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Gens (d'ici et d'ailleurs) - Page 25

  • Rencontre avec J.

    C'est un contact MSN qui date de mon inscription fugace, l'année dernière, sur le site "Je suis seule et je ne veux pas le rester.fr". Cette année, lorque je me suis réinscrite sur ce site en janvier, je me suis reconnectée sur l'adresse MSN correspondante et J., qui faisait toujours partie de mes contacts, m'a lancée. On a commencé à discuter virtuellement. Ne l'ayant jamais rencontré, j'avais tout oublié d'éventuelles conversations passées. J. est séduisant sur la photo, un beau sourire et l'air décontracté dans sa chemise en lin blanc. Sur MSN, il n'est pas très loquace, me pose beaucoup de questions mais répond superficiellement aux miennes. Quand je lui demande s'il est casé (première question que je pose), il plaisante en évoquant 5 femmes et 3 maîtresses. Il flirte pas mal, parle de mes yeux et de ma bouche, je n'aime pas trop cette entrée en matière clairement axée sur le physique. Je reviens invariablement à des conversations moins tendancieuses. Au fur et à mesure des soirées, il consent à parler un peu de lui. Je le trouve marrant et nos échanges consistent à de gentils râteaux que je lui met quand il s'écarte un peu du droit chemin. Comme nous travaillons dans le même quartier, il m'invite à déjeuner un midi sur une péniche amarrée à la Seine. J'accepte, malheureusement 30 minutes avant le RDV, il annule en raison d'une surcharge de travail. Dans la soirée, il m'appelle pour s'excuser encore, je trouve ça attentionné. Nous continuons à discuter de temps en temps sur MSN. Il me dit que ses sorties consistent surtout à aller danser, je trouve ça un peu "suspect" de la part d'un homme de 41 ans. Je réalise que le numéro de portable qu'il m'a donné est un numéro professionnel. Mes antennes remuent. La semaine suivante, il me propose un nouveau déjeuner sur la péniche. Un homme qui 2 fois de suite me propose de se voir le midi, alors que nous habitons dans le même quartier (aussi) hum, ça sent l'homme casé ou je ne m'y connais pas ... 

    Le jour du RDV, j'arrive sur le quai et me retrouve face à un homme séduisant et qui fait assez jeune. Il a un costume, de beaux yeux bleus, une coupe -trop- courte. Nous commandons des pavés de kangourou. Le déjeuner est agréable, il plaisante facilement et est plus timide que sur MSN, ce qui me rassure. A un moment nous parlons de ce fameux site de rencontre et convenons que c'est un moyen comme un autre de rencontrer quelqu'un, même si l'idéal est une rencontre dûe au hasard (mais y'a t-il vraiment un hasard?). Je souligne surtout le fait qu'à priori, j'ai la garantie de n'y trouver que des célibataires comme moi, alors que dans la vraie vie, je risque de flasher sur quelqu'un qui est en couple. Il me répond qu'il y a aussi des hommes mariés sur ce site. Je le sais, certains m'ont contactée malgré la mention spéciale sur mon annonce qui leur garantit un super râteau. Je lui dis que je ne suis pas trop inquiète de me faire piéger parce que j'ai toute une batterie de moyens pour détecter les hommes casés et coureurs :

    1) c'est la première question que je pose dès qu'un type sans photo me contacte sur le site (en particulier quand les détails sur son statut marital ont été omis)

    2) que généralement les hommes qui veulent s'amuser le disent clairement car  ils n'ont pas de temps à perdre à conter fleurette et qu'il y a a plein de femmes en couple sur le site qui sont partantes pour un 5 à 7.

    3) que dans le cas ou j'aurais affaire à un super filou, il se passerait plusieurs semaines de toute façon avant la première nuit, semaines au cours desquelles je devrais être en mesure de l'appeler ou de le voir plus ou moins n'importe quand (ce qui est, vous en conviendrez, assez difficile à assurer pour un homme casé)

    4) que la première nuit aurait lieu CHEZ LUI et nulle part ailleurs histoire de m'assurer qu'il vit seul.

    Après mon exposé, J. me dit : "Ah, oui, tu es une petite maligne". Je le sens un peu songeur, d'un coup. Nous nous séparons en convenant de se recontacter sur MSN ou par téléphone. Suivent 2 jours pendant lesquels je n'ai aucune nouvelle et ou J. a disparu de MSN. Je me dis "bingo, ma vieille, il a compris que c'était peine perdue". Le surlendemain, il m'envoie un SMS "coucou, tu gambades dans les prés ?" (personal joke sur mon physique de belle des champs). Je rentre à la maison, me connecte à MSN et il est là, en ligne. Je décide de passer à la mise au point et lui demande, tout de go, s'il a quelqu'un dans sa vie. Il me répond d'abord la connerie habituelle sur ses 3 femmes et 5 maîtresses et puis avoue que oui, il est avec quelqu'un depuis 3 ans, histoire compliquée, ils vivent presque ensemble et il s'était inscrit sur un site de rencontres parce que "ça n'allait pas".

