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2yeux2oreilles - Page 60

  • 40 !

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    "Life begins at 40", they say.

    Un petit plaisantin avait coiffé Molière d'un cône rayé. Moi je n'ai pas bu beaucoup d'alcool. Les mélanges improbables étaient dans la salle, des blogueurs (ses), un échantillon impressionant de notre pourtant toute petite famille, quelques hommes perdus sans collier, de vieux amis, collègues et aussi des rencontres mythiques.

    Un beau brun a l'allure de jeune premier a bravé les grèves - vive le covoiturage - pour venir danser avec nous. Il m'a laissé un film chaud comme son sourire, un conte drôle et cruel, que je languis de revoir depuis des années, Zorba le Grec, hymne à la liberté. Le samedi soir, je n'ai pas résisté à sa vingtaine toute fraîche et l'ai emmené manger un mafé du côté de Parmentier.
    Il y avait lui, le solitaire si sensible, et à mon cou, j'ai demandé qu'il accroche un bijou vert comme l'île qui nous a réunis, un soir de coupe du monde. Et puis il y avait elles, leur élégance, leur douceur, que j'ai connues ici, que j'ai imaginées, devinées, découvertes. Il y avait mes hommes, qui m'aiment mieux que ne le font leurs congénères hétéros. Il y avait ma fratrie, mon sang, mes protégés, et ma petite soeur protectrice et généreuse, et son grain de beauté, là, et un autre ailleurs mais c'est classé secret famille.
    Il y avait lui, qui est aussi bavard en petit comité que silencieux en groupe, lui que j'ai réellement découvert en août, au hasard d'une bière du côté de Saint-Germain, une bien belle soirée, un sacré bonhomme.
    Il y avait une main qui pensait être à l'abri des regards pour caresser sa croupe, derrière le rideau de velours, mais c'était sans compter la lucarne indiscrète du passe-plats.
    Il y avait deux entrecôtes sous-vide et deux couillons qui ricanaient de leur bonne blague.
    Il y avait elle, à laquelle je pense chaque jour, et qui répond qu'elle m'aime. Désormais, je l'emmènerai chaque semaine avec moi et peut-être que je me sentirai mois seule. Peut-être.

    Il y avait lui, mon boxeur, que j'ai appelé en larmes quand la fête était terminée et que la pluie tombait.  
    Il y avait ce paquet tellement gros que je ne l'ai pas cru pour moi, et pourtant si. Quel dommage qu'il s'en aille, il m'a touchée en plein coeur, le ténébreux gentleman, et à ses lèvres, j'ai bu le plus enivrant des cocktails. Happy hour.  

  • Victor, ou quand le futur se fait si proche

    Il la prend en charge devant la gare du Nord, un soir. Après quelques minutes de silence, ils engagent la conversation, sur les balivernes habituelles : d’où elle rentre, les bouchons, la météo, son métier. Il demande si ce n’est pas trop dur pour son petit ami de la voir partir chaque semaine. Sa question tout à fait anodine appuie ce soir là où ça fait mal. Très mal. Dans l’habitacle sombre, les larmes lui montent aux yeux, en une fraction de seconde. Elle ne peut même plus parler. Elle se ressaisit difficilement, tente de plaisanter sur le fait que seules ses plantes se languissent d’elles, et encore, même pas, car elle les a choisies increvables.

    Il s’étonne, une femme « comme elle », pose les questions habituelles, comment , pourquoi, donne les conseils de celui qui ne la connaît pas : sortir, voir du monde, ne pas se refermer sur soi-même. Ils discutent comme deux vieux amis. Le naturel de leur conversation a quelque chose d’incongru et de terriblement humain. Il jette un coup d’œil dans le rétroviseur.

    « Vous avez quel âge ?, demande-t-il.

    –        Quel âge vous me donnez ? » rétorque-t-elle, confiante.

    –        La quarantaine ? »

    –        Merde, vous m’avez ruiné ma soirée, Victor ! D’habitude, on me donne au bas mot 5 ans de moins que mon âge. Décidément, tout fout le camp.»

    Ils rient ensemble et se charrient. Soudain, son ton se fait plus grave et ses yeux noirs l'accrochent dans le rétrovisuer.

