mâles (les filles doivent faire les soldes), ce qui me permet de déjeuner dans un calme relatif.

    [Interlude : Ah oui, j’ai oublié de vous la raconter, celle-là … Le jour de mon arrivée, lorsque j’ai mentionné la salle de pause, un de mes collègues a dit « Ah, tu vas voir … la salle de pause, à partir de 13h, on y tourne des films pornos ». Fiso, interloquée, n’ose pas poser de questions et d’ailleurs, la réponse vient assez vite. Le lendemain, vers 13h, des hurlements de femelle orgasmique se propagent du couloir vers son plateau. Le PDG, à quelques mètres d’elle, ne lève pas une oreille. Et ça dure, ça dure …  les similitudes avec un film de boules ne font en effet aucun doute. Heureusement, elle jouit seule, dans le cas contraire j’aurais sans doute piqué une crise de fou-rire car je n’en étais pas loin.]

    Je dénoue donc avec précaution le film plastique qui saucissonne mon rouleau de printemps et le trempe dans la sauce aigre-douce. La première bouchée, ça va. Mais dès la deuxième, ça se complique. Les vermicelles se répandent dans la sauce et quand j’enfourne le cylindre dodu dans ma bouche, la sauce me coule sur le menton. Mon reflet dans le miroir qui me fait face offre un bien joli spectacle … Après les bruitages du film porno, moi j’offre les gros plans …  

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    A partir de là, je ne sais plus par quel bout le prendre ! Langue dehors tentant de happer au vol les vermicelles nacrés que le boudin déverse à flots réguliers, je me métamorphose en caméléon (c’est sexy, un caméléon, hein ?) Et pour me venger, vlan ! un coup de dent dans la crevette rose qui  profitait de la débâcle pour tenter de se faire la malle. Ça devient du grand n’importe quoi, mon déjeuner sur le pouce. Je jette un coup d’œil à droite ; les joueurs de baby-foot sont concentrés sur leurs bonhommes en plastique, il n’y a guère qu’un mec du 3ème étage qui, déjeunant avec ses collègues,  pourrait avoir repéré mon numéro à la Mr Bean.  

    Soudain perturbée par une question qui se révèle cruciale « Comment manger proprement un rouleau de printemps ?? », je décide de m’attaquer à un deuxième rouleau mais cette fois en dénouant le film plastique au fur et à mesure de ma progression le long du boudin végétal. Du coup, je me loupe et mords dans le plastique.J'ai une vie trépidante, y'a pas d'autre mot. Je suis en train de me demander quelle mouche m’a piquée de bouffer un rouleau de printemps ailleurs que chez moi quand un type surgit avec deux inconnus en costard-cravate. Ils se campent tous trois devant la machine à café et papotent. L’un des deux visiteurs, visiblement anglais, raconte que dans la boîte de sa femme, ils ont des tables de ping pong et des frigos remplis de bières et de boissons. Son collègue français lance des grands « ah ! oh ! » qui témoignent autant de son intérêt que de sa fluidité en anglais. « Quel faux-cul ! » me dis-je en me marrant.  Heureusement je leur tourne le dos et mon bras de fer avec le rouleau de printemps leur échappe. Enfin, c’est ce que je crois, jusqu’à ce que je croise le regard de l’un d’eux dans le miroir … Je lui jette un regard noir et j’ai envie de gueuler, en mode Coluche « Non mais qu’est- ce qu’on en a à foutre que ta femme joue au ping pong au boulot ? Vous voulez pas aller boire votre café ailleurs et me laisser faire ma cochonne en privé, meeeeerde ! »

    Mon mental a été si fort qu’ils se barrent assez vite. J’essuie, sur la table, les vermicelles et la sauce qui signent mon méfait et balance le tout à la poubelle. Et au moment où je m’apprête à m’éloigner,  un des types attablés me lance « Je peux te poser une question ? » Je reviens sur mes pas, craignant le pire. « Si je t’invitais à déjeuner, juste toi et moi, la réponse serait oui ou non ? » Bon ben ça se confirme, mon numéro de hardeuse n’est pas passé inaperçu …

    PS : J’ai tapé « comment manger un rouleau de printemps proprement » sur Google et rien trouvé. Si vous avez une technique, je suis preneuse !

  • Penhaligon's

    Dans la rue Saint Honoré, en route vers la maison (je vous rassure, je n'habite qu'un modeste appartement et il n'est pas dans le quartier de la rue Saint Honoré), j'entre dans la maison anglaise Penhaligon's.