    Chapitre clos.

  • Toritcho

    medium_toritcho_78434.jpgMardi soir, je suis allée rendre visite à ma copine "Honey Bunny" pour lui donner la boîte de thé rapportée de Tokyo. Thé non indentifié, la seule chose compréhensible sur la boîte étant "Ume Konbucha". A l'ouverture, nous découvrons d'étranges vermicelles colorés, je suppose qu'il s'agit de thé instantané. Comme nous n'avons pas encore dîné, je lui propose d'aller manger des sushis dans notre cantine japonaise, Toritcho, que j'ai déjà mentionné sur cet espace. Ce sera aussi l'occasion de leur montrer mes photos de leur pays et de leur donner les drôles de friandises que je leur ai ramenées.

    Nous poussons la porte du restaurant, par chance, il reste des places au comptoir, nous saluons le patron, le serveur ainsi que les maîtres sushis et nous y installons, entre un couple d'occidentaux et 2 vieillards japonais. Nous commandons 2 soupes de udon qui ne figurent pas sur le menu, ce sont de grosses nouilles de blé de couleur blanche. Je montre mes photos de Tokyo au patron et un des vieillards à côté de moi se mêle à la conversation et m'apprend qu'il est né juste à côté de Shinagawa, le quartier ou j'étais. J'apprend que c'est un quartier riche. Je lui montre les photos. Nous commençons à discuter, il m'apprend qu'il est peintre ainsi que son compagnon qui a exposé au British Museum. 

    Il s'appelle M. Sumiya Michio et le peintre célèbre s'appelle M. Kenji Yoshida. M. Yoshida vit en France depuis 42 ans et aura 82 ans le 24 mai prochain; il s'est engagé comme kamikaze sous la seconde guerre mondiale juste avant que la guerre ne se termine. Ce sont 2 vieillards très élégants et souriants, M. Yoshida a un pantalon large à bretelles et une chemise en coton. L'ambiance est très détendue, Honey Bunyy est hilare, la petite fille du patron court dans l'entrée en riant aux éclats et M. Michio nous offre une bouteille de saké que nous buvons avec eux et l'équipe du restaurant. Quand je leur confie que je rêve de retourner au Japon et en particulier à Kyoto, le maître sushi, Isao, m'apprend qu'il est né à Kyoto. Après notre savoureux bol de udon, dans lequel baigne un oeuf, une grosse crevette, du canard et des légumes, M. Yoshida et M. Michio nous font goûter des oeufs de daurade et des oeufs de mulet fermentés. J'ai bien aimé la deuxième proposition. Nous parlons du Japon avec le patron, je les fais bien rire en leur parlant des toilettes japonais. J'apprend aussi que laisser un pourboire n'est pas insultant mais qu'en fait c'est un concept totalement inconnu au Japon et qu'ils ne comprennent pas de quoi il s'agit. Il me dit aussi qu'il est très difficile pour eux d'apprendre des langues étrangères à cause de la prononciation. Nous repartons vers 23h après avoir laissé nos coordonnées aux 2 peintres et ma boîte de friandises au patron. Le Toritcho est vraiment un de mes restaurants préférés, il y règne une ambiance familiale et conviviale dans laquelle je me sens bien.

    Toritcho au 47 rue du Montparnasse, Paris 14ème

     

  • Un bulldozer de charme

    medium_relookeuse_sophie_kune3_3_6.jpgIl y a un peu plus de 2 ans, je profitai d'une promo dégotée sur internet pour prendre RDV avec une conseillère en image. Intéressée depuis toujours par la mode et les couleurs, et ayant grand besoin à ce moment-là de reprendre confiance en moi, j'appelai Sophie Kune qui était alors pour moi une parfaite inconnue. J'appréhendais un peu de me retrouver face à une girafe taillée au cordeau, qui aurait évalué mes imperfections avec une désolation mal dissimulée. Genre "qu'est ce qu'on va pouvoir faire de tout ça..."

    Sophie m'ouvrit la porte de son studio et la première chose que je vis furent son magnifique sourire et son beau regard bleu. La demoiselle s'avérait être d'une simplicité et d'un charme rares. Je m'installai sur le canapé de son beau studio blanc, son chat "pue-du-bec" sur les genoux et démarrai cet entretien de 2 heures qui se révéla passionnant. J'appris ainsi que j'étais une femme "Automne". Si cela vous intéresse, je vous conseille le site de Jo Simone, très complet et plein de rubriques intéressantes. Je repartis avec un nuancier de MES couleurs, ainsi que plein de bons conseils sur le maquillage, la coiffure, les bijoux, coupes et matériaux à privilégier. Une nouvelle Fiso quoi !