     « Écoutez moi, je vais vous raconter une histoire. Peut-être que vous ne me croirez pas, peut-être que vous me prendrez pour un illuminé. J’ai moi-même encore du mal à y croire. Tel que vous me voyez là, j’ai 47 ans. Je suis divorcé et j’ai 2 enfants. Ma femme et moi, on s’est séparés il y a plus de 10 ans. Pendant des années, j’ai traîné sur des sites de rencontre, enchaîné les plans cul. Je me retrouvais au pieu avec des femmes que je ne connaissais pas deux heures auparavant. Au début, c'est la fête, on croque sa liberté à pleines dents. J’en ai profité mais au fur et à mesure, les matins deviennent mornes et on se demande où on va. On se sent merdeux. On perd l’estime de soi. On ne croit plus aux mots d’amour.

    Au printemps dernier, je suis allée passer une journée avec mes enfants au Futuroscope.  Dans l’après-midi, on est à la cafétéria de l’hôtel. Une femme se retourne brusquement, me rentre dedans et je me renverse le café sur la chemise. Elle s’excuse avec un fort accent anglais. En moi-même, je pense « Quelle conne d’anglaise ! » Je dis à mes gosses de m’attendre et je monte dans la chambre me changer, en pestant. Quand je redescends, son enfant a sympathisé avec les miens. Elle m’offre un café pour se faire pardonner et nous nous asseyons ensemble. L’enfant est en fait son petit-fils. Et elle n’est pas anglaise, mais portugaise comme moi. Son accent vient du fait qu’elle vit dans l’Ontario, à quelques kilomètres de la ville dans laquelle j’ai moi-même vécu, enfant. Une sacrée coïncidence. Finalement, on passé toute la journée ensemble. Et depuis, on ne s’est plus quittés. Moi qui m’étais toujours juré de ne jamais sortir avec une portugaise.  

    Je ne sais pas où cette histoire me mènera. Ce n'est pas facile, elle est veuve et ses filles sont très possessives et ne semblent pas prêtes à accepter qu'elle refasse sa vie. Peut-être que le jour où je vous reprendrai en course, je serai seul et malheureux, et je n’y croirai plus, de nouveau. Mais si on m’avait dit, il y a encore quelques mois, que je serais heureux comme je le suis aujourd’hui, je n’y aurais pas cru. Vous savez, la vie, ce n’est que des choix. On prend à droite ou on prend à gauche. On saisit sa chance ou pas. On prend des risques ou on reste au chaud dans ses certitudes. Quand vous perdrez espoir, pensez à ma jolie histoire et s’il vous plaît, continuez à y croire. »

    Devant chez elle, ils ont poursuivi la conversation encore quelques instants. Elle a claqué la porte de la confortable berline et munie de ses bagages, elle a levé les yeux vers la fenêtre où aucune lumière ne brille plus depuis longtemps. Pourtant rien n'a plus terni son sourire intérieur ce soir-là. Victor et son histoire d’amour toute neuve l’auront empêchée de sombrer dans la mélancolie, au moins pour quelques heures. 

    En refermant la porte de son appartement, elle ne souhaite qu’une chose à Victor : que la prochaine fois qu’il arrêtera son taxi devant elle, il soit toujours aussi heureux.

  • Balade dans le 9ème avec P_o_L

    Nous avons rendez-vous place Clichy. P_o_L a très faim, première urgence : trouver un resto. Le Bistro des Dames m'avait tapé dans l'oeil il y a quelques semaines. P_o_L est d'accord pour tenter le coup malgré une première expérience décevante (un service exécrable, alors, ce que semblent appuyer de nombreux commentaires sur internet).
    L'endroit est en tout cas tout à fait ravissant et asymétrique comme j'aime. Le jardin est complet et on nous propose la véranda, où nous nous installons après avoir salué les cuisiniers et descendu quelques marches.
    La salle au plafond bas laisse entrevoir des pavés sous le sol. On envie ceux, chanceux, qui déjeunent dans la verdure à quelques pas du vacarme de la place Clichy.  