    - Vous avez des parfums orientaux, ambrés?" demandai-je.

    "Oui, nous en avons beaucoup, nos parfums mélangent agrumes et épices", me répond la jeune femme à l'accent britannique.

    Elle me tend d'abord un bocal rempli de grains de café pour me dépolluer le nez de la quantité d'odeurs que j'ai respirées puis commence la visite guidée par Hamam Bouquet, un best seller de la maison, qu'elle vaporise sur ma main, mais qui a quelque chose de sucré qui me déplaît. En revanche, je craque pour Quercus, un masculin (décidément)  qui démarre sur des notes d'agrumes, s'épanouit sur du jasmin, muguet et cardamome pour finir sur du santal, musc, ambre et mousse de chêne.

    Hélas, plus d'échantillons mais des parfums en soldes et des prix abordables. Je reviendrai m'asperger chez Penhaligon's.

  • J'hante toujours la boutique Jovoy

    Après Annick Goutal, j'entre dans le temple découvert avec Boucles Rousses, en mai, et revisité en coup de vent avec ma petite framboise il y a quelques semaines : la très belle boutique Jovoy.

    La dernière fois, j'étais repartie avec, outre des échantillons de 1697 de Frapin et d'Ambre Russe de Parfum d'Empire, leur magnifique brochure "Note on notes", proposée en version bilingue FR-EN, et ponctué d'interviews (de parfumeurs, des blogueuses de My Blue Hour et Poivre Bleu) et d'articles sur les parfums qui donnent envie de les essayer tous.. 1697, pourtant fort aguicheur avec ses accords de cognac et dont j'ésperais beaucoup, m'était trop liquoreux et Ambre Russe, trop évanescent et doux.

    Hier, c'est un homme qui s'occupe de moi. J'expose mon cas : j'aime l'ambre mais je ne suis pas sûre que l'ambre m'aime, pour preuve Ambre Sultan qui n'a soulevé aucune réaction dans mon entourage en 2 mois d'utilisation, à part de mon collègue hollandais qui m'a dit "C'est bizarre, ça sent l'église dans cette salle" et de Mère Mi qui m'a dit "Tu sens bon".
    "Vous buvez l'ambre" en a déduit le jeune homme.
    Il me fait plusieurs propositions (très décentes) et commence par vaporiser Angelo di Fiume de Linari sur mes avant-bras, qu'il décrit comme étant une vanille fumée. Une odeur addictive qui me vaut de me renifler compulsivement les bras sur le chemin du retour, mais qui ne laissera sur ma peau qu'une vanille assez quelconque.
    J'ai trouvé quelques articles sur ce parfum, ici  et .

    Ensuite il me pose devant Ambre de Carthage, d'Isabey, un oriental boisé masculin. Enfin, il propose 1969 (année érotique) de Histoires de parfums, un oriental gourmand sur fond de patchouli, café, chocolat et muscs blancs.
    Comme lors de mes deux visites, j'obtiens sans peine des échantillons. Un de 1969 puis il en confectionne deux autres de Angelo di Fiume et de Ambre de Carthage.

    Sur des touches, j'ai Cuir Tabac de Jourquin, Ambre 114 d'Histoires de Parfums et Ambre Loup de Rania J. qu'ils vendent aussi.

    Je remercie le jeune homme et flâne dans la boutique, examinant avec attention les magnifiques flacons des parfums rares et chics que ditribue Jovoy. Certains sont exclusifs et onéreux mais d'autres pas plus chers que ce que l'on trouve dans les parfumeries traditionnelles.

    Moi qui n'ai souvent eu pour sillage que ma propre odeur, je prends de plus en plus de plaisir à découvrir ces jus, un peu comme lorsqu'on débouche une bouteille et quu'on goûte avec anxiété la première gorgée. Et j'ai très envie de corriger mon ignorance en m'inscrivant à un atelier de parfums, où l'on m'apprendrait à décortiquer une senteur. Des volontaires pour m'accompagner ?