    Tout cela nous ayant creusé l'appétit et les afinnités s'étant déclarées, nous décidâmes de finir la soirée à la pizzeria qui se trouvait en bas de chez elle. Nous avions pas mal d'atomes crochus et quelques points communs, entre autres des frères musiciens. Depuis, si je n'ai revu Sophie qu'une fois à l'occasion d'un projet avec Dior, elle est une de ces personnes pour lesquelles j'ai une affection toute particulière et je l'appelle régulièrement. J'ai donc été très heureuse de suivre son évolution professionnelle (notamment son passage à la télé chez un coiffeur) et ses nombreux bonheurs de femme, dans l'ordre chronologique sa rencontre avec chéri-chéri et la mise en route d'un beau bébé qui va poindre le bout de son nez avant l'été.

    Tout ça pour vous dire qu'aujourd'hui Sophie se lance dans un projet en accord avec sa générosité et sa noblesse d'esprit : un blog dédié aux femmes et leurs proches, sur l'art de vivre sa féminité lorsqu'on est atteinte d'un cancer du sein. Il s'appelle "Femmes avant tout" et je tenais à me faire le relais de cette belle initiative.

    PS : Bon rétablissement à "pue-du-bec" qui est toujours là malgré 2 attaques cérébrales, costaud, le matou !

    PS2 : Bulldozer parce qu'il paraît que c'est le surnom de Sophie :)

  • De l'amour

    Mon ami, mon frère. Ce soir, tu m'as appris un mot nouveau. L'amour "agapè".

    Tu m'as expliqué que l'amour agapè, c'était l'amour absolu, à l'opposé de l'amour éros : c'est l'amour parental, l'amour filial, l'amour fraternel. Que l'amour éros est temporaire et source de souffrances car lié au désir et l'amour agapè, infini et absolu car don de soi irréfléchi. Notre amitié dure depuis de nombreuses années et si parfois, je n'ai pas prononcé les mots que tu attendais, si j'ai eu du mal à accepter cette tendresse indéfectible que tu me témoignes depuis toujours, sache qu'aujourd'hui je sais à quel point ton amitié m'est vitale.

    Tu m'a dit ce soir que depuis le jour ou nous nous sommes rencontrés, à l'aube de nos vies d'homme et de femme, tu m'aimes d'un amour agapè, que je suis dans tes tripes et que quand je suis mal, tu es mal. Il y a un peu plus d'un an, à un moment où comme aujourd'hui, j'étais perdue, tu m'as appelé et tu m'as lu l'épître de Saint Paul aux Corinthiens, à moi, l'allergique aux églises et au mot religion.

    "L'amour c'est vouloir donner ce qu'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas". J'ai accepté ce don avec une immense gratitude et il m'a fait du bien. Que j'aime parler avec toi ! Ta spiritualité et ton humilité me portent. Promis, je vais apprendre à me laisser aller. Je n'ai plus peur d'être moi-même et d'accueillir ces marques d'affection dont j'ai tant besoin. 

  • Yema

    Ce soir, j'ai composé un n° que je connais par coeur bien que je ne l'aie pas appelé depuis des années. J'ai entendu la voix pleine de tendresse de Yema, puisque c'est comme ça que je l'appelle depuis toujours. 

    Toutes les mères sont nos mères. J'ai un respect et une tendresse profonde et indéfectible pour celles de mes amis. Ma Shik Shik et Yema, ce sont mes petites mères du 15ème arrondissement. Je me sens chez elles comme chez moi.

    Je voulais entendre la jolie voix de Yema, si pleine de douceur et d'élégance. Je voulais, comme une fille prend des nouvelles de sa mère malade, lui témoigner avec pudeur tout le respect et la tendresse que j'ai pour elle. Il y a des années, à la veille d'un jour important pour moi, c'est chez elle que j'ai voulu dormir. Je n'oublierai jamais ce matin-là, quand Yema me réveilla doucement et que je découvris sur la table des croissants chaud et un gros bol de café fumant. Il y a des moments de la vie où les mots sont superflus.

    Ce soir, lorsque Yema m'a dit que j'étais pour elle comme sa fille et qu'elle avait veillé sur moi, de loin, pendant toutes ces années, ses paroles pleines d'amour comme seule une mère peut en dire ont réchauffé ma solitude et je n'ai pas pu retenir mes larmes.