    Paris, P_o_L


    N'empêche, on est bien quand même malgré la table voisine où un homme s'esclaffe fort bruyamment.
    Les plats se font un peu attendre mais nous ne sommes pas pressées et puis, avec P_o_L, on trouve plein de sujets de discussions, même si je l'ai vue la veille.
    Je lui raconte le meuble de ma salle de bains démonté à 23h avec un tournevis de merde et remonté dans la foulée, à la Fiso. Mon meuble, c'est la tour de Pise, msieu-dames, mais il tient debout (enfin, pour l'instant).
    Mon confit de pintade est très correct, le melon de P_o_L pas vraiment gorgé de soleil et le service tout à fait agréable. En dessert, j'hésite entre moelleux chocolaté au piment d'Espelette, panacotta à la verveine et cheesecake (ahhhhh, le cheesecake !) mais comme P_o_L est super raisonnable aujourd'hui et choisit une salade de fruits, je me rabats sur une verrine de perles de coco à la mangue.
    Bon c'est pas le tout mais on a une visite à faire. P_o_L va être ma touriste test (je vous en reparlerai).
    Le site de l'hotel dont dépend le Bistro des Dames est fort sympathique, je vous le mets donc en lien (goûtez la petite zik version jazz manouche)


    Mon bouquin commence son parcours à Opéra, je le rejoins donc en cours de route.  P_o_L me guide jusqu'à la rue de Douai.
    Rue Chaptal, nous voilà devant le Musée de la Vie Romantique, que je me promet de visiter depuis un moment. Aujourd'hui, je veux juste prendre une photo de l'hotel particulier qui l'abrite mais la jeune femme a l'entrée nous convainc "La visite est gratuite et le musée n'est pas très grand". J'interroge P_o_L du regard, banco !

    La grande maison verte et blanche, où il s'installa en 1830, entrepose bronzes et portraits d'artistes et amis du peintre Ari Scheffer et de nombreux objets ayant appartenu à George Sand, qui y séjournait fréquemment. Dans le jardin, on peut s'offrir une pause.

    Paris, P_o_L


    Nous, on veut boire un panaché, on va donc se poser à l'angle des rues de Douai et Fontaine, face au bar Crown qui ne s'appelait pas comme ça lorsque P_o_L le fréquentait, dans sa jeunesse (ouais, t'as vu, je raconte tout, P_o_L ! )
    Rue Fontaine, je stoppe, perplexe, devant un panneau de l'histoire de Paris qui indique, au n° 19 bis, l'atelier du peintre Degas (de Gas, en fait). Sauf que su le panneau, il est question de ses ateliers rue Pigalle et ailleurs mais pas là ! Le mec qui l'a posée était bourré ou provincial ?
    [en fait, P_o_L, Degas a réellement tenu atelier là, mais au n°21 ... ils sont d'ailleurs nombreux à avoir logé dans cette rue, Toulouse-Lautrec, Pissarro, André Breton ... et même Mimie Mathy, grande copine de Deftones. Pour bien faire, faudrait que je me balade avec mon ordinateur dans les bras!)
    Nous continuons dans cette rue bordée de boutiques d'instruments de musique d'où s'échappent parfois des accords de guitare électrique.
    A l'angle de la rue Pigalle, une enseigne dorée attire mon regard. C'est chez Moune, club à .... (faites la rime)

    Rue Victor Massé, à gauche, se trouve l'avenue Frochot et un édifice couvert de vitraux. Mon bouquin ne les mentionne pas, je me carre donc mes questions où je pense, et j'apprendrai, de retour chez moi, que cette impasse a accueilli Alexandre Dumas, les frères Renoir, Victor Hugo à son retour d'exil, Toulouse-Lautrec et Django Reinhardt. La jolie maison à l'entrée serait même hantée ! (ptain, je vais te les faire flipper, les touristes !)

    Quand à l'édifice à vitraux, c'est le théâtre en rond de Paris (ça c'est une info pour Boug' qui s'est extasiée devant en rentrant du théâtre, jeudi dernier)
    On ne peut quitter la charmante ruelle pavée sans remarquer cette demeure de 1837 qui fait angle avec la rue Frochot.

    Paris, P_o_L

    [Dans les années 1920, elle fut reconvertie en cabaret, Le Shangaï. Sa façade incurvée s'orna alors d'un magnifique vitrail Art déco inspiré d'une estampe du peintre japonais Hokusaï. Ce tableau représente le mont Fuji près d'être submergé par de gigantesques vagues. Sur chaque côté, un couple de cigognes en fer forgé peine à fuir ce désastre imminent. En 1954, A. Gomis et J. Peccoux la transformèrent en Théâtre en rond,  salle de théâtre expérimental au centre de laquelle se trouvait la scène. Aujourd'hui, un cercle de jeux occupe les lieux. En prenant du recul, on peut apercevoir au-dessus une terrasse bordée d'une balustrade en ferronnerie et les faux pilastres qui encadrent les fenêtres. Une corniche saillante à modillons délimite le second étage en retrait coiffé d'une toiture en parapluie. La façade de la même maison mais côté rue Frochot au n° 2 se signale par deux statues à l'antique posées dans des niches.] [source]