  • Première visite chez Annick Goutal

    Hier, après ma 3ème édition de la chasse aux trésors de Paris, bien décevante (trop difficile, nous nous sommes perdus à plusieurs reprises et avons abandonné à 15h15, puisqu'il fallait arriver au terme du parcours avant 16h), je suis allée me consoler dans les luxueuses boutiques de parfums de la rue de Castiglione.
    Je suis d'abord entrée chez Annick Goutal, une première, où trois vendeuses se sont empressées de me faire humer leurs parfums ambrés.
    On me tend Ambre Fétiche, dont j'ai entendu des louanges sur les blogs de parfums, puis la vendeuse propose Sables, et là, quelle étrange odeur !!
    "C'est l'immortelle, explique la vendeuse, aucun parfum n'en contient autant".
    J'hume encore et encore cette senteur inhabituelle et parfaitement androgyne, comme j'aime, et j'y trouve une odeur épicée, mélange de sable chaud, en effet, où je décèle aussi une pointe de réglisse et un soupçon de poivre. Vous connaissez cet étrange élixir ?
    Quand à Ambre fétiche, je le trouve (trop?) capiteux, à la manière d'un Chanel, je ne suis pas sûre d'aimer. De plus, il contient de l'encens et visiblement, l'encens tient bien sur moi. 

    Je repars avec un échantillon (yes!) de chacun. Sables est décrit par Annick Goutal en ces termes "Comme un souffle sec et torride venu du maquis corse. Une intensité apportée par la chaleur des immortelles sauvages embrasées d'ambre et de santal".

    Sur le joli site d'Ambre Gris, je lis un hommage vibrant et aussi une mise en garde : Sables, on l'aime ou on le déteste, tant il est particulier. Un mystère dont je me parerai dès demain.

  • Le Mesturet, un bistrot où on croise plein de gentils garçons

    Le triangle Bourse-Opéra-Vendôme est décidément mon quartier. J'y ai ma deuxième maison, l'Oustaou, quelques belles adresses gourmandes, le Pinxo, le Petit Vendôme et Aux Bons Crus,sans compter toutes mes gargotes japonaises et les wurst et bretzelen du Stube.
    Il y a quelques semaines, prise d'une subite envie de tako yaki, je suis redescendue des grands boulevards et j'ai pris la rue de Richelieu dans le sens inverse de mes habitudes. Une devanture a attiré mon regard, je me suis arrêtée, j'ai parcouru l'ardoise, alléchante, jeté un coup d'oeil à l'intérieur et noté l'adresse.
    Lundi dernier, j'ai récupéré une brune virevoltante et sa valise rose au pied de l'Opéra et nous avons retrouvé son amie au Mesturet. Mamz'elle Gigi a d'emblée aimé l'endroit, les clients qui cassent la croûte sur le comptoir, la salle bourdonnante et le serveur qui, déjà, faisait de son mieux pour nous trouver un endroit où caser la valise rose.

    La carte était si gourmande qu'il nous a été difficile de faire un choix. Même hésitation devant la belle carte des vins et le serveur nous propose de goûter un petit Ventoux, que nous validons. La première chose qui frappe sur la carte du Mesturet, outre ses touches d'originalité, ce sont les prix, vraiment très corrects : plats à moins de 15€ en moyenne  et des formules servies midi et soir (la complète à 29€)
    Mamz'elle Gigi avait les crocs et envie d'une bonne viande. Elle décide de les planter dans un faux filet de bœuf grillé (250g), beurre de moutarde à l’estragon et grenailles persillées qu'elle commande "bleu mais chaud". Elle rigole pas avec la viande, Mamz'elle Gigi, c'est pour ça que j'aime en manger avec elle; j'ai le souvenir d'une mémorable côté de boeuf sur le lac de Genève. J'opte pour un magret de canard des Landes non escalopé (à vos dictionnaires ;-)), à la badiane et porto blanc, purée de pommes de terre à la Tome et herbes fraîches et notre troisième larronne, petit appétit, pour une entrée au saumon fumé.
    La viande de Mamz'elle Gigi arrive sur sa planche de bois et là, le premier coup de couteau révèle une cuisson presqu'à point. Mamz'elle Gigi hésite, ne veut pas embêter le serveur mais une bonne viande pas cuite comme on le souhaite, c'est  un plaisir gâché. Qu'à cela ne tienne, le charmant jeune homme reprend la planche, s'excuse et la ramène quelques minutes après, toujours avec le sourire. Ca c'est le test - involontaire - qui révèle le sens du service et nous le lui disons.
    Mon magret est quand à lui fondant et aussi rosé que mes joues, et se vautre avec bonheur dans la sauce anisée. La purée de de pommes de terre aux herbes, maison, est savoureuse. Mamz'elle Gigi se régale aussi.
    - Est-ce qu'on prend un dessert ? Il paraît que le Paris-Brest est un incontournable.
    Mes amies n'ont plus faim mais les yeux qui brillent. Nous avons la bonne idée d'en commander un à partager et on pose devant nous une merveille fière comme un monument, fourée d'une crème pralinée à tomber. Avec le Paris-Brest de Simone à la Bougnate, c'est le meilleur que j'aie mangé de ma vie.
    De retour chez moi, je répond à la fourchette qui me demande comment était ma soirée et ne tarit pas d'éloges sur le Mesturet et son service irréprochable et sincèrement attentionné.