    Malheureusement, l'avenue Frochot est fermée au public mais j'ai trouvé un filon : on peut la visiter au travers d'un "parcours imaginaire" annuel, tout ce qu'il y a de plus réel, et grâce au conseil de quartier Lorette-Martyrs (P_o_L, tu notes ?)
    Rue Victor Massé, il faut lever le nez, car l'achtiecture est belle.

    Paris, P_o_L


    A gauche, un décroché mène à la cité Malesherbe. Cité Malesherbe, cité Malesherbe ... ?? Mais oui, m'écrié-je, devant une P_o_L médusée. C'est là qu'est la maison de Cuvelier ou Juvelier ! Heu, Jollivet, le fameux gars qui a peint les plaques scandaleuses de l'église Saint Vincent de Paul (allez, faites marcher votre mémoire ou remontez de quelques jours)
    Hélas, la porte de fer est fermée et bien fermée. Quoi ??? m'étranglai-je en couinant, comme Coluche en son temps. Je peste déjà contre ces voies publiques qui deviennent privées pour préserver la tranquilité des nantis. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot et P_o_L sur les talons, j'atteins la place Lino Ventura, bifurque à gauche et hèle un trio qui vient de me claquer la porte au nez. "Il faut appuyer sur le P de Porte pour l'ouvrir " dit-il. Je ne l'aurais pas deviné. Donc, ami lecteur, si tu veux aller flâner dans la cité Malesherbe, la lettre magique c'est P comme "Personne ne m'empêchera de rentrer".
    Dans la cité Malesherbe, P_o_L repère vite la facade couverte de lave volcanique émaillée qui porte le nom de son propritétaire. Il y a aussi la villa Clara et d'autres belles demeures où vécurent, au n° 18, les Lesueur, couple de comédiens et amis de George Sand, Drieu de la Rochelle ...

    Paris, P_o_L


    P_o_L file récupérer son scooter et m'abandonne à la suite de ma flânerie. Moi je descend la rue Pigalle ... (à suivre)

  • A vot'bon coeur, mesdames !

    Bonjour Mesdames

    Je vais me marier en 2012
    Mais voilà ma future femme est mince et a une petite poitrine...
    Avant d'officialiser mon union et d'être officiellement un gentil mari, j'aimerais avoir une dernière relation charnelle avec une femme plantureuse et ainsi me rappeler une dernière fois aux plaisirs des courbes vertigineuses
    Au plaisir d'avoir de vos nouvelles

    Bises

  • ApérOpéra

    Mon prestigieux client déménage bientôt de la rue où s'alignent bijouteries, magasins et hôtels de luxe. Les femmes, qui suivent manifestement la mode dictée par Elle, y sont bronzées toute l'année. Dommage, je commençais à me constituer un joli carnet d'adresses entre la place Vendôme et celle de l'Opéra  Ce quartier, bien loin de mes lieux de villégiature, l'est devenu un peu plus depuis que je fréquente assidûment l'Oustaou Café et les restaurants japonais de la rue Sainte-Anne.
    Il y a quelques semaines, j'ai déjeuné d'un excellent rougail saucisses au restaurant Le Cap Bourbon, aux accents de l'île de la Réunion. Chaque jour offre son plat réunionnais et on peut aussi y manger de l'authentique cuisine de brasserie. Les plats y sont en moyenne à 13€, ce qui est fort raisonnable pour Paris, et encore plus pour ce quartier. Une vraie bonne adresse désormais sur ma liste de bons plans. En revanche, je suis restée perplexe en déchiffrant l'inscription du tee shirt d'un - pas si jeune - homme au bar : "J'étais pas un porc, j'avais pas la gale, avant le Portugal". D'un parfait mauvais goût, non ?

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    Ce midi, j'ai voulu tester une terrasse fort animée que j'avais débusquée, un jeudi soir, en allant acheter la merveilleuse burrata de la coppérative italienne.