    Hier soir, je rejoins quelques-uns de mes ex-collègues adorés du côté de Saint-Lazare pour notre verre et plus si affinités du vendredi soir. Je les vois au minimum une fois par semaine (3 fois la semaine dernière !). Je récupère ma livraison de boucané ramené de la Réunion par ma belle brune et en bonus, une préparation pour rhum arrangé au géranium que j'ai hâte de goûter; ça sent divinement bon !
    Mes deux amies nous quittent après un verre et c'est à 4 que nous nous dirigeons vers ... le Mesturet. Toujours la même ambiance bistrot et un autre serveur mais tout aussi souriant. Flower Power (ah oui, je vous présente Flower Power, une petite nouvelle sur mon blog que vous retrouverez sans doute régulièrement désormais car je l'aime bien) parcoure la carte des vins, pleine de promesses, et elle aime car au Mesturet, on cite les vignerons.
    On commence avec des cocktails maison (6€) super bons, qu'on se passe de mains en mains. Puis on partage des rillettes de lapin au romarin, salade de roquette et pain de campagne grillé et des harengs Bismarck et Charlotte, mousseline au raifort. Ensuite, je me mets en mode aventurière et commande une tête de veau  roulée, légumes vapeur et sauce gribiche devant laquelle je cale lamentablement. Flower Power décide de mettre en concurrence la blanquette de veau à l’ancienne, riz pilaf et petits oignons (celle-ci est sans carotte!) du Mesturet avec celle de sa mère : égalité. G. se tape une poulette à l'ardoise et Jack une poitrine de porc fermier aux aromates et citrons, légumes méridionaux.

    C'est à ce moment-là qu'on m'a tapé sur l'épaule et que j'ai sauté de joie en reconnaissant Chichi, le barman le plus sympa de la terre, à l'Oustaou, où je vais prendre une dose de chaleur humaine les soirs de blues. Il venait de s'installer à la table voisine avec Kamel et des amis. Je venais justement de parler d'eux à mes compagnons qui avaient décidé qu'on y finirait la soirée. C'est quand même vachement sympa d'aller dans des endroits où on croise les gens qu'on aime, comme si on vivait dans un village. Qui a dit que Paris était une ville inhumaine ?

    En dessert, Flower Power, qui a un papa pâtissier (enfin, je crois, j'ai eu quelques absences à partir du 3ème verre de pinard) a validé le véritable Paris Brest, crème pralinée (petit appétit s’abstenir), un poil trop cuit à son goût, que l'on s'est partagé avec un macaron aux fraises, chantilly à la verveine. Moi je ne m'en lasse pas, du Paris-Brest, et pourtant, les gâteaux à la crème, ce n'est pas vraiment pas mon truc.Comme elle sedésolait qu'il n'y ait pas de crémant à la carte, on a commandé un moelleux pour faire glisser le dessert. Quand j'y pense, tu m'étonnes que j'aie la tête lourde ce matin ...

    le mesturet,l'oustaou,y'a pas d'mal à s'faire du bien

    Le serveur, décidément super sympa, nous a offert un cognac. Après ça, comme on avait encore soif, on a réglé (même pas 40€ par personne) et on est partis rejoindre Chichi et Kamel à l'Oustaou.

    Là, on a eu des conversations de comptoir, des débats qui ne servent à rien et qu'on a oublié le lendemain mais pour lesquels, sur le moment, on se passionne. Quoique, je me souviens quand même que G. s'est exalté et qu'on a pris la tête à Daouda qui répétait "Y'a rien à faire, faut se résigner, le système nous broie". Et d'autres conneries comme "C'est facile pour vous les informaticiens, vous êtes devant votre ordinateur, peinards".

    A 3 heures, comme je tanguais un peu, j'ai laissé mes compagnons avec mes frères d'adoption et j'ai hélé un taxi sur l'avenue de l'Opéra.

    Et là, je vous laisse pour aller toucher le fond de la piscine du KB dans mon ptit pull marine maillot de winneuse et faire une bise à mon Nico à la Comète (mais aujourd'hui, je ne bois que de l'eau et du thé vert!)
    Message perso : Jack, je fais péter les photos dès que je rentre de boire la tasse.