    Le restaurant "Le Petit Vendôme", rue des Capucines, est un endroit étonnant. Une profusion de miroirs, affichettes, fanions, une vraie fête foraine ! L'ambiance y est très bonne franquette sur fond sonore élevé. C'est qu'on est là dans un authentique bar à vin où l'on sert de goûteux casse-croûte auvergnats. La foule qui s'y presse, dedans et dehors, témoigne du succès de son concept.

    En salle, on déjeune, coude à coude, sur des nappes à carreaux. Au comptoir, où jambons et fromages s'exhibent sans pudeur, on fait la queue pour emporter un authentique casse-croûte auvergnat.  Fritons, rillettes, saucisse sèche, andouille de campagne, terrine maison, frometons odorants, il y a là de quoi faire péter le taux de cholestérol sans une once de culpabilité. Les clients sont essentiellement des hommes (des vrais!) : jeunes, vieux, cadres et tout ça mélangé, ils partagent joyeusement une bouteille de pinard en se léchant les doigts.

    On me cale dans un coin. A la table voisine, deux "hommes d'âge mûr" (expression politiquement correcte pour ne pas dire vieux) saucent leurs assiettes de moules au roquefort. Marine, la serveuse, brune joliment décolletée et néammoins efficace, arpente la salle en criant "chaud chaud chaud !". Deux hommes s'installent à côté de moi. L'un d'eux, pas de pot pour lui, est obligé de se tourner vers moi pour me déshabiller dévisager à son aise. Il tente de lier conversation mais je coupe court à ses maladroites tentatives. Ma sociabilité ne m'a pas beaucoup réussie ces derniers temps.

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    J'ai décidé de faire léger ce midi; ce sera donc saucisse-aligot. J'ai une pensée pour mon ami Oh!91 qui nous en avait régalés - entre autres délices dont il a le secret - lors de vacances en Dordogne. C'est savoureux et je suis gourmande mais je me fais violence et abandonne aux 3/4 de l'assiette, faisant la sourde oreille à la voix de mon enfance qui s'insurge "Finis ton assiette !"

    [Une des aberrations de nos sociétés - moi la première - ne manquant de rien : manger par automatisme ou ennui, rarement par faim, sans être à l'écoute de son corps qui dit "Assez!". J'ai fait,  quelquefois, l'expérience inédite d'arrêter de manger dès que je ne ressens plus ni faim ni plaisir : je suis rassasiée avec des portions incroyablement petites]

    Les clients qui entrent, visiblement habitués, complimentent la serveuse sur sa nouvelle coupe de cheveux. Je l'alpague "Il n'est pas dans le quartier, par hasard ? J'en cherche justement un". Quelques minutes plus tard, rendez-vous est pris avec Elie, à quelques mètres de là.

    En fin de journée, lorsque j'entre dans le salon, une cliente raconte des trucs salaces à la coiffeuse, un demi posé devant elle, en attendant que sa couleur fasse effet. Un homme entre, déclare venir pour une épilation maillot, charrie la cliente qui boit son demi de cervoise. "J'ai soif" dit-elle. "Si t'as soif, t'as qu'à boire du shampoing, y'en a plein ici."
    Elie m'installe devant un miroir et sourit, visiblement amusé de ma surprise devant cette ambiance très "Comète du KB":

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    "A cette heure-ci, on se lâche, dit-il. Ce sont tous des commerçants du quartier. Lui, là, avec l'accent du midi, c'est le cordonnier du coin et elle, c'est la serveuse du restaurant d'à côté."
    La patronne fait le tour de la salle : "Madame la cliente, qu'est ce que vous buvez? me demande-t-elle. Elle revient bientôt avec un plateau et pose un demi devant moi. Je me marre et me congratule  mentalement de ma capacité à me fourrer dans les bons plans, tout en trinquant à la santé d'Elie, qui m'a fait une jolie coupe printanière. Je suis sûre que Nicolas va être jaloux comme un pou : se faire payer un demi chez le coiffeur, faut le faire quand même ! Nico, à côté d'Elie, ta coiffeuse plate comme une limande ne vaut pas un clou !

    Le Cap Bourbon au 1, rue Louis le Grand (angle Danielle Casanova), Paris 2ème (01.42.61.81.05)

    Le Petit Vendôme au 8, rue des Capucines, Paris 2ème (01.42.61.05.88)

    sans oublier le meilleur bar du quartier, chez mes potes Kamel et Chichi : l'Oustaou Café au 28 bis, rue de Richelieu.